Sud-Ouest SO.4050 Vautour II

Rappels

  • Catégorie : Avion de combat
  • Constructeur : Sud-Ouest drapeau du pays
  • Premier vol : 16 octobre 1952
  • Production : 149 appareils construits (cellules neuves)

Historique

Le Vautour doit son origine à une demande de l'armée de l'air pour un chasseur lourd biréacteur. Jean-Charles Parot propose alors un dérivé de son SO-4000, le SO-4050. Outre des dimensions réduites, les réacteurs étaient alors placés dans des nacelles d'ailes, dont la flèche est de 35°. Une soute de 5 mètres permettait d'emporter des charges supplémentaires. Le projet est accepté en mai 1952.

Le premier prototype S.O. 4050-01, un Vautour IIN, effectue son premier vol le 16 octobre 1952 Jacques Guignard (pilote) et Michel Rétif (mécanicien). Il s'agit d'un biplace de chasse tout-temps. Rééquipé de moteurs Atar 101C, il dépasse le mur du son le 30 juin 1953. Il sera construit à 70 exemplaires et 63 servirent notamment au sein du 1/30 Loire et 3/30 Lorraine, ainsi que les Vautour IIA. Il était équipé d'un radar DRAC-25AI ou DRAC-32AI, et, de fait, la seule version capable d'opérer de nuit et d'employer des missiles.

Le prototype S.O. 4050-02 du Vautour IIA décolla lui pour la première fois le 16 décembre 1953. C'est une variante d'attaque au sol monoplace, équipée d'Atar 101D, qui sera construite à 30 exemplaires. L'armée de l'air en utilisa 13 exemplaires au sein de l'escadron 3/30 Lorraine, bien qu'elle n'en ait pas vraiment besoin. La commande fut maintenue afin de ne pas perturber la chaîne de fabrication des version suivantes. Ils seront plus tard proposés à l'export.

Le prototype S.O. 4050-03 du Vautour IIB vole pour la première fois le 5 décembre 1954. Il s'agit d'une version biplace de bombardement, propulsé par 2 Armstrong Siddeley Sapphire. Le 2e membre d'équipage prenait place dans un nez vitré et se servait d'un viseur Norden, le IIB étant dépourvu de radar de navigation et de bombardement. 40 exemplaires seront construits et 36 appareils serviront au sein du 1/92 Bourgogne et 2/92 Aquitaine, complétés par des Vautour IIN. Les IIB avaient apparemment une capacité de frappe nucléaire, armés d'une bombe AN-11 ou 22. Certains furent modifiés plus tard en BR de reconnaissance, en GE de guerre électronique, voire au remorquage de cible.



En plus des 3 premiers prototypes, 6 avions de présérie équipés d'Atar 101D et E serviront aux essais. Les premiers exemplaires de série sont livrés en 1956, et l'appareil se révèle maniable et facile à piloter malgré son aspect massif.

Ils serviront notamment à prélever des échantillons dans le nuage radioactif lors des essais nucléaires à Mururoa. 5 d'entre eux seront tellement contaminés qu'on devra les immerger. L'appareil sera retiré du service en France en 1978, mais servira au CEV pour des essais de radar encore plusieurs années.

Israël fut le seul pays à en recevoir à l'exportation : Afin de remplacer ses Mosquitos et Meteor, et de compléter les Ouragan et Mystère IV, les Israéliens évaluent le Vautour en 1956. Comme toujours, l'achat et la livraison se fit dans le plus grand secret, afin d'éviter toute complication internationale. 17 Vautour IIA neufs furent achetés, livrés en 1957 et affectés au Tayeset 110 à Ramat David. 2 Vautour IIA d'occasion les rejoindront en 1967 et 1969, malgré l'embargo, mais avec la complicité de certains officiels de l'armée de l'air. Ces appareils, comparables au Il-28, donnèrent une capacité de frappe lourde à longue distance.

