iceʹ

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  • Excellent! Vous avez tout prévu! Je fais ça à l'occasion et je vous ferai partager quelques clichés sympas. Y'a du blindé mais aussi du Tigre, gazelle, Puma… et en situation!!!
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  • Quel que soit le nombre, je ne suis pas certain qu'il soit nécessaire de connaître cette donnée.
    Que l'on connaisse les vecteurs ou le coût de la dissuasion (c'est quand même un investissement important de notre pays et donc du contribuable) pourquoi pas. MAis étaler le volume de force et en le détaillant…je suis sceptique.
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  • @pax: c'est peut-être moi qui chipote mais je préfère ne pas prendre de risque avec ça!

    Question: quel site utiliser pour héberger mes photos puis les publier ici?
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  • d9pouces a écrit

    Merci beaucoup pour ton récit !
    Ça permet de mieux se rendre compte un peu mieux des conditions du déploiement, on n'en lit pas assez dans la presse grand public.

    Accessoirement, pas de cauchemars à ton retour en métropole ? :S

    Je pense que tu pourrais préciser ce qu'est l'ANF-1, sur le coup j'ai pensé à de l'artillerie de 155, avant de voir que c'était la remplaçante de l'AA-52.


    (et 491 messages depuis le 15 février, joli ! :p)
    Pas de cauchemars à mon retour mais des réactions bizarres aux feux d'artifices, claquements de porte et les trucs qui trainent au bord des routes! Ca n'a pas duré longtemps cependant.

    L'ANF1 n'est en effet autre que l'AA52 mais chambré en 7,62. Par ailleurs il n'y avait plus de 155 sur le théâtre lors de Serval 4.

    @D9: Merci de m'avoir permis de récupérer les messages de mon ancien compte ( :merlin: ) ainsi que pour mon nouveau ruban! :bieres:

    @Ansierra: je serai bien plus mesuré que toi sur nos capacités de recrutement. Mais bon, ce n'est pas le sujet ici!

    Je vais aérer un peu mon récit initial sur les conseils de nyco mais je ne toucherai pas au texte en soit. Il m'a été autorisé de le divulguer sous cette forme alors je n'en changerai pas, même pour des modifs mineures de sigles ou autres. Je pense que vous comprendrez.

    Je vous remercie en tous cas de l'intérêt que vous portez à ce petit retex, n'hésitez pas à poser des questions!
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  • La température extérieure pouvait atteindre les 50/52° mais la moyenne en journée était en effet de 45°. Le problème c'est que dans un blindé, tout est fermé! Seules les tapes au dessus étaient ouvertes. L'intérieur devenait donc rapidement un four. On devait en plus allumer les chauffages…pour refroidir les moteurs…au détriment des hommes à l'intérieur!!! Tout ceci sans compter cette p*t*** de poussière qui s'invite partout…dans tes vêtements, ta bouffe, ton duvet, tes chaussures etc!!!
    J'essaierai de voir dans mon stock de photo pour vous illustrer cet article.
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  • @Jericho: Mon pseudo est bien plus ancien! Il date d'AMN 1.0 en 2005! J'avais alors choisi Iceman en référence à mon idole dans Top Gun!!! Au fil du temps il est devenu Ice'!

    Niveau conditions climatiques c'était très rude. L'intérieur du VBL était un four…la montre s'est arrêtée à 56° avec des traversées du désert de plus de 10h de route certains jours! A l'extérieur, en tape, je mettais des gants pour ne pas me cramer sur le blindage mais l'air du moto-ventilateur me soufflait dans la tronche à plus de 90°, donc cheich et lunettes! On faisait le thé et le café sans chauffer l'eau (vu qu'on la stockait dans des paniers home made au dessus du VBL)! Et on se brulait la langue en buvant!!!
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  • Je suis content que ça vous plaise! J'ai oublié de préciser, je commandais lors de cette mission le 2e peloton de l'EAE (azur 20) et suis d'ailleurs toujours à sa tête aujourd'hui.

