Sukhoï Su-25 (OTAN : Frogfoot)

Rappels

  • Code OTAN avant identification : Ram-J
  • Catégorie : Avion d'assaut
  • Constructeur : Sukhoï drapeau du pays
  • Premier vol : 22 février 1975
  • Production : 1320 appareils construits (cellules neuves)

Historique

Durant la Seconde Guerre Mondiale, les différents pays belligérants mirent en œuvre de nombreux types d’appareils destinés à des missions d’appui rapproché des troupes au sol. Voire d’appui très rapproché. Pour limiter les pertes, et permettre aux équipages de survivre, la majeure partie de ces avions étaient lourdement blindés. Un bon exemple en était l’Iliouchine Il-2 Stormovik, véritable char d’assaut volant.

Toutefois, malgré les excellents résultats enregistrés par ces appareils en Corée puis au Vietnam ainsi que leur très grande popularité auprès de leurs équipages et des troupes au sol, le concept de l’avion d’attaque lourdement protégé céda du terrain. La concurrence de nouveaux chasseurs-bombardiers à réaction était forte, mais le souvenir du dernier conflit mondial resta.

Dès la fin des années 1960, Occidentaux et Soviétiques travaillaient à de nouveaux types d’appareils, conçus pour exécuter des missions CAS (Close Air Support). Ironiquement, seule une année sépara le début des travaux entrepris par les Etats-Unis et ceux entrepris par les Soviétiques.

C’est vers 1968 que l’Union Soviétique, constatant que ses Sukhoï Su-7 et Su-17 et ses MiG-21 et MiG-23 étaient incapables de mener correctement des missions CAS (au contraire du MiG-17, qui connut un second souffle dans de nombreuses forces aériennes comme appareil d’attaque au sol), décida de renouer avec la tradition de l’Il-2, et de se doter d’un appareil spécifiquement conçu pour ce genre de missions. Les autorités soviétique exigèrent que l’accent fut mis sur la protection de l’appareil, et secondairement qu’il soit manœuvrable, la vitesse n’ayant qu’une importance très limitée. En clair, les Soviétiques voulaient un avion d’assaut capable d’encaisser les coups et d’en rendre.

Face à l’Iliouchine Il-102, le bureau d’études Sukhoï proposa le T-8, qui se révéla largement supérieur à son concurrent et qui l’emporta. Après quelques changements, la production des appareils de présérie démarra en 1978, et on décida que le Su-25 serait produit à Tbilissi, dans la République Soviétique de Géorgie. Les tout-premiers appareils de série furent livrés en 1980 et immédiatement envoyés en évaluation opérationnelle, en Afghanistan, pays que l’Armée Rouge venait d’envahir.



Les premières unités soviétiques reçurent le Su-25 l’année suivante. Le nouvel avion, repéré par les satellites espions américains sur le centre d’essais de Ramenskoyé (nom de code Ram-J, la lettre J désignant le dixième type nouveau d’appareil repéré sur ce terrain), fut baptisé (improprement avec un nom en F, ce qui le plaçait dans la catégorie des chasseurs) par l’OTAN comme le Su-25 Frogfoot (percheron). Les analystes occidentaux notèrent une certaine ressemblance avec le Northrop YA-9, concurrent malheureux du Fairchild A-10 Thunderbolt.

Le Su-25 fut conçu pour des missions dangereuses. Sa construction s’en ressent. Munie d’une voilure trapézoïdale, sa structure incorpore 60 % d’aluminium mais surtout 13,5 % de titane. Le cockpit est littéralement recouvert de titane, ce qui assure une protection exceptionnelle au pilote. Les parties vives sont également bien protégées. Rustique, le Frogfoot est aussi capable de décollages courts, à partir de pistes très sommaires, grâce à ses volets à double fente et à ses becs d’attaque. Ainsi, il peut très facilement opérer près du front, dans les pires conditions possibles.