7 Vautour IIN remplacèrent les Meteor NF.13 au sein du Tayeset 119 à Tel Nof en 1958, dédiés aux missions de défense aérienne tout-temps. Un de ces appareils fut échangé contre un ancien exemplaire français en 1964, ce qui explique qu'on trouve parfois le chiffre de 8 V2N en Israël. Ils seront complétés par 4 Vautour IIB livrés à partir de 1958 et destinés à la reconnaissance lointaine au sein de la même unité. Leur apparition publique eut lieu en 1958 alors que l'entraînement venait à peine de démarrer. Ils connaîtront le feu le 13 novembre 1964 contre des positions syriennes.

Le 5 juin 1967, 25 d'entre eux participèrent aux bombardements des principaux aérodromes ennemis. Ils firent 5 à 6 missions par jour, l'approvisionnement ne durant que 7 à 8 minutes. Après avoir détruit au sol bon nombre d'Il-28 et Tu-16 au sol. L'ultime de la journée consista en un raid de 2400 km jusqu'à la base aérienne de Ras Bana, quasiment à la frontière soudanaise. Pour l'effectuer, l'aller et le retour se firent sur un seul réacteur… 4 appareils furent perdus au cours de la guerre des 6 jours, et 3 autres lors de la guerre d'attrition. Au moins une victoire fut remportée, sur un Hunter irakien. Après l'embargo, le manque de pièces de rechanges fit que la disponibilité chuta, et le Vautour fut finalement remplacé par le F-4E en 1971. Ce fut un appareil très apprécié en Israël.



Bien que construit à seulement 149 exemplaires (prototypes et présérie compris), le Vautour fut un appareil particulièrement réussi, apte à remplir de nombreuses missions. La particularité de son train d'atterrissage monotrace avec les balancines logées dans les nacelles réacteurs en faisait un appareil délicat à atterrir, et l'autre reproche tenait à sa sous-motorisation latente. Cependant, outre la sécurité apportée par ses 2 réacteurs, il fut apprécié pour son rayon d'action, sa robustesse, sa facilité de remise en œuvre, et sa capacité d'emport. Il fut le premier biréacteur supersonique français et son premier bombardier nucléaire.


Texte de Clansman.

Anciens pays utilisateurs

Versions

  • Sud-Ouest SO-4010 : Projet préfigurant le SO-4050 Vautour II.
  • Sud-Ouest SO-4015 : Projet préfigurant le SO-4050 Vautour II.
  • Sud-Ouest SO-4054 : Version non construite du SO-4050 Vautour II.
  • Sud-Ouest SO-4055 : Version non construite du SO-4050 Vautour II.
  • Sud-Ouest SO-4058 : Version non construite du SO-4050 Vautour II.
  • Sud-Ouest Vautour IIA : Version monoplace d'attaque au sol, 30 exemplaires.
  • Sud-Ouest Vautour IIB : Version de bombardement biplace avec un nez vitré, 40 exemplaires.
  • Sud-Ouest Vautour IIN : Variante de chasse biplace, 70 exemplaires.

Sur le forum…

  • ok, merci pour l'info
    Et tous ces points d'exclamation, vous avez remarqué ? Cinq ! C'est la marque d'un aliéné qui porte son slip sur la tête. L'opéra fait cet effet à certains.Terry Pratchett
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  • J'aurais dit pour ma part un bidon de napalm* et un lance-roquettes.

    *Il me parait bien trop petit pour être un réservoir largable.
    Mieux vaut poser une question et avoir l' air idiot 5 minutes que de se taire et de le rester.Le meilleur bretteur au monde ne craint point son dauphin, il craint le pire bretteur au monde, parce ce qu' il est incapable de deviner ce que cet imbécile va faire.
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  • d9pouces a écrit

    Je n'avais jamais vu la première, d'ailleurs.

    Qu'a sous les ailes le second ?

    pour moi c'est un réservoir auxilliaire plus un lance roquette … mais après je ne sus pas un expert !!
    « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »Philippe Leclerc de Hauteclocque"your number two is just decolling" Sastrou
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  • Je n'avais jamais vu la première, d'ailleurs.