    cachée dans les pins a écrit

    merci Ice.
    comme beaucoup de français-lamda, les guerres me semblaient jusqu'à maintenant lointaines.
    depuis cet engagement au Mali, je pense que beaucoup de gens sont rivés sur les médias pour essayer de comprendre, suivre et.. VOUS suivre.
    et j'espère sincèrement que ce soutien, l' Armée le sent quand même un peu, différend, plus large, international, déterminé,me semble-t-il.
    à la hauteur des enjeux et des hommes envoyés, j'espère.
    Honnêtement lorsqu'on est en opération, on ne ressent pas vraiment le soutien venant de France. Peut-être aussi parce que nous n'y prêtons pas attention, parfois par obligation mais aussi par choix. Les préoccupations de la métropole nous importent peu et ce que les médias véhiculent encore moins. Il y a eu un mort pendant ce mandat…mais Nabila a agressé son copain au même moment, apparemment les gens préféraient suivre ça. Ce truc tournait en boucle pendant que le nord Mali était en crise avec une poignée de soldats français au milieu pour sauver ce qui pouvait l'être.
    Le soutien est par contre bien plus palpable depuis le début de Sentinelle.
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  • Bonjour à tous!

    J'espère que je poste ce sujet au bon endroit! Les modos ne manqueront pas de me réorienter si ce n'est pas le cas!

    Ce petit récit est destiné à une parution dans la presse spécialisée et a été avalisé par ma hiérarchie. N'ayez donc aucune crainte sur la divulgation d'infos SD sur le forum d'AMN!!! Je rajouterai des photos un peu plus tard. LEs chiffres entre paranthèses correspondent à des notes de bas de page.
    Bonne lecture!