L’excellence de la conception du Sukhoï apparut très vite en Afghanistan : les équipages de Su-25 apprirent rapidement à apprécier leur nouvelle monture. On vit ainsi des Frogfoot revenir sur un seul moteur, littéralement criblés d’impacts, parfois avec des morceaux d’ailes en moins. Seuls les missiles sol-air parvinrent à se révéler dangereux. Finalement, seuls 23 Frogfoot furent abattus, sur un total estimé de 60000 missions. En plus d’assurer à ses pilotes des chances respectables de survie, le Su-25 fut très vite redouté des combattants afghans.

Lourdement armé, capable de porter près de 4,4 tonnes de charge militaire sur 10 points d’emport (du missile air-air AA-8 Aphid aux missiles air-sol Kh-23/25/29, en passant par les roquettes et tous les types ou presque de bombes), en plus d’un canon bitube A0-17A (250 obus), le Su-25 s'est souvent avéré être un redoutable vecteur d'armes. Son efficacité fut appréciée sur de nombreux théâtres d'opération : durant la guerre entre l’Irak et l’Iran, en Macédoine (plusieurs appareils mis en œuvre par les forces gouvernementales contre les rebelles albanophones) et plus récemment au Tchad et en Ossétie du Sud. Plus curieusement, le Su-25 a aussi servi à la lutte contre les trafiquants de drogue au Pérou, même si la FAP péruvienne l'a acquis dans l'éventualité d'un nouveau conflit avec l'Equateur.



Les exemplaires soviétiques ont été dispersés au sein des nouvelles républiques. Si la Russie en a conservé le plus grand nombre, de nombreux exemplaires sont toujours opérationnels en Biélorussie, au Kazahkstan mais aussi au Turkménistan. Certains appareils ont été vendus d'occasion à des pays étrangers. D'autres avaient été exportés par l'URSS, notamment en Corée du Nord.

Plusieurs variantes ont été développées à partir du concept de base, produit à environ 520 exemplaires :

- Su-25BM : version de tractage de cibles. 50 exemplaires produits.
- Su-25K : version développée pour l’exportation, très semblable au Su-25. Environ 180 exemplaires produits.
- Su-25UB : version biplace destinée à l’entraînement (UBK à l’exportation). Peut-être 25 exemplaires produits, à Oulan-Oudé.
- Su-25UTG : version biplace, dérivée du Su-25UT abandonné, destinée à la Marine Soviétique pour les entraînements aux appontages. Une dizaine d’exemplaires, tous sur le porte-aéronefs Admiral Kuznetsov.
- Su-25T/TM (aussi connu sous le nom Su-39) : version modernisée d’assaut tout-temps, fabriquée à Oulan-Oudé à partir du Su-25UB. Souffre du manque de financements. Equipé d’un radar Kopyo-25 en pod ventral, d’une avionique modernisée et d’un canon NNPU-8M de 30 mm, capacité de tirer les plus récents armements air-sol russes.
- Su-25KM Skorpion : version développée par la TAM géorgienne, avec l’aide de l’israélien Elbit. Inclut un équipement compatible OTAN, des systèmes israéliens et peut tirer des armements israéliens.
- Su-25SM : version monoplace modernisée (cockpit équipé d’un écran multifonctions et d’un nouveau système de navigation inertiel et à guidage satellite, meilleure autoprotection de l’appareil, capacité de tir d’armements guidés et lasers, emport du missile air-air R-73). Quelques exemplaires en service en Russie ont participé aux opérations de 2008 contre la Géorgie et au moins l’un d’entre eux a été abattu.