    Qu'a sous les ailes le second ?
    Et tous ces points d'exclamation, vous avez remarqué ? Cinq ! C'est la marque d'un aliéné qui porte son slip sur la tête. L'opéra fait cet effet à certains.Terry Pratchett
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  • J'adore ces différentes panoplies de livrée. :)
    ¤ Nicolas Sur AMN : Nico2, inscrit le 09 Jan 2006, 16:45>> N'oubliez pas de lire et de relire le Règlement du forum.>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • Vautour IIA (en service de 1957 à 1971)
    Image

    Vautour IIBR (en service de 1960 à 1971)
    c'est le dernier exemplaire en service dans l'IAF
    Image

    Vautour IIN (en service de 1958 à 1971)
    Image
    le Quiz aviation
      Lien   Revenir ici   Citer modifié par stanak le March 18, 2017, 6:57 p.m.
  • Le Vautour sur le site

    Avec mise à jour sur les avions d'Israël, grâce au Air Fan n°346, septembre 2007.
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
      Lien   Revenir ici   Citer
  • Le Vautour doit son origine à une demande de l'armée de l'air pour un chasseur lourd biréacteur. Jean-Charles Parot propose alors un dérivé de son SO-4000, le SO-4050. Outre des dimensions réduites, les réacteurs étaient alors placés dans des nacelles d'ailes, dont la flèche est de 35°. Une soute de 5 mètres permettait d'emporter des charges supplémentaires. Le projet est accepté en mai 1952.

    Le premier prototype S.O. 4050-01, un Vautour IIN, effectue son premier vol le 16 octobre 1952 Jacques Guignard (pilote) et Michel Rétif (mécanicien). Il s'agit d'un biplace de chasse tout-temps. Rééquipé de moteurs Atar 101C, il dépasse le mur du son le 30 juin 1953. Il sera construit à 70 exemplaires et 63 servirent notamment au sein du 1/30 Loire et 3/30 Lorraine, ainsi que les Vautour IIA. Il était équipé d'un radar DRAC-25AI ou DRAC-32AI, et, de fait, la seule version capable d'opérer de nuit et d'employer des missiles.

    Le prototype S.O. 4050-02 du Vautour IIA décolla lui pour la première fois le 16 décembre 1953. C'est une variante d'attaque au sol monoplace, équipée d'Atar 101D, qui sera construite à 30 exemplaires. L'armée de l'air en utilisa 13 exemplaires au sein de l'escadron 3/30 Lorraine, bien qu'elle n'en ait pas vraiment besoin. La commande fut maintenue afin de ne pas perturber la chaîne de fabrication des version suivantes. Ils seront plus tard proposés à l'export.

    Le prototype S.O. 4050-03 du Vautour IIB vole pour la première fois le 5 décembre 1954. Il s'agit d'une version biplace de bombardement, propulsé par 2 Armstrong Siddeley Sapphire. Le 2e membre d'équipage prenait place dans un nez vitré et se servait d'un viseur Norden, le IIB étant dépourvu de radar de navigation et de bombardement. 40 exemplaires seront construits et 36 appareils serviront au sein du 1/92 Bourgogne et 2/92 Aquitaine, complétés par des Vautour IIN. Les IIB avaient apparemment une capacité de frappe nucléaire, armés d'une bombe AN-11 ou 22. Certains furent modifiés plus tard en BR de reconnaissance, en GE de guerre électronique, voire au remorquage de cible.

    En plus des 3 premiers prototypes, 6 avions de présérie équipés d'Atar 101D et E serviront aux essais. Les premiers exemplaires de série sont livrés en 1956, et l'appareil se révèle maniable et facile à piloter malgré son aspect massif.

    Ils serviront notamment à prélever des échantillons dans le nuage radioactif lors des essais nucléaires à Mururoa. 5 d'entre eux seront tellement contaminés qu'on devra les immerger. L'appareil sera retiré du service en France en 1978, mais servira au CEV pour des essais de radar encore plusieurs années.

    Israël fut le seul pays à en recevoir à l'exportation : Afin de remplacer ses Mosquitos et Meteor, et de compléter les Ouragan et Mystère IV, les Israéliens évaluent le Vautour en 1956. Comme toujours, l'achat et la livraison se fit dans le plus grand secret, afin d'éviter toute complication internationale. 17 Vautour IIA neufs furent achetés, livrés en 1957 et affectés au Tayeset 110 à Ramat David. 2 Vautour IIA d'occasion les rejoindront en 1967 et 1969, malgré l'embargo, mais avec la complicité de certains officiels de l'armée de l'air. Ces appareils, comparables au Il-28, donnèrent une capacité de frappe lourde à longue distance.