    Projeté sur le théâtre malien dans le cadre de l’opération « Serval » au sein du GTIA (1) Vercors, l’EAE (2) du 4e Régiment de Chasseurs (4e RCh) pose le pied sur la PfOD (3) de Gao le 11 février 2014. L’ossature du GTIA est fournie par le 7e Bataillon de Chasseurs Alpins (7e BCA) qui arme un premier sous groupement à travers une compagnie mixte à quatre sections d’infanterie. S’articulant autour de trois Pelotons de Reconnaissance et d’Intervention Anti-char (PRIAC) et d’un Peloton de Commandement et Logistique (PCL), les cavaliers de Clermont-Prince fournissent le second sous groupement du GTIA. Ces deux entités majeures sont appuyées et soutenues par diverses unités de la 27e BIM (4) : la Compagnie de Commandement et Logistique (CCL) ainsi que l’état-major tactique (EMT) du 7e BCA, 1 section de génie combat armée par le 2e Régiment Etranger de Génie (2e REG) et une équipe TACP (5) en provenance du 93e Régiment d’Artillerie de Montagne (93e RAM). La mission doit durer 4 mois et vise, en collaboration avec les forces partenaires (FAMa (6) et MINUSMA (7)), à assurer la stabilité du nord Mali en maintenant une pression permanente sur les groupes armés terroristes (GAT) qui y sévissent toujours. Pendant plus de trois mois et demi, le rythme est particulièrement soutenu pour toutes ces unités. Elles enchainent en effet les opérations au nord de la boucle du Niger dans des conditions climatiques extrêmes et malgré une tension permanente liée aux forts risques de piégeage et d’attaques directes.
    Fin mai, après plus de trois mois et demi de présence sur le théâtre, l’EAE entrevoit avec un certain enthousiasme le crépuscule d’une projection harassante mais d’une grande richesse opérationnelle. La chaleur écrasante et la densité des opérations menées au cours du mandat ont mis hommes et machines à rude épreuve. Guidés par un professionnalisme et une rigueur sans faille, les cavaliers des cimes ont néanmoins évité avec adresse les pièges d’un mandat au calme tout aussi relatif que trompeur. Nettoyage, réintégrations, encaissage…la fin de mandat prend forme et le « 4 » s’apprête à passer le témoin. La concentration reste néanmoins de mise et les préparatifs de départ n’affectent en rien les capacités opérationnelles de l’unité. Connus pour leur versatilité, les théâtres africains imposent une réactivité permanente et hommes comme véhicules restent prêt à intervenir là où la situation le demanderait. La visite de M. Moussa Mara, premier ministre malien, dans la ville de Kidal, fief historique de la rébellion touareg, va d’ailleurs rapidement mettre à l’essai les capacités de réversibilité de l’escadron.
    Les tensions entre le nord du pays, très majoritairement favorable aux mouvements indépendantistes de l’Azawad, et le pouvoir de Bamako, sont une réalité quotidienne de l’histoire moderne du Mali. Cette défiance mutuelle et les frictions régulières qui en découlent sont souvent rapidement jugulées mais se trouvent ici exacerbées par le sentiment de provocation ressenti à l’occasion de cette visite gouvernementale. Plusieurs autorités maliennes loyalistes sont assassinées et la coalition des différents mouvements rebelles Touaregs, MNLA (8) en tête, s’empare des bâtiments officiels de la ville. La crise est consommée, l’ombre d’un affrontement direct entre les Forces Armées Maliennes et les indépendantistes se précise au fil des heures. En effet, ayant perdu le contrôle de la cité et vexées de leur incapacité à protéger et escorter efficacement leur premier ministre, les chefs militaires de Kidal lancent une opération visant à reprendre possession des différentes entités gouvernementales de la ville. L’armée malienne essuie alors un premier revers qui aurait dû valoir d’avertissement.
    A Gao, l’état d’esprit de la population a radicalement changé et l’escadron reçoit l’ordre de se tenir prêt à repartir vers le nord pour une opération d’envergure devant impliquer l’intégralité du GTIA Vercors. La montée en puissance de l’unité est particulièrement rapide et efficace. Le sous groupement Azur est en effervescence ; commandant d’unité (CDU) et chefs de peloton, parfaitement secondés par les responsables logistiques, remettent l’escadron en ordre de combat en moins d’une demi-journée et en cette après-midi du 20 mai, seul manque l’ordre formel de départ. Il n’arrivera que quarante-huit heures plus tard après de multiples changements d’objectif et de format. Pendant cette phase de latence, les sorties sur Gao se poursuivent mais dans une ambiance tendue qui tranche radicalement avec le reste du mandat. Une mission d’escorte d’autorités dans la ville de Gao viendra confirmer cette impression: Azur 20 (2e peloton du 4e escadron) fait face à deux barrages de jeunes manifestants dénonçant la passivité de Serval dans la crise qui se joue alors au nord. Le pouvoir de dissuasion de la force évite de basculer dans une confrontation ouvertement hostile mais le ton est donné, l’ambiance générale au nord Mali vient de changer radicalement. Cela est d’autant plus vrai que l’armée malienne vient de subir une cinglante défaite à Kidal provoquant un repli massif et désordonné de toutes ses unités stationnées au nord du fleuve Niger. En effet, sans aucune autorisation politique préalable et sur une initiative unilatérale, les FAMa présents à Kidal (largement renforcés au cours des derniers jours) se lancent à la reconquête de la ville. Les combats sont acharnés mais rapides et le bilan sans appel. L’offensive a été stoppée, les FAMa balayées et le gouvernement affaibli par une armée défaite et sur laquelle il n’a visiblement plus aucun contrôle. La nouvelle se répand telle une trainée de poudre et, la plupart du temps sans combattre, les garnisons du nord se replient vers le sud, laissant libre champ à la rébellion. Les colonnes de pick-up maliens affluent vers Gao dans une désorganisation totale, le nord du pays est livré à lui-même et à l’administration parallèle touareg.

