Dassault MD-450 Ouragan

Rappels

  • Catégorie : Avion de combat
  • Constructeur : Dassault drapeau du pays
  • Premier vol : 28 février 1949
  • Production : 451 appareils construits (cellules neuves)

Historique

A la fin de la seconde guerre mondiale, la situation de l'industrie aéronautique française est au plus bas et doit repartir de zéro, en s'appuyant sur les travaux faits à l'étranger (en Allemagne mais aussi aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne). De plus, toutes les avancées ne sont pas communiquées et la France doit découvrir par elle-même les avantages et inconvénients de l'aviation à réaction, alors que ses alliés ont déjà un peu progressé sur la question. L’Ouragan est né de la volonté du ministère de l’Air de posséder un appareil de fabrication nationale, mais également de pallier aux difficultés de mise au point de l’Espadon.

Dassault décide de faire simple en réutilisant le savoir-faire acquis avec ses conceptions d’avant-guerre, notamment la famille du MB-150, et remporte un contrat de 3 prototypes le 30 décembre 1947. Le bureau d’étude mené par Deplant, Cabrière et Rouault conçoit un appareil simple, peu coûteux mais robuste et fiable. Il s'inspire de la ligne générale du F-84, la conception commença en octobre 1947 et la construction le 7 avril 1948.

Il en résulte une cellule de section circulaire, dessinée à partir d’une entrée d’air frontale de type pitôt, qui supporte la dérive ; les empennages horizontaux sont implantés sur la dérive elle-même. La voilure , d’une flèche légère, est basse afin de permettre l’escamotage du train d’atterrissage. La cabine, pressurisée afin de pouvoir monter à 12000 m, prend place dans une double manche à air qui contient également des réservoirs de carburant et la chambre du réacteur. L'appareil n'emporte pas de radar, et la conduite de tir se fait par un collimateur gyroscopique.

Le premier prototype, le MD-450 01, vole le 28 février 1949 au mains de Konstantin Rozanoff. Cet appareil n'a pas de cockpit pressurisé, ni d'armement. Il est suivi par 2 prototypes, le MD-450 02 possédant une cabine pressurisée et le 03 équipé d'un Nene 104 construit sous licence par Hispano-Suiza. Les essais se révèlent très concluants : le 01 atteint 980 km/h et une vitesse ascensionnelle initiale de 43 m/s, tandis que le 02 atteindra l'altitude de 15000 m. Quand aux bidons de 450 l en bout d'ailes caractéristiques des Ouragan, ils apparaîtront en décembre 1949. L'armée de l'air commande 15 appareils de présérie le 31 août 1949 afin d'essayer plusieurs configurations, mais seuls 12 furent construits.



La commande initiale, signée le 31 août 1950, porte sur 150 appareils. Elle passe à 450 appareils, puis à 350 seulement du fait de l'apparition du Mystère II. 185 sont financés par les Etats-Unis dans le cadre du MDAP. Il en existe 2 versions : 50 MD-450A propulsés par un Rolls-Royce Nene 102, et 300 MD-450B équipés de Nene 104B. L'appareil est produit de 1951 à 1954, à une cadence de 17 avions par mois. Le premier exemplaire de série vole le 20 décembre 1951, à Mérignac, entre les mains de Rozanoff.

L’Ouragan entre en service en 1952 au sein de la 12e escadre de chasse à Cambrai en remplacement des Vampire, et équipe également les 2e et 4e escadre de chasse. Il est rapidement remplacé par le Mystère IV dès 1955, et versé à l'école de l'air à Salon de Provence et à l'école de Chasse à Meknès. Il fut employé au sein de l’Armée de l’Air jusqu’en 1963 et équipa également la Patrouille de France de 1955 à 1956.

L'Inde commanda 71 Ouragan le 20 juin 1954 : équipé d’un Nene 105A de 2350 kgp (plus léger et plus puissant), il est surnommé Toofani (traduction hindi d’Ouragan) et livré à partir de 1954. En 1957, l'Inde commande 33 exemplaires provenant des stocks de l’Armée de l’Air. Il vit le combat en 1961, lors de l'invasion de l'île de Diu, lors d'attaques contre des rebelles à Assam et Nagaland. Il a effectué des missions de reconnaissance en 1962 lors de la guerre indo-pakistanaise. Le 24 avril 1965, un exemplaire fut capturé par les Pakistanais, qui l'exposent toujours au musée de Peshawar. Le Toofani fut retiré des premières lignes en 1957, remplacé par le Mystère IV, et retiré des inventaires en 1965.

Israël se résigna à commander 24 MD-450B, reçus juste avant le conflit de 1956. Les israéliens auraient préférés des F-84F, ou des Sabre canadiens, voire même des Attacker ou des Mystère II. Il fut donc pris par intérim, en attendant le futur Mystère IV. Il entra en service au sein de l'escadron 113 Guêpes, puis, en 1965, au sein d'un deuxième escadron "Têtes de lion". Bien qu'inférieur au Meteor dans des missions d’interception, il eut plusieurs victoires en air-air : d'abord contre un Vampire égyptien le 12 avril 1956, contre des MiG-15 pourtant supérieur également, et même contre un MiG-21 ! Retiré des premières lignes vers la fin des années 1950, il se révéla très bon dans des missions air-sol grâce à sa stabilité. 51 autres exemplaires d’occasion furent rachetés, dont un MD-450A, le n° 120, et l’Ouragan reprit du service en 1967, lors de la guerre des 6 jours. Ils furent retirés du service en 1973, remplacés par les A-4. Un des Ouragan servit également à tester le camouflage désormais en vigueur au sein de l'aviation israélienne.



18 appareils israéliens furent vendus au Salvador en 1975, constituant ses premiers avions de guerre à réaction. Ils servirent lors de la guerre civile de 1980 à 1992. La plupart furent détruits au sol par les rebelles communistes en 1982 et les survivants furent retirés à la fin de la guerre civile. L'un d'eux a survécu et est exposé.

Il y eu un exemplaire d’une version de reconnaissance, le MD-450R, tandis qu’un autre préfigurait le MD-451 Aladin (jamais construit) avec un réacteur Atar 101 et des entrées d’air latérales. Un troisième, le Barougan, reprenait le principe du Baroudeur et vola le 24 février 1954. Toutes ces versions ne furent jamais construites en série.

Cet appareil marqua en définitive le renouveau de l’aéronautique française, en étant le premier avion militaire à réaction de conception française à être produit en série et même exporté. L'appareil fut trouvé plaisant et agréable à piloter, et se révéla une plate-forme stable, très adaptée aux missions d'attaque au sol, et d'une conception robuste, capable de survivre à des obus de 37 mm.


Texte de Clansman.

Versions

  • Dassault Barougan : Version expérimentale au train d'atterrissage en diabolo. 4 exemplaires.
  • Dassault MD-450-30L : Version expérimentale dotée d'entrées d'air latérales.
  • Dassault MD-450A : Version de série initiale propulsée par un Rolls-Ryce Nene 102. 50 exemplaires.
  • Dassault MD-450B : Version propulsée par un Rolls-Royce Nene 104. 300 exemplaires.
  • Dassault MD-450R : Version de reconnaissance. 1 exemplaire.
  • Dassault MD-451 Aladin : Projet de version de chasse de nuit.
  • Dassault Toofani : Version spécifique à l'Inde. 71 exemplaires.

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