Heinkel He 177 Greif

Rappels

  • Catégorie : Bombardier
  • Constructeur : Heinkel drapeau du pays
  • Premier vol : 19 novembre 1939
  • Production : 1169 appareils construits (cellules neuves)

Historique

Il est heureux pour les Alliés que l’industrie aéronautique allemande n’ait jamais été en mesure de produire de manière efficiente un bombardier lourd à long rayon d’action à vocation stratégique lors de la Seconde Guerre Mondiale. Certes, le Focke-Wulf Fw 200 Kondor fut largement utilisé opérationnellement, mais il ne s’agissait pas d’un bombardier à proprement parler car il résultait de l’adaptation d’un appareil de transport civil. Néanmoins, les Allemands firent plusieurs tentatives de production en série d’un « lourd » à grand rayon d’action dont la plus notable reste le Heinkel He 177 Greif (Griffon).

En juin 1936, le Reichsluftfahrtministerium (le Ministère de l’Air de l’Allemagne nazie) lance le programme Bomber A et émet son cahier des charges. Il réclame de toute urgence un bombardier apte à emporter 1000 kg d’armements sur une distance de 6700 km à 540 km/h et… capable d’effectuer des bombardements en piqué à 60 degrés ! Cette dernière ligne dans le cahier des charges est dès 1936 révélatrice de l’absence de cohérence des planificateurs aéronautiques allemands dans la conception de leurs appareils (car il s’agissait bien ici de développer un bombardier lourd à long rayon d’action), et pèsera sur tout le développement de l’avion. Néanmoins, cinq firmes entrent en compétition pour le réaliser : Messerschmitt, Junkers, Heinkel, Arado, Henschel et Blöhm & Voss.

Dès le départ, Heinkel propose des solutions radicales pour tenter de répondre au niveau de performances requis qui réclame des moteurs plus puissants que ceux alors disponibles. Pour ce faire, l’ingénieur Siegfried Günter lance le projet P.1041. Il s'agit alors d'un appareil doté de deux hélices pour accroître la manœuvrabilité lors des bombardements en piqué, mais sa vraie subtilité réside dans sa motorisation. Les moteurs, deux Daimler-Benz DB 606, consistent en réalité en deux DB 601 couplés ensemble pour n'entraîner qu'une seule hélice. Le train d’atterrissage principal est également inhabituel avec deux jambes à deux roues chacune placées à l’aplomb des nacelles moteurs et qui se relèvent latéralement dans l’aile de chaque côté des nacelles. Ce gros train d’atterrissage est imposé par la masse de l’avion qui ne cesse d’augmenter au fur et à mesure de son développement.



Finalement, le 22 novembre 1937, Heinkel réussit à décrocher le contrat. A compter de ce jour, le projet répond au nom de Heinkel He 177 Greif.

Le premier prototype du He 177 effectue son baptême de l’air le 19 novembre 1939 à Rostock-Marienehe, piloté par Carl Francke. Cet essai est rapidement écourté suite à un dangereux échauffement des moteurs de l’appareil ainsi qu'à de fortes vibrations. Ces problèmes sont récurrents tout au long de sa carrière. En effet, le concept des moteurs couplés de Daimler-Benz ne fonctionne jamais correctement, notamment du fait de la difficulté d’intégrer à la cellule cette configuration inhabituelle, causant surchauffes et incendies.

Dans un premier temps, 8 prototypes sont construits pour initier une phase de développement qui s’avère être chaotique (incendies de moteurs, crashs, dysfonctionnements techniques, pilotes d’essais tués en nombre…), si bien que 6 appareils sont perdus.

La version de pré-série He 177A-0, commandée en 1939, ne fait pas mieux : sur 35 appareils construits par Arado et Heinkel, plus de la moitié ont le même destin. Ces échecs, directement liés au souhait de doter l’appareil d’une capacité de bombardement en piqué, expliquent pourquoi le développement est si long. Ainsi, il faut attendre mars 1942 pour que le premier appareil de série, un He 177A-1, ne soit envoyé rejoindre le I/KG 40 à Bordeaux-Mérignac pour mener des essais opérationnels.

La version A-1, construite à 130 exemplaires, présente des faiblesses structurelles qui nécessitent de redessiner le fuselage. En conséquence, une nouvelle version, le He 177A-3, rejoint les effectifs de la Luftwaffe à partir de la fin 1942. Cette version est produite à pas moins de 170 unités.

Dans le but de spécialiser les appareils, un certain nombre de conversions sont réalisées à partir de ces versions. Ainsi, le He 177A-3/R-3 est destiné en priorité à la lutte anti-navires grâce à sa capacité d’emport de 3 Henschel Hs 293A (l’He 177 en est alors le principal vecteur). Le He 177A-3/R-5 est quant à lui armé d’un canon de 75 mm en plage ventrale afin de réaliser des missions de « tank busting » ou pour lutter contre les armements antiaériens. Le He 177A-3/R-7 est lui capable de délivrer torpilles et mines, principalement pour lutter contre les sous-marins alliés dans l’Atlantique.