    7 Vautour IIN remplacèrent les Meteor NF.13 au sein du Tayeset 119 à Tel Nof en 1958, dédiés aux missions de défense aérienne tout-temps. Un de ces appareils fut échangé contre un ancien exemplaire français en 1964, ce qui explique qu'on trouve parfois le chiffre de 8 V2N en Israël. Ils seront complétés par 4 Vautour IIB livrés à partir de 1958 et destinés à la reconnaissance lointaine au sein de la même unité. Leur apparition publique eut lieu en 1958 alors que l'entraînement venait à peine de démarrer. Ils connaîtront le feu le 13 novembre 1964 contre des positions syriennes. Le 5 juin 1967, 25 d'entre eux participèrent aux bombardement des principaux aérodromes ennemis. Ils firent 5 à 6 missions par jour, l'approvisionnement ne durant que 7 à 8 minutes. Après avoir détruit au sol bon nombre d'Il-28 et Tu-16 au sol. L'ultime de la journée consista en un raid de 2400 km jusqu'à la base aérienne de Ras Bana, quasiment à la frontière soudanaise. Pour l'effectuer, l'aller et le retour se firent sur un seul réacteur… 4 appareils furent perdus au cours de la guerre des 6 jours, et 3 autres lors de la guerre d'attrition. Au moins une victoire fut remportée, sur un Hunter irakien. Après l'embargo, le manque de pièces de rechanges fit que la disponibilité chuta, et le Vautour fut finalement remplacé par le F-4E en 1971. Ce fut un appareil très apprécié en Israël.

    Bien que construit à seulement 149 exemplaires (prototypes et présérie compris), le Vautour fut un appareil particulièrement réussi, apte à remplir de nombreuses missions. La particularité de son train d'atterrissage monotrace avec les balancines logées dans les nacelles réacteurs en faisait un appareil délicat à atterrir, et l'autre reproche tenait à sa sous-motorisation latente. Cependant, outre la sécurité apportée par ses 2 réacteurs, il fut apprécié pour son rayon d'action, sa robustesse, sa facilité de remise en œuvre, et sa capacité d'emport. Il fut le premier biréacteur supersonique français et son premier bombardier nucléaire.

    Vautour IIA

    Dimensions

    Longueur : 17,36 m
    Envergure : 15,10 m
    Hauteur : 4,94 m
    Surface alaire : 45 m²

    Masses

    A vide : 10000 kg
    maximale : 20000 kg

    Motorisation

    Moteur : 2 Snecma ATAR 101E
    Poussée : 7200 kgP

    Performances

    Vitesse maximale : 1000 km/h
    Plafond : 15240 m
    Distance franchissable : 1100 km

    Equipage : 1 pilote

    Armement : 4 canons de 30 mm et 7000 kg de charge offensive, en soute ou sous points d'emports.

    Pays utilisateurs : France, Israël.



    http://fr.wikipedia.org/wiki/SO-4050_Vautour


    http://pagesperso-orange.fr/jets.for.ever/Pages/vautour.htm


    http://www.avions-militaires.net/fiches/so4050.php


    http://www.avionslegendaires.net/sud-ouest-so-4050-vautour.php


    http://www.caea.info/fr/coll/vautour2b.php


    http://classic.eads.net/1024/fr/eads/history/airhist/1950_1959/SO._4050_Vautour.html


    http://en.wikipedia.org/wiki/Sud_Aviation_Vautour


    http://www.militaryfactory.com/aircraft/detail.asp?aircraft_id=361


    http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/History/vautour.html
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • erci pour vos info et je voulais dire que sur la fin de vie des Vautour beaucoup sont venuent à Mérignac (LFBD) pour être féraillés mais quelques uns sevaient avec d'autre avions notament e mirage 4 dans ses début à mérignac.
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  • Quand j'étais à Reims (BA 112) la 30ème escadre de chasse tout temps était équipé de Vautour et je les ai vus partir pour être remplacés par les Mirages F1…
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