Fouga CM.170 Magister

Rappels

Historique

Dès le début des années 1950, l'Armée de l'Air française éprouva le besoin de disposer d'un avion d'entraînement à réaction, afin de préparer ses nouveaux pilotes à ses nouveaux avions, et dans le but de remplacer ses SIPA 11 et 12. Fouga proposa alors son CM-170, dû à Castello et Mauboussin (d'où les initiales), en concurrence avec le MS-755 "Fleuret".

3 prototypes furent commandés le 27 juin 1951 : le CM-170R 001 avec le fameux empennage en V, dit papillon, décolle pour la première fois le 23 juillet 1952 avec Léon Bourrieau aux commandes. Bien que ce prototype s'écrasa, on retint sa formule pour la production. En effet, le CM-170R 002 avait un empennage classique et vola en 1953, de même que le 3e prototype.

Outre l'empennage en V, dont les plans servent en même temps de gouvernes de direction et de profondeur, et qui permet l'évacuation des flux d'air chaud sans obstacle, l'appareil se caractérisait par son absence de sièges éjectables (les pilotes étant alors assis sur leur parachute), des ailes droites et médianes se terminant par des bidons, et une construction entièrement métallique. Sa silhouette fine rappelle qu'il descend d'une lignée de planeurs, en particulier le CM-813. Le sifflement de ses réacteurs reste très caractéristique et facilement reconnaissable lors des meetings.

Le 23 septembre 1953, l'Armée de l'air commanda 100 exemplaires, dont cinq avions de présérie. Ceux-ci permirent d'affiner la cellule et furent testés de juillet 1955 à janvier 1956 au CEAM. La première version de série fut nommée CM-170-1. Le premier avion de série vola le 20 février 1956 et entra en service le 28 mai 1956 à l'Ecole de l'Air de Salon-en-Provence. Les livraisons durèrent jusqu'en 1969. L'avion servira à l'entraînement, parfois à la liaison, et bien entendu au sein de la Patrouille de France de 1964 à 1980. Progressivement remplacé par l'Epsilon, l'Alphajet et le Tucano à partir de 1984, il sera définitivement retiré en 1996, après avoir franchi le cap des 2 millions d'heures de vol en mai 1993. L'armée de l'Air a possédé jusqu'à 397 Magister, dont le dernier livré fut le n°576.



En 1954, l'OTAN le retient comme avion d'entraînement, ce qui lança une formidable carrière à l'exportation. Il fut construit sous licence en Allemagne à 188 exemplaires, par la firme Flugzeug-Union-Süd résultant de la fusion entre Messerschmitt et Heinkel. Les livraisons de 250 exemplaires se firent de 1958 à 1961. La plupart des appareils allemands furent revendus à d'autres forces aériennes.

La Belgique commanda 45 Magister en 1958 qu'elle reçut du 23 janvier 1960 à janvier 1961, pour remplacer les T-6. En 1969, elle reçut 5 machines supplémentaires ex-allemands. Elle les utilisa jusqu'au 27 septembre 2007. Ils servirent également à la liaison, et, après leur remplacement par les Alphajet dans les années 1980, à maintenir le quota d'heures de vol des aviateurs affectés à l'Etat-Major, qui la baptisait "Tortue sifflante". Ils servirent également au sein de la patrouille The Red Devils.

D'autres patrouilles l'utilisèrent : Les Silver Swallows d'Irlande (4 avions) et les Smoke Squadron brésiliens, de 1968 à 1975, sous la dénomination T-24.

La Finlande acheta 18 premiers exemplaires en 1958 et en produisit également 64 sous licence, de 1958 à 1967. Elle l'utilisa jusqu'en 1988, mais 21 avions furent perdus, et 6 accidents furent mortels.

Israël reçut les siens, baptisés Tzukit, à partir de 1960. 80 exemplaires furent mis en service. Bien qu'étant avant tout des avions d'entraînement, ils furent modifiés en étant équipés de sièges éjectables, de deux mitrailleuses Browning de calibre 7,62 dans le nez et de points d'emport pour bombes ou roquettes. La surface des ailerons était agrandie, des résines plastiques et de la fibre de verre furent utilisées, notamment dans les entrées d'air. Ils participèrent à des missions d'attaque au sol lors de la guerre des six jours et 7 Magister furent perdus lors du conflit. De 1983 à 1986, ils subirent des modifications propres à allonger la durée de vie de leur cellule. Ce fut le dernier avion français encore en service en Israël. Remplacé par le T-6 Texan II, les derniers exemplaires sont proposés à la vente.



Le CM-170-1 fut la version de base du Magister, équipée de réacteurs Marboré II de 400 kgp. 435 exemplaires furent construits. A partir du N° 168, elle fut équipée de servocommandes de gauchissement, afin d'améliorer la manœuvrabilité.

Elle fut suivie par le CM-170-2, équipé de Marboré VI de 480 kgp et d'une nouvelle radio. Cette version fut construite à 459 exemplaires. Le n°405 servit de prototype.

Une version navale, le CM.175 Zéphyr, fut également conçue pour l'Aéronavale française qui en fut le seul utilisateur. 30 exemplaires, dont les 2 prototypes, furent construits. Les CM.175 furent utilisés de 1959 à 1994.