Néanmoins, la principale version de l’appareil est la A-5, propulsée par deux DB 610A/B de 2950 ch chacun selon le même principe que la version initiale. Lourdement armée et dotée d’une capacité d’emport de 6000 kg en soute, elle est construite à 525 ou 826 exemplaires selon les sources. Il semble que l’attrition de cette version ait été beaucoup moins élevée que chez ses « grandes sœurs ».

Les actions menées par l’appareil sur le théâtre d’opération Est révèlent que l’avion est inefficace en termes de bombardements en piqué, mais surtout que ses moteurs s’embrasent très rapidement, limitant de fait les disponibilités. C’est d’ailleurs non sans ironie que les équipages lui ont trouvé le surnom de « cercueil flamboyant » ou encore « feu d’artifice volant ». Malgré tout, il participe activement au ravitaillement de la VIe armée de Von Paulus, encerclée à Stalingrad. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette bataille que la version A-3/R-5 (renommée « Stalingradtyp » pour l’occasion), dotée d’un canon BK de 75 mm, est employée. Avec cet armement il s’agit pour les appareils d’effectuer des passes à basse altitude au-dessus des concentrations de DCA soviétiques afin d’en neutraliser un maximum. L’emploi opérationnel de l’appareil à Stalingrad est néanmoins un désastre. Une partie des appareils engagés s’écrasent au sol sans que la faute ne soit imputable aux défenses antiaériennes soviétiques.

Sur le front Ouest, des appareils sont engagés lors de l’opération Steinbock entre janvier mai 1944, opération durant laquelle ils sont chargés de bombarder en piqué des cibles dans l’agglomération londonienne. Il semblerait que l’appareil n’eut que peu de succès pour ce type de mission bien qu’il s’avère qu’il fut le bombardier allemand à la survivabilité la plus haute de toute l’opération. Néanmoins, il excelle dans les missions de lutte anti-navires au cours desquels ses Hs 293A coulent ou endommagent gravement de nombreux cargos alliés.

C’est également à compter de juin 1944 qu’une version originale de l’He 177 est livrée à la Luftwaffe. Il s’agit de 5 He 177A-5 à la soute modifiée pour l’emport de 33 tubes lance-roquettes placés dans le fuselage et inclinés à 60 degrés. Appelés « Grosszerstörer » ils ne semblent jamais avoir été utilisés en opérations bien qu’intégrés à l’Erprobungskommando 25 situé à Tarnewitz.



Une version du Heinkel, le He 177V-38 aurait été prévue pour transporter une éventuelle bombe atomique qui n’a heureusement jamais été finalisée. Ces suppositions reposent sur la découverte à Prague à la fin du conflit d’un He 177 à la soute grandement modifiée. Cependant, cette information est toujours sujette à caution.

Un exemplaire est capturé par la Résistance avant le Débarquement et testé par l'Armée de l'air française. Il est transféré à la Royal Air Force pour évaluation après la guerre. Après la guerre, l'Armée de l'Air prend ensuite acquisition d'un second appareil, également pour évaluation. Aucun ne semble avoir survécu jusqu'à nos jours.

Finalement, si l’on compare les ressources colossales engagées par le Reich dans le projet avec les succès engrangées par l’appareil, le Heinkel He 177 Greif est probablement un des plus grands échecs aéronautique allemand. Avec plus de rationalité dans son développement, nul doute que l’avion aurait pu devenir une arme mortelle pour le potentiel industriel allié. Sa production, minée par le manque de matériaux stratégiques et les restrictions sur le carburant, cesse fin 1944 après qu’environ 1160 appareils soient sortis d’usine.


Texte d'Ansierra117

Anciens pays utilisateurs

Versions

  • Heinkel He 177A-0 : Version de présérie. 35 exemplaires.
  • Heinkel He 177A-1 : Première version de série produite par Arado. 130 exemplaires.
  • Heinkel He 177A-2 : Projet de version pressurisée composée de 4 hommes d’équipage et d'un armement défensif réduit.
  • Heinkel He 177A-3 : Version au fuselage allongé motorisée par des DB 610A/B à partir du 16e exemplaire. 170 exemplaires.
  • Heinkel He 177A-4 : Projet de version pressurisée de haute-altitude développée dans le cadre du Heinkel He 274.
  • Heinkel He 177A-5 : Principale production de série dotée d'ailes renforcées. 525 exemplaires.
  • Heinkel He 177A-6 : Version de bombardement à haute altitude et à long rayon d’action. 7 exemplaires.
  • Heinkel He 177A-7 : Version de bombardement à haute altitude à l'envergure de 36 mètres. 6 exemplaires modifiés.
  • Heinkel He 177A-8 : Version redésignée He 177B-5 en août 1943.
  • Heinkel He 177A-10 : Projet de version dotée de 4 moteurs distincts et basée sur l’He 177A-8.
  • Heinkel He 177B : Version dotée de 4 moteurs distincts.
  • Heinkel He 177H : Première désignation du Heinkel He 274.
  • Heinkel He 177V : Prototypes. 8 exemplaires.
  • Heinkel He 177V-38 : Version à la soute élargie hypothétiquement pour l’emport d’une bombe atomique. 1 exemplaire modifié.

