Mikoyan-Gourevitch MiG-21 (OTAN : Fishbed, Mongol)

Rappels

Historique

Chasseur soviétique standard dans les années 1960, archétype aux yeux du monde occidental de la production aéronautique soviétique, et toujours en service, le MiG-21 demeure une légende de l'aviation militaire mondiale.

Au début des années 1950, la construction aéronautique soviétique avait globalement rattrapé celle des pays occidentaux. Ce rattrapage, fruit des efforts conjoints des ingénieurs soviétiques, des prisonniers de guerre allemands et de certains transferts de technologie en provenance de l’Occident, fut révélé au grand jour durant la guerre de Corée. A la fin du conflit, les Soviétiques décidèrent de tirer profit de leur expérience acquise sur ce théâtre d’opérations et lancèrent la conception d’un tout nouvel appareil.

La demande étatique exigeait un appareil capable d’intercepter les bombardiers stratégiques américains. Deux bureaux d’étude, MiG et Sukhoï, furent chargés de cette conception, avec le concours des aérodynamiciens du célèbre TsAGI : Sukhoï s’orienta vers une formule à ailes en flèche pour son Su-7 (code OTAN : Fitter), puis sur une voilure delta, donnant naissance au Su-9 puis au Su-11. MiG se tourna vers la voilure delta et, avec l’assistance du motoriste Toumanski (ex-Mikouline), vers un monomoteur à entrée d’air dans le nez.

Les études durèrent plusieurs années et donnèrent naissance à au moins une douzaine de prototypes, certains dotés d’une voilure à ailes en flèche : l’un d’entre eux, baptisé E-50, atteignit Mach 2,3 à l’été 1957. L'un d'eux, l'E-4, fut le premier doté d'une aile delta et effectua le vol inaugural le 16 juin 1955. Finalement, MiG fit voler en mai 1958 le E-6, un delta équipé d’un moteur R-11S de 5100 kilos de poussée, qui donna naissance à la première version de série, baptisée MiG-21F. Les premiers appareils de série (MiG-21F-13) entrèrent en service à priori à la fin de l’année 1959.

Par la suite, les Soviétiques (et certains de leurs alliés) modernisèrent sans relâche le MiG-21. Dès le départ, il possédait des caractéristiques intéressantes, notamment un siège éjectable. Il vit ensuite ses capacités offensives s’accroître et se diversifier, permettant son évolution d’un intercepteur léger à un appareil capable de missions polyvalentes. Le Fishbed devint bientôt une silhouette familière sur les images satellites occidentales et lors des défilés des aviations des États alliés à l’Union Soviétique.



Monoplace à voilure delta, de conception simple et robuste, le MiG était aussi très maniable, ce qui en faisait un chasseur potentiellement redoutable en combat rapproché. Conçu comme intercepteur, il était destiné à opérer à partir de stations de contrôle au sol, selon la doctrine soviétique. Ses capacités radar furent longtemps rudimentaires et son armement également, souvent une paire (puis quatre) missiles AA-2 Atoll plus un canon (le calibre 30 mm des débuts cédant bientôt la place à un classique GSh-23 de 23 mm).

L’avionique fut elle aussi progressivement modifiée. Pour le reste, le Fishbed conserva sa capacité à être utilisé à partir de terrains peu aménagés. Diverses versions firent aussi leur apparition, dont des variantes de reconnaissance (MiG-21R) et d’entraînement (MiG-21U/UM/US). Au début des années 1970, le MiG-21bis (code OTAN : Fishbed-N) renouvela assez nettement le genre.

Yefim Gordon distingue quatre générations :

- 1954-1956 : la génération zéro, constituée par les prototypes

- 1957-1961 : la première génération, composée de prototypes et des premières versions de série (MiG-21F et F-13)

- 1961-1966 : la seconde génération, rassemblant notamment les MiG-21PF, FL, PFS, PD et les premières variantes de reconnaissance

- 1968-1972 : la troisième génération, allant du MiG-21M au MiG-21bis ; certains auteurs font des MiG-21bis la quatrième génération du Fishbed.