Enfin, plusieurs versions virent le jour : Le CM.171 Makalu servit de banc d'essai du réacteur Gabizo, et effectua son 1er vol le 5 novembre 1956. Il fut perdu dans un crash en 1957.
Le CM.173 (puis Potez 94 après le rachat de Fouga en 1958) était un biplace d'entraînement à la chasse, équipé de sièges éjectables et de deux Marboré VI. Il effectua son premier vol le 8 juin 1964.
Le CM.191, conçu par Potez et Heinkel, était un quadriplace d'entraînement et de liaison équipé de deux Marboré VI. Il effectua son premier vol le 19 mars 1962.

Le Fouga 90 (un seul prototype) effectua son premier vol le 20 août 1978. Il disposait d'un habitacle revu et dont le siège arrière était surélevé, de sièges éjectables, de réacteurs Turboméca Astafan IIG de 690 kgp. Une version 90A équipée de Astafan IVG de 775 kgp était également envisagée. Aucune de ces versions ne fit l'objet d'une production en série.

Outre la guerre des six jours, le Magister connut le combat au Katanga en 1960. Engagés par les Belges, quelques exemplaires furent capturés par les Katangais et réutilisés. Les Magister marocains furent engagés pendant la guerre des Sables en 1963.

Le Magister se révéla fiable, agréable à piloter, économique, et servit à l'instruction de plus de 12000 pilotes. Bien que son rôle premier reste l'entraînement, il peut servir d'avion tactique léger et être équipé d'un viseur CG5, et armé de deux mitrailleuses de 7,5 mm AA-52/MAC-52 avec 400 coups, de 2 bombes de 50 kg, de roquettes (6 de 68 mm ou 18 de 37 mm) ou même de 2 missiles Air-Sol AS-11.



929 exemplaires furent produits et la plupart sont collectionnés. Une centaine d'entre eux se trouve aux Etats-Unis. Il n'est plus en service actif aujourd'hui, mais 3 Magister libanais, qui ont peu volé, pourraient être remis en service.


Texte de Clansman.

Anciens pays utilisateurs

Versions

  • Fouga CM.130R : Projet de 1948 préfigurant le Magister propulsé par des Turbomeca Palas.
  • Fouga CM.160 : Projet de version allégée capable d'opérer à partir de terrains non-préparés.
  • Fouga CM.170 : Prototypes et version de présérie. 13 exemplaires.
  • Fouga CM.170-1 : Version propulsée par des Marboré II de 400 kgp. 711 exemplaires.
  • Fouga CM.170-2 : Version propulsée par des Marboré VI de 480 kgp. 137 exemplaires
  • Fouga CM.170M Esquif : Prototypes du CM.175 Zéphyr. 2 exemplaires.
  • Fouga CM.170R : Version de série initiale.
  • Fouga CM.171 Makalu : Version propulsée par des Turbomeca Gabizo. 1 exemplaire.
  • Fouga CM.173 Super Magister : Version basée sur le CM.170-2 dotée de sièges éjectables. 1 exemplaire.
  • Fouga CM.175 Zéphyr : Version navalisée. 28 exemplaires.
  • Fouga CM.176 : Projet de version d'attaque au sol.
  • Fouga CM.178 : Projet de version d'attaque au sol motorisée par des turbopropulseurs Astazou.
  • Fouga T-24 : Désignation brésilienne du CM.170R.
  • IAI CM.170-1 Tzukit : Version améliorée du CM.170-1 construite sous licence en Israël. 50 exemplaires.
  • Potez 94 : Nouvelle désignation du CM.173.

Sur le forum…

  • Ce Fouga est trop top
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  • Fouga CM170 Magister Patrouille Tranchant
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  • Je partage mes sources
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  • Des roquettes sûr, mais je ne connais que les SURA, souvent citées dans l'armement du CM170.
    Il y a un article intéressant sur les roquettes de cette période
    Types de roquettes
    La Tercé T10 emporte mon avis
    Roquettes SNORA et SURA
    Image d'un Fouga Magister a empenage classique
    Les pionniers
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  • Arrives-tu à reconnaître son armement ? J'en suis incapable.
    Et tous ces points d'exclamation, vous avez remarqué ? Cinq ! C'est la marque d'un aliéné qui porte son slip sur la tête. L'opéra fait cet effet à certains.Terry Pratchett
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  • Fouga Magister Tzukit armé
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  • Fouga Magister
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  • Fouga
    FiAF (80 utilisés de 1958 à 1988)
    Image
    le Quiz aviation
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  • ouakamois a écrit

    Si j'apprends à piloter un zinc, mon rêve absolu est d'acquérir un Fouga Magister…Heu…quand je serai riche!!!
    Et pourquoi un Magister en particulier ? Ce n'est pas le premier avion auquel j'aurais pensé !
    Et tous ces points d'exclamation, vous avez remarqué ? Cinq ! C'est la marque d'un aliéné qui porte son slip sur la tête. L'opéra fait cet effet à certains.Terry Pratchett
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  • Il a l'air de sortir d'usine. :hehe:
    ¤ Nicolas Sur AMN : Nico2, inscrit le 09 Jan 2006, 16:45>> N'oubliez pas de lire et de relire le Règlement du forum.>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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