Mil Mi-28 (OTAN : Havoc)

Rappels

  • Catégorie : Hélicoptère
  • Constructeur : Mil drapeau du pays
  • Premier vol : 10 novembre 1982
  • Production : 107 appareils construits (cellules neuves)

Historique

L’Union Soviétique n’a pas eu la même approche que les pays occidentaux en ce qui concerne les hélicoptères. Par rapport aux matériels occidentaux, les productions soviétiques étaient souvent plus lourdes, plus puissantes et surtout produites en bien plus grand nombre. De plus, elles ne répondaient pas toujours aux mêmes besoins. Tandis qu’à l’Ouest l’hélicoptère s’orienta très largement dans les années 1970 vers la lutte anti-chars au moyen d’appareils relativement légers, les Soviétiques lancèrent le Mil Mi-24 Hind, un véritable monstre surarmé, capable d’encaisser le feu ennemi et d’y répondre. Le Hind fut produit à des milliers d’exemplaires, répondant par son seul nombre à tous les besoins de l’Armée Rouge. Il était plus facile de modifier les appareils existants que d’en lancer un autre.

Cependant le Mi-24 manquait d’agilité et, malgré sa protection, demeurait vulnérable. Aussi, à partir des années 1970, les bureaux d’études soviétiques furent invités à travailler sur un nouvel appareil, plus léger et plus maniable, optimisé pour la lutte anti-chars.

Le programme avance globalement lentement : le design général du futur appareil n'est choisi qu'en 1977, après plusieurs années d’atermoiements. Le prototype de Mil est lancé en 1981 et prend son envol à la fin de l’année 1982. Toutefois, l’armée de l’air soviétique porte un premier coup sérieux au Mi-28, en décidant d’accorder sa priorité au projet de Kamov, le Ka-50.

Mil persévère cependant et finit par relancer son projet en 1988 en construisant un nouveau prototype, le Mi-28. Les essais se poursuivent pendant plusieurs années et il n’est pas impossible que des Mi-28 aient volé en Afghanistan, avant le retrait des forces soviétiques. Présenté officiellement au Bourget en 1989, le Mi-28A de série encaisse finalement deux autres coups très durs : la chute de l’URSS qui assèche du jour au lendemain la pompe à crédits et surtout, en 1994, un deuxième avis défavorable de l’armée de l’air russe. Le Ka-50 est de nouveau sélectionné, son concurrent étant notamment rejeté au motif qu’il ne peut voler par tout temps.



Quelques années plus tard, en 1997, Mil lance un nouvel appareil, le Mi-28N. Nettement supérieur au Mi-28A, il relance l’intérêt des autorités. Finalement, en 2002, le gouvernement russe désigne le Mi-28N comme le futur hélicoptère standard de l’armée russe, le Ka-50 étant affecté aux opérations spéciales.

Ressemblant par certains égards aux modèles occidentaux, notamment au AH-64 Apache, le Mi-28 – nommé Havoc par l’OTAN – est en réalité plus grand et plus lourd. Contrairement au Ka-50, il est de conception assez classique, avec un rotor principal quadripale et un rotor de queue, ainsi qu’un train tricycle non rétractable. Comme le Hind, il est doté de deux turbines, et d’un unité de puissance auxiliaire (APU). Ces turbines sont d’une puissance unitaire de 2200 ch (celles du Mi-28A étaient de 1950 ch chacune), propulsant l’hélicoptère à près de 300 kilomètres/heure.

Détail curieux, héritage de la première période de développement pendant laquelle les ingénieurs se sont inspirés du Mi-24, un petit espace a été aménagé dans le fuselage, pouvant accueillir deux à trois personnes. Un Havoc pourrait ainsi se poser sur le champ de bataille et récupérer un équipage abattu.

Un effort particulier a été consenti autour de la protection de l’appareil. Les pales du rotor sont données pour résister à des impacts de calibre 30 mm, tandis que les deux cockpits et le reste de l’habitacle sont lourdement blindés avec des plaques de titane et de céramique : derrière les vitres (la configuration en double cockpit du Havoc laisse moins de visibilité que sur le Hind), l’équipage est protégé contre les munitions de 12,7 mm, et les éclats d’obus. Selon le constructeur, il peut aussi survivre à une chute de l’appareil à basse altitude, jusqu’à une vitesse de 12 mètres/seconde, ou s’éjecter en parachute, en ouvrant les portes de chaque cockpit après avoir largué les ailettes.

Il dispose enfin de systèmes de contremesures (lance-leurres, détecteurs d’alerte laser). Enfin, il faut signaler que les ingénieurs ont également travaillé à réduire la signature du Havoc : les gaz d’échappement sont dirigés vers le bas, ce qui réduit la signature thermique d’environ 2,5 fois par rapport à celle du Hind. Ainsi protégés, les deux membres d’équipage sont à même d’évoluer dans un espace dangereux, pour mener à bien la tâche dévolue au Havoc : détruire les chars ennemis.



Alors que les premiers hélicoptères d’attaque soviétiques étaient assez peu sophistiqués, le Havoc dispose de tout un ensemble de systèmes électroniques de pointe. La plupart de ces systèmes sont montés dans le nez. Le Mi-28N emporte un radar de suivi de terrain, une boule TV/FLIR, un désignateur et un télémètre laser regroupés dans une même boule optronique, et enfin un radar de tir monté au sommet du mât rotor.