Quelques versions emblématiques :

- MiG-21F-13 (Fishbed-C, Type 74 en Inde, S-106 en Tchécoslovaquie) : première version produite en grande série, pourvue d’une autonomie très limitée (2300 litres de carburant en interne) et d’un armement réduit à deux missiles, généralement une paire de K-13 (AA-2 Atoll) plus un canon interne NR-30 de 30 mm.

- MiG-21PF (Fishbed-D, Type 76/77 en Inde) : première version pourvue de l’entrée d’air agrandie (diamètre accru de 22 cm), du radar d’interception, d’une capacité d’emport en carburant accrue (2800 litres en interne + 490 litres en réservoir auxiliaire ventral) et d’un moteur plus puissant.



-MiG-21S (Fishbed-H ; on la connaît aussi sous la fausse désignation PFMA) : emporte plus d’armement, ce qui lui donne une capacité multirôle.

- MiG-21R (Fishbed-H) : dérivé du MiG-21S, destiné à la reconnaissance, embarquant des caméras et des équipements dans un conteneur ventral.

- MiG-21U (Mongol, Type 66 en Inde) : version d’entraînement biplace ; plusieurs sous-variantes (U, UM, US).

Son arrivée en service suscita la crainte de ses adversaires potentiels, échaudés par les précédentes productions du bureau d’études MiG. La défection d’un pilote irakien, organisée par les services secrets israéliens dans les années 1960, permit aux Israéliens (puis aux États-Unis) d’en apprendre davantage sur le Fishbed. Classiquement pour un appareil soviétique, le Fishbed a des états de service paradoxaux.

Au Vietnam, le MiG-21 marqua moins les esprits que les MiG-17 (code OTAN : Fresco) et MiG-19 (code OTAN : Farmer), moins perfectionnés mais plus souples à l’usage. Il remporta néanmoins quelques succès, contre les formations de bombardiers américains (souvent en lançant une unique attaque à grande vitesse pour disloquer ces formations et abattre les isolés), mais aussi aux dépens de chasseurs tels que des F-4 Phantom II.

Contre ces tactiques, les Américains employèrent diverses méthodes : le 2 janvier 1967, une cinquantaine de F-4C Phantom menés par le colonel Robin Olds, se faisant passer pour une formation de F-105, attirèrent une quinzaine de MiG-21 et en descendirent au moins sept en quelques minutes. On connaît plusieurs “as” nord vietnamiens, et au moins un “as” soviétique, engagé comme instructeur. Des appareils nord-coréens furent aussi engagés et obtinrent quelques victoires.

Dans les conflits du Proche-Orient, surtout durant la guerre de Kippour (1973), et malgré leur entraînement moins perfectionné, les équipages égyptiens et syriens réussirent à abattre au moins une quarantaine d’appareils israéliens et à mener avec succès des attaques au sol. En revanche, en 1982, les MiG-21 syriens engagés au Liban se firent littéralement massacrer par les F-15 et les F-16 israéliens, victimes en grande partie de doctrines d’engagement désastreuses. Les données relatives au conflit Iran/Irak sont moins fiables.



C’est en Inde que le Fishbed fit le plus impression. Livrés au début des années 1960 (à la fureur de la Chine qui ne reçut jamais qu’un unique exemplaire de MiG-21, les rapports avec l’Union Soviétique se dégradant rapidement à cette époque), les premiers appareils ne firent pas grande impression lors de la guerre de 1965 : pénalisés par des AA-2 très peu fiables et d’une efficacité proche de zéro, et contrés par des F-86 Sabre pakistanais équipés de AIM-9 Sidewinder, les Fishbed indiens restèrent en retrait. En revanche, lors du conflit de 1971, les pilotes indiens se défendirent mieux : au moins quatre appareils pakistanais furent descendus à cette occasion, dont au moins un Lockheed F-104 Starfighter. Ils se montrèrent également capables de mener des attaques air-sol avec une certaine précision.