Au total, on estime à environ 1200 exemplaires la production du Frogfoot. Fiable, peu cher et très efficace, il a encore de très beaux jours devant lui. Ils sont notamment très demandés sur le marché de la lutte anti-insurrectionnelle, et par des états peu regardants vis-à-vis des droits de l’homme.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions

  • Sukhoï Su-25 (OTAN : Frogfoot-A) : Version de base du Su-25. 582 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25B : Projet de version modernisée basée sur la cellule du Su-25UB et le moteur R-195.
  • Sukhoï Su-25BM : Version servant à tracter des cibles motorisée par le R-195. 50 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25BMK : Version export du Su-25BM.
  • Sukhoï Su-25K (OTAN : Frogfoot-A) : Version d'export du Su-25. 180 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25KM : Version modernisée en Iran du Su-25K.
  • Sukhoï Su-25KM Scorpion : Version modernisée en Géorgie et proposée à l'export.
  • Sukhoï Su-25M1 : Version modernisée en Ukraine du Su-25.
  • Sukhoï Su-25M2 : Projet de version lourdement modernisée en Ukraine du Su-25.
  • Sukhoï Su-25SM : Version modernisée des Su-25. 84 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25SM2 : Désignation non-officielle du second lot de 36 Su-25 a avoir été modernisé au standard Su-25SM.
  • Sukhoï Su-25SM3 : Version modernisée du Su-25 permettant l'emploi de munitions guidées. 50 exemplaires prévus.
  • Sukhoï Su-25T : Version spécialisée dans la lutte anti-chars. 20 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25TM : Version modernisée du Su-25T destinée à la Russie. 2 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25U : Version biplace d'entraînement basée sur le Su-25T spécifique à la Géorgie. 8 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25UB (OTAN : Frogfoot-B) : Version biplace du Su-25. Environ 100 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25UBK (OTAN : Frogfoot-B) : Version d'export du Su-25UB. 28 exemplaires
  • Sukhoï Su-25UBKM : Version modernisée en Iran du Su-25UBK.
  • Sukhoï Su-25UBM : Version modernisée au standard SM du Su-25UB mais dotée du radar Kopyo. 1 exemplaire.
  • Sukhoï Su-25UBM1 : Version modernisée en Ukraine du Su-25UB. 3 exemplaires.
  • Sukhoï Su-25UBSM : Version modernisée au standard SM du Su-25UB.
  • Sukhoï Su-25UTG : Version biplace d'entraînement aux appontages destinée à la marine soviétique. 13 exemplaires.
  • Sukhoï Su-28 : Version allégée d'entraînement avancé destinée à remplacer le L-39.
  • Sukhoï Su-39 : Version export du Su-25TM.
  • TAM Ge-31 Bora : Projet de version géorgienne du Su-25 à l'avionique et la motorisation occidentalisés.

Sur le forum…

  • Sukhoï SU25 firing rockets
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  • Brrr….
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  • pas trouvé d'info
    le Quiz aviation
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  • Le premier, c'est un Frogfoot-A de 1ere génération ?
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • Su-25 Ukraine AF
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    Su-25UB
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    le Quiz aviation
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  • Malheureusement on ne les a pas :( Pour être précis on ne sait même combien d'appareils ont été réellement modifiés
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • A la rigueur, si tu as les immatriculations des Su-25 géorgiens modernisés, on pourrait peut-être comparer. L'exemplaire gambien a gardé son code tactique géorgien et porte le numéro 81.
    Ah que je destroye tout ! Ou pas. :pSur AMN : Ciders, commandeur suprême, 10872 messages, inscrit le 02 septembre 2006, à 22 h 18
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  • Je viens de le faire à l'instant, extérieurement je ne distingue absolument rien de différent
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • Je ne suis sur de rien, African MiGs date un peu (2011). Le Su-25 gambien portait encore les marquages géorgiens quand il a été livré à Banjul. Extérieurement, je n'ai pas comparé une photo de Su-25 modernisé avec une photo de Su-25 standard, cela dit. Et comme on n'a jamais vu d'armes sous cet appareil…
    Ah que je destroye tout ! Ou pas. :pSur AMN : Ciders, commandeur suprême, 10872 messages, inscrit le 02 septembre 2006, à 22 h 18
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  • Merci de la vérif :) Si t'es sûr de toi je vais modifier tout ca

    Je m'étais appuyé sur Sukhoi Su-25 Frogfoot d'Alexander Mladenov (2013) dont des extraits sont dispo sur Google Books
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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