Taylorcraft Aviation L-2
Rappels
- Catégorie : Avion de liaison
- Constructeur : Taylorcraft Aviation

- Premier vol : 1941
- Production : 2 142 appareils construits
- Missions : Observation, Transport VIP et liaison
Historique
En 1938, l’USAAC lance une mise au concours concernant un appareil aux capacités proches du Fieseler Storch et c’est finalement Stinson et son YO-49 qui remporte la compétition. Au début de l’année 1941, aucun avion de série n’est encore construit et l’USAAC s’impatiente. Pour gagner du temps, il décide de se tourner vers des modèles civils déjà disponibles sur le marché et qui pourraient aussi lui convenir. Parmi ceux-ci, il s’intéresse à trois modèles des constructeurs Piper, Aeronca et Taylorcraft. Chez ce dernier, c’est le Model D qui retient l’attention, une version biplace en tandem du Model B déjà bien connu et apprécié des pilotes. Quatre exemplaires sont commandés, avec quelques modifications pour convenir à ses missions militaires.
Comme pour tous les avions Taylorcraft d’avant-guerre, la structure du fuselage est constituée de tubes d’acier soudés, puis recouverte de tissu. Bien qu’un soin particulier ait été apporté pour utiliser autant de pièces que possible du modèle B, cela n’a été que partiellement réussi en raison de la charge plus lourde prévue, ce qui oblige à renforcer la cellule. Le moteur, qui entraine une hélice tractrice bipale, est généralement un quatre cylindres à plat Continental de 65 ch, mais il peut également être un Franklin DF-65 ou un Lycoming DL-65. Il est protégé par un capot partiellement ouvert, laissant les culasses à découvert dans le flux d’air pour améliorer leur refroidissement. Le cockpit est équipé de deux sièges en tandem, chacun pouvant être équipé de commandes de vol. Un important vitrage offre une très bonne visibilité autour de l’avion. Les ailes, droites, sont haubanées et en position haute. Elles contiennent des réservoirs de carburant. La partie du revêtement de l’aile située au-dessus du siège arrière est remplacée par des panneaux transparent pour améliorer encore la visibilité de l’observateur. L’empennage, conventionnel, a l’extrémité de ses surfaces arrondies. Le train d’atterrissage de type classique est fixe, avec un train avant renforcé et une roulette de queue.
Désignés YO-57, les quatre avions sont évalués à l’été 1941 lors de manœuvres en Louisiane et au Texas durant lesquelles ils sont utilisés à des fins de soutien telles que le transport léger et le courrier. Ce serait à la suite d’un atterrissage un peu cahoteux d’un de ces exemplaires que le général Innis P. Swift, commandant de la 1re division de cavalerie, lui a donné le nom de "Grasshopper" (sauterelle).
En novembre 1941, l’état-major suggère de commander 617 avions légers, un mélange de 342 Taylorcraft O-57, Aeronca O-58 et Piper O-59 et 275 du modèle un peu plus grand Stinson 76, qui est désigné O-62, puis L-5. En janvier 1942, les forces terrestres annoncent qu’elles ont besoin d’environ 4’000 avions de liaison. L’Air Corps en commande 1’000 autres, suivis d’une nouvelle commande de 1’960 autres six mois plus tard.
En mars 1942, la désignation est modifiée en L-2 et, en décembre 1943, 1’496 exemplaires sont en service au sein de l’USAAF et des forces terrestres. Par la suite, 306 L-2 et L-3 sont encore produits en 1944, tous issus de contrats antérieurs.
Durant le conflit, la plupart des avions de liaison de première ligne sont des Piper L-4 Grasshopper et des Stinson L-5 Sentinel. Il semble qu’une grande partie des L-2 soient restés aux Etats-Unis pour la formation des pilotes dans les différentes missions à accomplir sur le front. En effet, si les "L-birds" ont pour mission de base les vols de liaison, ils sont également beaucoup utilisés pour l’observation des troupes ennemies et pour guider les feux d’artillerie. Ces missions, qui étaient assurées durant le premier conflit mondial par des ballons, semblent parfaitement leur convenir. C’est également pour cela que la plupart des versions de L-2 sont équipées d’une radio et que le siège de l’observateur peut pivoter pour permettre de mieux observer vers l’arrière.