    Le 22 mai en milieu d’après-midi, malgré le refus catégorique des forces maliennes présentes sur Gao de remonter vers le nord, l’ordre de départ arrive enfin. Le format retenu est celui d’un sous groupement mixte sous commandement Azur composé comme suit : 1 cellule commandement avec CDU (Ascalon) et OA2 (9) (Azur Bravo), TC1 (10) (Azur Charlie), 2 PRIAC (Azur 10 et 20), 1 section d’Infanterie (2e Cie du 7e BCA/Vert 10), 1 groupe génie avec chef de section (13e Régiment du Génie/Noir 10), 1 groupe EOD (11) (13e RG/Noir 3) et 1 équipe TACP (Armée de l’air/Aquila 1). L’objectif de ce déploiement est de pré positionner des troupes au nord du fleuve Niger avec effort majeur sur l’axe Gao-Anéfis afin de renseigner sur la situation sécuritaire dans la zone puis d’appuyer le retour des FAMa dans les différentes emprises abandonnées quelques jours plus tôt. L’interrogation majeure du commandement est celle de l’exploitation possible par les GAT de la situation sécuritaire chaotique qui règne dans la région. Le sous groupement reçoit alors pour mission d’effectuer un raid blindé de près de 150km sur les pistes du nord avec en limite de bond le village d’Almoustarat. La nuit tombant à 18h00, les délais sont extrêmement contraints et il est nécessaire d’adopter une vitesse de progression forcée qui, par la chaleur extrême, risque de mettre à mal une mécanique déjà fragilisée par plusieurs mois d’engagement intensif. Le moindre problème technique risque de compromettre la mission mais les options sont limitées et l’objectif est clair, il faut reprendre le contrôle de la route du nord au plus vite afin de ne pas perdre le bénéfice de plusieurs mois d’opération. Le renseignement fait de surcroît état d’un BM-21 (armé de 40 roquettes de 122mm) abandonné par l’armée malienne à proximité de l’axe Gao-Almoustarat et qu’il convient de le retrouver avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains. C’est donc à vitesse forcée qu’à 15h cette imposante colonne débute sa progression selon une articulation classique mais efficace et éprouvée depuis le début du mandat. Azur 20 accompagné d’Ascalon éclaire la progression, Azur 10 et les éléments génie appuient la progression du peloton de tête et Vert 10 assure l’escorte du TC1 ainsi que d’Azur Bravo et Aquila 1 (inséré dans le dispositif d’Azur Charlie). La progression est rapide mais à 17h, Almoustarat est encore loin et le BM-21 échoué apparaît sur notre axe de progression. Le drone MQ-9 Reaper (12) qui scanne la zone en amont de la progression de la colonne depuis son départ de Gao repère le véhicule suspect à proximité de Tin-Aouker (13). L’objectif du sous groupement est désormais double, reprendre le contrôle du BM-21 tout en disposant au moins d’un élément en surveillance des lisières sud d’Almoustarat le soir même. La tension monte alors d’un cran lorsque des éléments armés non identifiés s’affairant autour du véhicule abandonné sont repérés par le drone. Celui-ci étant à moins de 20km de la colonne et donc sans risque de perte de liaison radio, le PRIAC de tête arme son armement de bord et fonce vers l’objectif. Renseigné en temps réel par le drone et l’intermédiaire d’Aquila 1, le peloton dispose en permanence d’une situation tactique claire et actualisée. N’ayant pas été en mesure de tracter l’imposante pièce d’artillerie et craignant l’arrivée de la force Serval, les personnels suspects l’ont à leur tour abandonné.
    Pendant ce temps, Azur 10, au niveau du TC1, se réarticule en liaison avec Azur Bravo afin de poursuivre sa progression vers le village d’Almoustarat. Les élongations entre les différents éléments de l’escadron étant de plus de 50km, la présence du VAB Carthage, capable de communiquer par liaison satellite sécurisée, est primordiale. En effet, Azur 10 sera bientôt l’élément isolé le plus au nord du dispositif français dans cette région chaotique, à plus de 2h de piste de tout renfort possible.
    Le dispositif escadron s’articule alors en deux éléments distincts avec un peloton sur Almoustarat et le reste du sous groupement au niveau du BM-21. La situation est calme mais avec un effectif limité et divisé, elle n’est pas rassurante pour autant. Contraint de sécuriser une zone à 6km au nord du village de Tin-Aouker dû à la découverte fortuite du BM-21, une partie de l’escadron s’apprête à passer la nuit sur place avant de relancer son action vers Almoustarat. Le calme de la nuit ne sera ponctué que par un tir de sommation en direction d’une moto civile non armée qui, malgré les mises en garde, ne s’arrêtera qu’au grondement de l’ANF1. Envoyé en reconnaissance par les éléments de la rébellion touareg, les deux