Sur le forum…

  • Cinétic a écrit

    Regarde ma fiche. ;)

    Effectivement tu mélanges la pratique à la passion donc c'est clair que ça apprend pas mal de choses ;)
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • Regarde ma fiche. ;)
    Mieux vaut poser une question et avoir l' air idiot 5 minutes que de se taire et de le rester.Le meilleur bretteur au monde ne craint point son dauphin, il craint le pire bretteur au monde, parce ce qu' il est incapable de deviner ce que cet imbécile va faire.
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  • Nico2 a écrit

    Clansman a écrit

    Prends un peu plus ton temps, ce n'est pas la course ici. Relis-toi une seule fois, mais 24 heures après la dernière écriture, les fautes te sembleront plus évidentes.

    Et puis, au pire il y a Cinétic, alias le vérificateur. :mrgreen:

    C'est vrai que je me demandais…vu comment tu as l'air méchamment calé sur tout sur qui est aéronautique Cinetic, je peux te demander ton métier? :)
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • et si après tout ça, il reste encore quelque chose de flou sur l'appareil ou la fiche, c'est que j'aurai encore égaré mes lunettes ;)

    beau boulot
    moi je suis la fougère et lui l'oiseau de fer
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  • Clansman a écrit

    Prends un peu plus ton temps, ce n'est pas la course ici. Relis-toi une seule fois, mais 24 heures après la dernière écriture, les fautes te sembleront plus évidentes.

    Et puis, au pire il y a Cinétic, alias le vérificateur. :mrgreen:
    ¤ Nicolas Sur AMN : Nico2, inscrit le 09 Jan 2006, 16:45>> N'oubliez pas de lire et de relire le Règlement du forum.>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • Clansman a écrit

    dis moi si tu as d'autres écho ou conseils à me donner afin que je puisse en tenir compte sur mes futures fiches !

    Franchement non, c'est du travail nickel, surtout pour une première fiche. Si elles ressemblent toutes à ça, je prends d'avance les yeux fermés. Prends un peu plus ton temps, ce n'est pas la course ici. Relis-toi une seule fois, mais 24 heures après la dernière écriture, les fautes te sembleront plus évidentes.
    Tout pareil à Clansman. Ecrire le texte sur un programme avec correcteur d'orthographe aide aussi. :hehe:
    Et encore bravo pour ta fiche.
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein"Quand on change son fusil d'épaule, il y a intérêt à ne pas partir de la droite, sinon on passe l'arme à gauche."  Ph. Geluck
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    Franchement non, c'est du travail nickel, surtout pour une première fiche. Si elles ressemblent toutes à ça, je prends d'avance les yeux fermés. Prends un peu plus ton temps, ce n'est pas la course ici. Relis-toi une seule fois, mais 24 heures après la dernière écriture, les fautes te sembleront plus évidentes.
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • Merci pour cette fiche matinale sur un poids lourd :) .

    Tu es insomniaque non ? :bonnet:
    ¤ Nicolas Sur AMN : Nico2, inscrit le 09 Jan 2006, 16:45>> N'oubliez pas de lire et de relire le Règlement du forum.>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • Merci beaucoup Clan's :) dis moi si tu as d'autres écho ou conseils à me donner afin que je puisse en tenir compte sur mes futures fiches !
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • Clansman a écrit

    Dire qu'il y en a qui se fichent de moi car je poste à 7 heures du mat… :mrgreen:
    Quoi? Certains osent un truc pareil? :ange:

    Bien content de lire les fiches, cela dit :)
    "En temps de paix, le kamikaze n'a plus de raison de sauter sur quoi que ce soit d'inflammable. Il s'étiole. Le suicide était le seul but de son existence : maintenant qu'il n'a plus de raison de mourir, il n'a plus de raison de vivre.Heureusement, il est possible d'aider le kamikaze à en finir en déclenchant en lui cette irrépressible envie d'exploser sur l'ennemi qui lui valut naguère son immense prestige auprès des gonzesses. Comment? C'est simple : il suffit d'imiter le cri du porte-avions. Regardez bien. Pout, pout, pout, ….Kamikaze : Banzaï !Etonnant, non?"Desproges
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