Une vingtaine de versions sont entrées en service, la plupart étant des versions civiles réquisitionnées par l’USAAF. À noter que le L-2M, ultime évolution de la famille et équipé de spoilers, a été construit à 900 exemplaires à lui seul. Autre version moins conventionnelle : le Model ST.100, entré en service sous l’appellation de TG.6, qui n’est autre qu’un planeur d’entraînement triplace avec une surface d’aileron agrandie, des spoilers d’aile et un train d’atterrissage plus simple, construit à 250 exemplaires.
L’US Navy utilise des planeurs LNT-1 sous la désignation du TG-6. Une version modifiée, télécommandée à distance, est évaluée pour le programme "Georges" de Glomb (Glide Bomb – bombe planante) sous la désignation de XLNT-1. Une version XLNT-2 est ensuite évaluée avant que ne soit construit le LBT-1. Cet appareil, télécommandé mais pouvant aussi être piloté par un pilote à bord, afin de faciliter les essais, est construit à 25 exemplaires avant que le programme soit définitivement abandonné : en 1944, l’US Navy juge ne plus avoir besoin de ce type d’arme qui n’a pas non plus des performances exceptionnelles.
En août 1943, la Marine française reçoit 11 exemplaires de Taylorcraft L-2M de la part des Etats-Unis, apparemment directement prélevés des unités de l’USAAF. Ils sont désignés par les forces armées françaises simplement "Taylorcraft", du nom de leur constructeur, sans se soucier de la version. Ces appareils (43-26063 à 43-26072) sont répartis entre différentes bases et sections de liaison, soit à Aspretto en Corse (43-26064), Port-Lyautey au Maroc et probablement d'autres bases aéronavales d'Afrique du Nord.
En décembre 1944, le ministère de la Marine envisage de mettre en place un escadron d’entraînement à Khouribga, au Maroc. Désigné 51.S., il doit être composé de divers modèles d’avions provenant de bases nord-africaines dès 1945. Les cinq Taylorcraft encore en état de fonctionner y sont progressivement regroupés et numérotés désormais 51.S-5 à 51.S-9. Ils y sont utilisés pour l’entraînement de base des jeunes pilotes. Décrit comme solide et sûr, le Taylorcraft est apprécié tant des élèves que des instructeurs. Malheureusement les cellules commencent à vieillir et un remplaçant est demandé. Sept autres Taylorcraft sont intégrés à cette unité en 1946 et 1947 (51.S-1 à 51.S-7). À la fin de 1948, lorsque des biplans Stampe sont enfin livrés, seuls trois exemplaires de Taylorcraft sont encore en état de voler.
En juin 1950, ils sont testés pour la pulvérisation d’insecticide, la lutte contre les moustiques étant une mission d’utilité publique en Afrique du Nord en général.
Le dernier Taylorcraft est retiré officiellement du service de la Marine nationale en 1953.
Au total, 2'142 exemplaires ont été construits dans de nombreuses versions, dont une grande partie a servi sous les drapeaux.
Après la guerre, des L-2 sont convertis à des fins civiles et exploités aux États-Unis sous le nom de Model DCO-65.
Plusieurs sont encore en état de vol de nos jours :
43-25823 : L2M exploité par la Commemorative Air Force.
43-26050 : L-2M exploité par le Texas Air Museum à Slaton, Texas.
D’autres exemplaires sont exposés :
42-35872 : L-2A en exposition statique au US Army Aviation Museum à Fort Novosel, en Alabama.
43-26110 : L-2M en exposition statique au Pima Air & Space Museum à Tucson, Arizona.
43-26433 : L-2M en exposition statique à l’Aerospace Museum of California à McClellan, en Californie.
43-26592 : L-2M en exposition statique au National Museum of the United States Air Force à Dayton, Ohio.
43-26104 : L-2M en exposition statique au Alaska Aviation Museum à Anchorage, en Alaska.
Un L-2 est également exposé au Fargo Air Museum, à Fargo, dans le Dakota du Nord.
Ancien pays utilisateur
- États-Unis :
USAAF- Taylorcraft Aviation L-2 (124 exemplaires)
- Taylorcraft Aviation L-2A (476 exemplaires)
- Taylorcraft Aviation L-2B (490 exemplaires)
- Taylorcraft Aviation L-2F (7 exemplaires)
- Taylorcraft Aviation L-2G (2 exemplaires)
- Taylorcraft Aviation L-2H (9 exemplaires)
- Taylorcraft Aviation L-2J (5 exemplaires)
- Taylorcraft Aviation L-2K (4 exemplaires)
- Taylorcraft Aviation L-2L
- Taylorcraft Aviation L-2M Grasshopper (900 exemplaires)
Versions
- Taylorcraft Aviation L-2 : Nouvelle désignation de l’YO-57 et l’O-57 à partir de 1942. 50 nouveaux exemplaires construits, soit un total de 124.