motards renseignaient sur notre dispositif. Ils remplirent donc leur mission mais ne pourront le faire savoir à leur commanditaire. Ils passeront en effet la nuit privés de leur téléphone portable et des clefs de leur deux-roues afin de les empêcher de transmettre toute information à leur chef. Le lendemain, la situation se complique et l’arrêt inopiné dans la région de Tin-Aouker va en réalité se prolonger bien plus longtemps que prévu. Le PC (14) annonce en effet que le GTIA malien Waraba est actuellement en déplacement vers le nord et doit faire jonction avec Azur dans un délai inconnu. Devant faire face à d’importants problèmes de communication avec ses éléments sur le terrain, le PC malien est incapable de fournir la position ou l’heure d’arrivée estimée de son unité. Dans le village la situation est tendue car, profitant de son écrasante victoire sur les FAMa, le MNLA a pris le contrôle de points stratégiques et installe à sa guise des check-point sur les principaux axes de communication. En réalité, ces derniers deviennent rapidement des lieux de racket privilégié envers les véhicules qui osent encore circuler dans la zone. Bien qu’étant considéré comme GAS et n’étant pas en conflit avec la France, il est intolérable que des éléments rebelles installent des points de contrôle sur un territoire souverain en présence d’une force qui travaille justement à maintenir l’intégrité territoriale du pays considéré. Les ordres sont clairs, le check-point doit disparaitre en utilisant la force si nécessaire. Les négociations sont tendues mais franches et empreintes de respect mutuel. Le village est cerné par un PRIAC missiles MILAN à poste et les objectifs potentiels à l’intérieur de la localité (9 pick-up dont 5 armés 14.5mm et environ 35 combattants armés AK-47) sont répertoriés et priorisés. Il est cependant clair que si la situation dégénère, les combats risquent d’être violents. La détermination affichée par la force Serval est néanmoins payante, le check-point est démonté et les combattants se retirent du village pour éviter toute confrontation avec les FAMa. Il a en effet été convenu que ces derniers traverseraient le village sous escorte française à leur arrivée à Tin-Aouker. La liaison avec le GTIA Waraba sera finalement établi le soir-même et la traversée se passera dans le calme. Au matin du 3e jour d’opération, les 38 roquettes sont détruites par la section génie et le BM-21, tracté par le CLD (15) du TC1, rejoint Almoustarat avec le GTIA malien et le reste des éléments Azur.
    Arrivé pour sa part sans encombre au sud d’Almoustarat, Azur 10 a installé son dispositif de surveillance face au nord à partir des entrées sud du village et, par un travail minutieux auprès de la population locale, a renseigné deux jours durant sur les activités touareg ou terroriste dans la zone.
    Une fois sur Almoustarat, le GTIA Waraba s’installe sur l’ancienne emprise FAMa de la ville et le sous groupement débute une phase de contrôle de zone de 36h avant de repartir vers le village de Tabankort où des activités terroristes ont été rapportées les jours précédents. Situé à une cinquantaine de kilomètres plus au nord sur la route d’Anéfis, ce village aurait été le théâtre d’affrontements ces dernières heures et il importe pour l’escadron de sécuriser cet axe de progression majeur vers Tessalit et Kidal. Vert 10 reste sur place pour appuyer les forces maliennes dans leur réappropriation de la zone et établir la liaison avec la relève, le GTIA Dio, dont le départ de Gao est imminent.
    L’opération sur Tabankort est réalisée en étroite coopération avec Sabre (16) dont l’action dépendra des informations recueillies dans la zone. Une fois de plus les délais sont contraints et malgré le feu moteur qui mettra hors de service un VBL durant la progression, les deux pelotons de reconnaissance et le TC1 réduit rejoignent leur position respective dans le temps imparti. Une fois l’appuie fournit par Azur 10 en place, le second PRIAC lance la reconnaissance du village, le coiffe et en sécurise le centre pour permettre d’établir la liaison avec les autorités locales en toute sécurité. Malgré un nombre important de pick-up armé dans la zone et plusieurs heures de discussion, il est difficile de démêler le vrai du faux ou le GAS du GAT. Ces derniers auraient apparemment quitté la zone lors de notre approche et le sous groupement reçoit alors l’ordre de redescendre sur Gao après une nuit de bivouac au sud d’Almoustarat. La relève est déjà sur place lorsque l’escadron entame sa phase de retour et, après avoir récupéré ses éléments restés sur Almoustarat, le sous groupement rejoint Gao sans encombre.