D’autres équipements sont disponibles ou en cours de développement, notamment un radar millimétrique Arbalet. Le pilote se charge du ciblage, tandis que l’opérateur sélectionne l’armement et ouvre le feu. Comme pour le Hind et le Hokum, l’armement du Havoc est conséquent, et il est d’autant plus redoutable que le Mi-28 est beaucoup plus maniable que le Mi-24. Sous le nez de l’appareil, les ingénieurs de Mil ont installé un canon 24A2 de 30 mm, avec 250 obus, dont la tourelle pivote sur 220° de côté et 13° vers le haut, et dont la vitesse des munitions est de 1000 mètres/seconde.

Quatre pylônes sont fixés sous les ailettes du Havoc : ils peuvent porter jusqu’à 16 missiles anti-chars, soit des 9M120 Ataka (OTAN : AT-9 Spiral 2) de 6 kilomètres de portée, soit des 9M114 Shturm (OTAN : AT-6 Spiral) de 5 km de portée. Naturellement, le Mil Mi-28 peut être doté de paniers lance-roquettes (roquettes S-8 de calibre 80 mm ou S-13 de calibre 122 mm), des canons en pods ou des missiles air-air SA-16 (OTAN : Gimlet), voire des bombes.

Concernant l'export, l'Irak a commandé 15 Mi-28NE en octobre 2012. L'Algérie a quant à elle commandé 42 exemplaires en mars 2014. En l'Inde, le Mi-28NE a finalement échoué face à l'AH-64E dans le cadre d'un programme d'acquisition de 22 hélicoptères de combat.

Pays utilisateurs

Versions

  • Mil Mi-28 : Prototypes.
  • Mil Mi-28A (OTAN : Havoc-A) : Version de série initiale. 2 exemplaires.
  • Mil Mi-28D : Version simplifiée sans radar ni FLIR pour les opérations diurnes uniquement.
  • Mil Mi-28L : Projet de version construite sous licence proposée à l'Irak en 1990.
  • Mil Mi-28N (OTAN : Havoc-B) : Version de combat par tout temps.
  • Mil Mi-28NAe : Projet de version proposée à la Corée du Nord.
  • Mil Mi-28NE : Version export du Mi-28N.
  • Mil Mi-28NM : Version améliorée du Mi-28N.
  • Mil Mi-28UB : Version d'entraînement et de combat du Mi-28N.
  • Mil Mi-40 : Projet de version de transport armé.

Sur le forum…

  • Intéressant ton lien ! Effectivement ça expliquerait bien des choses. Je suis néanmoins surpris par la liberté de ton des russes vis à vis de cette machine. Surtout après en avoir déjà reçu une centaine d'exemplaires !

    Ce qui est étrange c'est que le problème n'est pas soulever pour le Ka-52 ni le Mi-35M, pourtant l'avionique liée à la vision nocturne doit être sensiblement la même.
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • Retour d'expérience de Syrie: le Mi-28 a encore des soucis de fiabilité et conception.
    Mieux vaut poser une question et avoir l' air idiot 5 minutes que de se taire et de le rester.Le meilleur bretteur au monde ne craint point son dauphin, il craint le pire bretteur au monde, parce ce qu' il est incapable de deviner ce que cet imbécile va faire.
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  • 1er vol du prototype du Mi-28NM le 12 octobre
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • Des jolies images du Mi-28NM !
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • Cette vitesse était celle des spécifications évoquées pour le projet. Dans les faits, elle n'est pas atteignable.
    Ah que je destroye tout ! Ou pas. :pSur AMN : Ciders, commandeur suprême, 10872 messages, inscrit le 02 septembre 2006, à 22 h 18
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  • ciders a écrit

    On ne l'attendait plus, il arrive

    Première sortie officielle pour le Mil Mi-28NM.

    Vitesse max de 600 km/h? ben voyons! encore un petit effort et il sera supersonique :sygus:
    Mieux vaut poser une question et avoir l' air idiot 5 minutes que de se taire et de le rester.Le meilleur bretteur au monde ne craint point son dauphin, il craint le pire bretteur au monde, parce ce qu' il est incapable de deviner ce que cet imbécile va faire.
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  • glwpatton a écrit

    On peut admirer l'habituelle finesse aérodynamique de ces appareils :mrgreen:

    Grâce et élégance, des notions bien russes à ne pas en douter :D
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • On peut admirer l'habituelle finesse aérodynamique de ces appareils :mrgreen:
    «Il y a des moments où il est bon d'écouter sa peur et d'autres où il est plus sage de faire comme si elle n'existait pas.»George S. PattonLa page de ma "boite" : RiumMon blog : Certaines idées
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  • Enfin, il est là ! :) Curieux n'empêche de sortir une version modernisée alors que la dual-control vient à peine d'entrer en service ! Extérieurement excepté le nez les deux appareils sont relativement similaires ! D'ailleurs il est un peu plus moche dans son nez
    "Un avion c'est une cible, deux avions c'est une arme" Werner Mölders
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  • On ne l'attendait plus, il arrive

    Première sortie officielle pour le Mil Mi-28NM.
    Ah que je destroye tout ! Ou pas. :pSur AMN : Ciders, commandeur suprême, 10872 messages, inscrit le 02 septembre 2006, à 22 h 18
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