Aero L-39 Albatros

Rappels

Historique

Dans les années 1960, le constructeur tchécoslovaque Aero Vodochody est en plein essor. De ses chaînes sortent chaque année des centaines d’appareils, essentiellement des jets d’entraînement L-29 Delfin destinés à presque toutes les armées de l’air du Pacte de Varsovie et des pays clients de l’Union Soviétique. Mais le L-29, aussi réussi soit-il, commence à accuser son âge face aux nouveaux appareils mis en ligne. Et Aero ne peut en aucun cas se reposer sur ses lauriers fraîchement acquis. Aussi, dès le milieu des années 1960, suivant la demande du gouvernement tchécoslovaque et sous l’oeil des autorités soviétiques, Aero Vodochody se penche sur le développement d’un remplaçant. En novembre 1968, le nouvel appareil effectue son premier vol. Il est baptisé C-39 en Tchécoslovaquie, et L-39 Albatros pour l’exportation.

Le L-39 est un appareil de conception assez simple, robuste et économique. Il reçoit deux ailes droites et une dérive classique, les deux ailerons étant placés vers le bas de la dérive (et non en haut, comme sur le L-29). L’aérodynamique obtenue est bonne, malgré quelques difficultés autour des entrées d’air, qui doivent à plusieurs reprises être remaniées. Un gros effort est consenti autour de la motorisation. Les ingénieurs tchécoslovaques cherchent notamment à améliorer les performances par rapport au L-29. Pour ce faire, ils font appel à la firme Ivtchienko, qui fournit un dérivé de son turboréacteur Al-25 (équipant déjà le Yak-40 de transport et le PZL M-15 polonais). Ce moteur, le Al-25-TI (finalement produit par l’ukrainien Progess) est deux fois plus puissant que le petit Motorlet du L-29. Il contribue à rendre beaucoup plus performant l’Albatros et à augmenter ses capacités d’emport. Les deux entrées d'air sont montées derrière le fuselage et au-dessus de la voilure, afin de réduire les risques d'ingestion d'objects étrangers dans les réacteurs.

Deux réservoirs cylindriques externes sont fixés au bout des ailes. Un APU permet au L-39 d’être totalement autonome au sol et de ne pas dépendre d’une unité auxiliaire (les anciens modèles de chasseurs, notamment le MiG-15, devaient être assistés au démarrage par ce genre d’appareil). Une firme tchécoslovaque conçoit les sièges éjectables (le L-29 en disposait déjà, mais tous les exemplaires n’en étaient pas toujours équipés). Et bien évidemment, le L-39 est tout aussi capable que la grande majorité des appareils de l’Est de se poser à peu près n’importe où, grâce à son train d'atterrissage renforcé.



Finalement, après plusieurs années d’essais, les premiers appareils de présérie entrèrent en service en 1972. Et comme son illustre prédecesseur, les autorités militaires du Pacte de Varsovie (à l’exception là-encore de la Pologne) choisirent le L-39 comme appareil d’entraînement standard, ce qui garantissait à Aero des commandes susbtantielles. Environ 2800 exemplaires sont sortis des chaînes d’Aero entre les années 1970 et l’arrêt de la production à la fin des années 1990. Naturellement, l’Union Soviétique fut le principal acheteur : on estime à près de 2000 appareils le nombre de L-39 ayant servi en URSS, beaucoup d’entre eux passant par la suite aux anciennes républiques soviétiques.

De nombreux pays font l’acquisition du nouvel appareil, rapidement décliné en plusieurs versions. Si le L-39C n’est pas armé, d’autres versions le seront.

Les différentes versions du L-39 se sont moins vendues que le L-29, mais elles se sont quand même taillé un succès certain, notamment en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Par rapport aux modèles équivalents en Occident, le L-39 apparaissait comme moins performant, car plus ancien. Il s'apparentait davantage à l'Aermacchi MB.326 qu'au BAe Hawk par exemple.

Plus récemment, le L-39 s’est découvert une seconde carrière, essentiellement aux Etats-Unis, comme avion civil (catégorie des warbids, avec plus de 100 appareils immatriculés). De très nombreux appareils sont toujours en service actif : la Russie aligne encore près d’un millier d’Albatros, et reste le principal pays utilisateur. D’autres exemplaires ont entrepris une carrière plus atypique : des L-39 sont mis en oeuvre par des sociétés privées, qui louent leurs services à des armées de plusieurs pays. On peut noter que la patrouille aérienne privée Apache Aviation, sponsorisée par la société Breitling utilise sept Aero L-39. Enfin, il faut également signaler que les L-39 de la force aérienne abkhazienne (république autonome géorgienne reconnue comme indépendante par la Russie et le Nicaragua) ont obtenu plusieurs victoires (probables, la propagande locale étant faite d’affirmations et de démentis) au détriment de drones géorgiens.




Texte de Ciders, avec son aimable autorisation

Pays utilisateurs

Anciens pays utilisateurs

Versions

  • Aero L-39C : Version d'entraînement de base. Environ 2260 exemplaires.
  • Aero L-39CM : Version modernisée des L-39C slovaques.
  • Aero L-39M1 : Version modernisée des L-39C ukrainiens.
  • Aero L-39NG : Version modernisée avec une nouvelle avionique et remotorisée par un Williams FJ44.
  • Aero L-39V : Version de remorquage de cibles. 9 exemplaires.
  • Aero L-39X : Prototypes. 5 exemplaires et 2 cellules de tests statiques.
  • Aero L-39ZA : Version d'attaque au sol. 208 exemplaires.
  • Aero L-39ZA/ART : Version d'attaque au sol dotée d'une avionique israélienne et destinée à la Thaïlande.
  • Aero L-39ZAM : Version modernisée des L-39ZA slovaques.
  • Aero L-39ZO : Version d'entraînement au tir. 337 exemplaires.
  • Aero L-139 Albatros 2000 : Version lourdement modernisée, remotorisée avec un Garrett TFE731-4-1T et dotée d'une avionique occidentale. 1 prototype.

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