- Taylorcraft Aviation L-2A : Nouvelle désignation de l’O-57A à partir de 1942. 140 nouveaux exemplaires construits, soit un total de 476.
- Taylorcraft Aviation L-2B : L-2A modifiés pour le repérage de l’artillerie avec un moteur Continental A65-8 de 65 ch et des sièges en tandem, 490 construits.
- Taylorcraft Aviation L-2F : 7 exemplaires de Taylorcraft BL65 avec des sièges côte à côte et un moteur Lycoming O-145-B1 de 65 ch, dont l’un était à l’origine désigné UC-95.
- Taylorcraft Aviation L-2G : 2 exemplaires de Taylorcraft BF65 avec des sièges côte à côte et un moteur Franklin 4AC-150-50 de 50 ch. ; réquisitionné par l’USAAF.
- Taylorcraft Aviation L-2H : 9 exemplaires de Taylorcraft BC12-65 avec des sièges côte à côte et un moteur Continental A65-7 de 65 ch. ; réquisitionné par l’USAAF.
- Taylorcraft Aviation L-2J : 5 exemplaires de Taylorcraft BL12-65 avec des sièges côte à côte et un moteur Lycoming O-145-B1 de 65 ch. ; réquisitionné par l’USAAF.
- Taylorcraft Aviation L-2K : Quatre Taylorcraft Model BF12-65 avec des sièges côte à côte et un moteur Franklin 4AC-176-B2 de 65 ch. ; réquisitionné par l’USAAF.
- Taylorcraft Aviation L-2L : Taylorcraft BF60 avec sièges côte à côte et un moteur Franklin 4AC-171 de 60 ch. ; réquisitionné par l’USAAF.
- Taylorcraft Aviation L-2M Grasshopper : L-2A avec capots moteur ajusté, spoilers d’aile et sièges en tandem, 900 construits.
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Taylorcraft Aviation Model D
: Version initiale civile dérivée du Taylorcraft Model B, muni de deux sièges en tandem et de doubles-commandes. Premier vol en 1941, 3'170 exemplaires construits.
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Taylorcraft Aviation DC65
: Première version du Taylorcraft D, présenté publiquement en février 1941 et motorisé par un Continental A65-8 de 65ch (48kW).
- Taylorcraft Aviation L-2C : 13 exemplaires de Taylorcraft DC65 civils avec sièges en tandem ; réquisitionnés par l’USAAF.
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Taylorcraft Aviation DF65
: Version du Taylorcraft D motorisée par un Franklin 4AC-176 de 65ch (48kW).
- Taylorcraft Aviation L-2E : 10 exemplaires de Taylorcaft DF65 motorisé avec un Franklin 4AC-176-B2 de 65 ch et des sièges en tandem ; réquisitionné par l’USAAF.
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Taylorcraft Aviation DL65
: Version du Taylorcraft D motorisée par un Lycoming O-145-B2 de 65ch (48kW).
- Taylorcraft Aviation L-2D : 1 exemplaire de Taylorcraft DL65 avec sièges en tandem ; réquisitionné par l’USAAF.
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Taylorcraft Aviation DC65
: Première version du Taylorcraft D, présenté publiquement en février 1941 et motorisé par un Continental A65-8 de 65ch (48kW).
- Taylorcraft Aviation O-57 : Version de production initiale avec des modifications mineures, un moteur O-170-3 de 65 ch et des sièges en tandem. 70 exemplaires construits, rebaptisé L-2 en 1942.
- Taylorcraft Aviation O-57A : O-57 avec une cabine modifiée, une radio militaire et un siège d’observateur pouvant faire face à l’arrière. 336 construits, redésignés L-2A.
- Taylorcraft Aviation YO-57 : Taylorcraft Model D militarisés et prévus pour les manœuvres en 1941, quatre exemplaires utilisés pour l’évaluation avec un moteur YO-170-3 de 65 ch et des sièges en tandem. Devient plus tard le L-2.