Le MiG-21 affichait globalement de bonnes performances, malgré un rayon d’action limité (dû à sa petite taille et à des réacteurs soviétiques toujours gourmands en carburant) et une capacité réduite à voler par temps défavorable. Il a été le chasseur soviétique standard pendant des décennies : c’est avec lui que l’on prit l’habitude à l’Ouest de désigner familièrement par MiG tout chasseur de construction soviétique. Les chiffres de production sont proprement stupéfiants, avec probablement plus de 11 000 exemplaires toutes versions confondues, et ce sans compter les Fishbed produits et modifiés en Chine populaire (F-7/J-7).

Le MiG-21 est toujours produit en Chine. On en connaît des dizaines de versions, dans de nombreux pays. En effet, l’Union Soviétique accorda à plusieurs pays une licence de production, entre autres la Corée du Nord, l’Inde et la Tchécoslovaquie. Cet appareil a constitué l’épine dorsale de nombreuses aviations, et souvent leur premier jet supersonique. Au sein des forces du Pacte de Varsovie, ils furent attribués en priorité aux pays les plus “fiables”, puis remplacés au fur et à mesure par des versions améliorées, là encore en fonction de la “fiabilité” politique vis-à-vis de Moscou. Ainsi, en 1979, la Roumanie n’avait que d’anciens MiG-21PF, quand la Hongrie alignait des MiG-21SMT, obtenus en 1971. A partir des années 1970, le MiG-23 élimina graduellement le MiG-21 des unités soviétiques de première ligne, mais il en resta néanmoins des milliers en service jusqu’à la fin des années 1980.



Toutefois, on peut dire sans trop s’avancer qu’au moins plusieurs centaines sont encore en service à l’heure actuelle. Rien que pour la Corée du Nord, il semble qu’au moins 100 appareils soient encore actifs, sans parler de ceux stockés.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

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Sur le forum…

  • MiG-21SM
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  • La radio ? :mrgreen:
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  • Clansman a écrit

    Ca serait basiquement un MiG-21F-13 à l'électronique simplifiée, …
    Boudiou! Vu ce qu'avait le MiG-21 F-13, il ne devait plus rester grand-chose… :mrgreen:
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  • Ils en parlent ici en tout cas (paragraphe "the fisrt generation", 7e ligne)

    J'essaie d'en trouver d'autres.

    EDIT : vraiment peu de références en effet. Ca serait basiquement un MiG-21F-13 à l'électronique simplifiée, ce qui s'explique par le fait que la Finlande ne faisait pas partie du Pacte de Varsovie d'une part, et d'autre part par le fait que sa force aérienne faisait l'objet de restrictions après la 2e GM.
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  • Clansman a écrit

    Le MiG-21 n'était d'ailleurs pas le 1er MiG utilisé par la Finlande, qui a possédé des MiG-15UTI auparavant. J'essaierais de trouver des choses plus complètes, quand j'aurais un moment. :wink:

    Pour patienter : un MiG-21F-12

    Un MiG-21Bis

    La version spécifique du F-13 pour la Finlande est en effet le MiG-21F12. :)

    Ah bah, c'est ce bouquin qu'il te faut ! 8)

    J'ai pu retrouver ça sur la page 5 du topic. :journal:
    Mieux vaut poser une question et avoir l' air idiot 5 minutes que de se taire et de le rester.Le meilleur bretteur au monde ne craint point son dauphin, il craint le pire bretteur au monde, parce ce qu' il est incapable de deviner ce que cet imbécile va faire.
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  • Idem, le nom ne me dit rien.
    Et tous ces points d'exclamation, vous avez remarqué ? Cinq ! C'est la marque d'un aliéné qui porte son slip sur la tête. L'opéra fait cet effet à certains.Terry Pratchett
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  • Je connais la version F-13 mais je n'ai jamais entendu parler de la version F-12. Elle a existé ? J'ai un gros doute tout à coup.
    Ah que je destroye tout ! Ou pas. :pSur AMN : Ciders, commandeur suprême, 10872 messages, inscrit le 02 septembre 2006, à 22 h 18
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  • Je me demande même si plus exactement, ce n'est pas un MiG-21F-12 (et non 13)…
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