    Les théâtres africains sont connus pour leur versatilité et la rapidité avec laquelle le nord Mali a basculé dans la crise le prouve une nouvelle fois. Malgré un contexte de relève qui aurait pu mettre à mal les capacités d’action de la force Serval, l’extrême réactivité des unités présentes, tant montantes (13e RG) que descendantes (27e BIM), a permis de ne pas laisser la situation totalement basculer. Par sa manœuvre rapide et efficace, le sous groupement n’a laissé ni le temps ni le terrain qui auraient pu permettre aux GAT de reprendre la main sur la région. La parfaite intégration des moyens interarmes et interarmées mis en œuvre dans cette opération a fait merveille et prouve s’il en est encore besoin que la compréhension mutuelle entre les différents acteurs est indispensable pour permettre une manœuvre claire et efficace.

    1- GTIA: Groupement Tactique Inter-Armes
    2- EAE : Escadron d’Aide à l’Engagement
    3- PfOD : Plateforme Opérationnelle Désert
    4- BIM : Brigade d’Infanterie de Montagne
    5- TACP : Tactical Air Control Party. Chargé de la coordination des appuis qu’ils soient terrestres ou aériens.
    6- FAMa : Forces Armées Maliennes
    7- MINUSMA : Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali
    8- MNLA : Mouvement National de Libération de l’Azawad
    9- OA2 : Officier Adjoint n°2 de l’escadron
    10- TC1 : Train de Combat de niveau 1 : soutien logistique de niveau escadron armé par le PCL et renforcé d’éléments du bataillon logistique.
    11- EOD : Explosive ordnance disposal
    12- Mis en œuvre par l’armée de l’air à partir de Niamey (Niger). Les images qu’ils captent sont transmises en temps réel à Aquila 1.
    13- Village en bordure immédiate de la piste principale du nord, 50km sud d’Almoustarat.
    14- PC : Poste de commandement
    15- CLD : Camion Lourd de Dépannage
    16- Sabre : Nom donné à l’opération des forces spéciales dans la bande sahélienne.
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  • glwpatton a écrit

    Après l’assassinat, en Libye, d'égyptiens par des Islamistes, l'égyptes lancent de sraids aériens sur ces islamistes.

    Les rafales vont rejoindre un nouveau front…
    On voit un gros rapprochement France-Egypte en ce moment : réunion du conseil de sécurité de l'ONU demandé par ces deux pays.

    Tu m'as devancé su le partage du lien glwpatton!!
    C'est quand même bizarre que cette demande commune arrive dans la période de signature de gros contrats d'armement…!
    Cependant, après les déclarations d'intention des italiens, j'ai bien l'impression que quelque chose se dessine là-bas…
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  • Ah ok je comprends mieux ce que tu voulais dire.
    Cependant je pense que cela serait en effet générateur de complexité supplémentaire. Comme je l'évoquais un peu plus haut, les régiments (et donc les unités qui le composent) ont des cycles d'entrainement et d'activités très divers. A cela va aussi s'ajouter les questions de RH propre à chacun. Même en le voulant très fort cela ne serait pas tenable dans la durée.
    Je pense que l'alerte Guépard est ce que l'on peut faire de mieux.
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  • Sur le papier un 1er classe n'a pas autorité sur un 2e classe en effet mais beaucoup de facteur entrent en compte.
    Première chose, la distinction de 1er classe est désormais automatique au 1er jour du 7e mois de service. Vous allez me dire mais alors quelle valeur a-t-elle cette distinction…vaste débat, n'en parlons pas pas, il m'irrite ce débat!!!
    L'ancienneté en service va entrer en compte et aussi et surtout les examens détenus par le 1er classe. Celui-ci peut en effet être chef d'équipe (commandé un trinôme) et encadré d'autres 1er classe s'il détient le CME (certificat militaire élémentaire). Il y a donc plusieurs types de 1er classe et au delà du grade tous ne se valent pas.
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  • d9pouces a écrit

    Aurais-tu une source, par hasard ? Ou est-ce toi, la source ? :)
    Approvisionné, non armé => ça veut dire que le chargeur est plein, n'est-ce pas ? (et quel est cet arsenal ? )

    Merci pour ces infos !
    La source c'est moi en effet! C'est une source fiable! :mrgreen:
    Approvisionné non armé ça veut en effet dire que le chargeur (plein!) est sur l'arme mais qu'il n'y a pas de cartouche en chambre. Un simple mouvement du levier d'armement permet de régler ça en cas de besoin!
    L'arsenal est simple: bâton télescopique et gazeuse.
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  • d9pouces a écrit

    Au niveau des GTIA, si j'ai bien compris, on prélève quelques soldats un peu partout et on en fait une unité unique (:D) déployée sur le terrain.
    Mais du coup, cela ne risque-t-il pas de poser des problèmes de cohérence sur le terrain ? (les soldats sont moins habitués à manœuvrer ensemble, par exemple)
    C'est exactement ça d9pouces.
    Cependant la cohérence tactique est parfaitement assurée. Je m'explique.
    Un GTIA est projeté en OPEX mais les unités élémentaires (compagnies, escadrons, batteries, etc…) qui le composent ont effectué leur MCP (Mise en condition avant Projection) ensemble. De plus, un GTIA (dans la plupart des cas) est composé d'unités venant de régiment d'une même brigade.
    Exemple: le GTIA Vercors sous commandement opérationnel du 7e BCA projeté au Mali lors de Serval 4 était composé des unités suivantes:
    - 2e Cie du 7e BCA
    - EAE (Escadron d'Aide à l'Engagement devenu aujourd'hui Escadron de Reconnaissance et d'Intervention) du 4e RCh
    - 1 section de génie combat du 2e REG
    - 1 équipe EO du 93e RAM
    - CCL du 7e BCA
    - EMT du 7e BCA
    Toutes ces unités proviennent de la 27e BIM.
    La cie du 7e BCA constituait un 1er S-GTIA (sous groupement tactique interarmes) et l'EAE du 4e RCh le 2e SGTIA.
    Bien entendu, en fonction de la mission, on pouvait constituer des DIA (détachement interarmes) qui sont des "minis" GTIA mais qui ne vivent que le temps d'une ou quelques missions.

    glwpatton a écrit

    On en vient à posre une question :
    Pourquoi ne pas former des GTIA permanents y compris en métropole ?
    Vu que l'on ne déploie que ça, ou presque.

    Bonne question mais c'est absolument impossible. En voici les raisons.

    Premièrement comme je l'ai dit plus haut, la formation des GTIA répond à une nécessité opérationnelle des conflits de ces derniers temps. Si la capacité d'adaptation est louable et nécessaire, il ne faut pas en faire une règle. Les principes de la guerre et la tactique ou la stratégie conventionnelle doivent absolument perdurer comme fondement de notre entrainement et de notre réflexion tactique. Les conflits asymétriques sont certes une forme de conflit mais ils ne font pas loi unique. A titre d'exemple, un régiment de cavalerie doit savoir manœuvrer en tant que tel car en cas de conflit "classique" avec engagement massif des forces, les brigades seraient (et sont déjà en réalité) à leur niveau des GTIA.

    Deuxièmement, un GTIA regroupe des unités aux compétences et spécificités très nombreuses. Il serait impossible en terme de formation, d'entrainement et surtout de logistique de créer des GTIA permanents. Les besoins sont très différents car les "métiers" sont très différents. Pour caricaturer, ne serait ce qu'en terme de parc de véhicule et de matériels, voici ce que ça donnerait:
    VAB, VBL, VBCI, AMX10RC, poste de tir MILAN, ERYX, CAESAR, MO120, LGI, FR 12,7, JAVELIN, etc….. donc autant de formations à organiser (très consommateur en cadres), de créneaux de tir et d'entrainement à trouver, etc, et à chaque fois pour un nombre très réduit de personnel… impossible!!
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  • Pour bien faire la distinction entre grade et distinction justement, je rajouterai ceci:
    Deux grades dans nos armées sont à tort considérés comme tel. Celui de 1er classe et celui de Maréchal de France. Ces deux "rangs" sont des distinctions et non des grades.
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  • En terme d'armes anti-char, voici le nouveau venu pour remplacer le MILAN:
    MMP.
    Son arrivée va impliquer de multiples changements tant sur la formation que sur la tactique d'emploi.
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