Mitsubishi 2MR8

Rappels

  • Catégorie : Avion de reconnaissance et d'observation
  • Constructeur : Mitsubishi drapeau du pays drapeau du pays
  • Premier vol : 28 mars 1931
  • Production : 234 appareils construits (cellules neuves)
  • Missions : Attaque au sol, Reconnaissance

Historique

Cinq ans après le lancement d'un programme visant à doter l'Armée impériale d'un avion de reconnaissance, celle-ci émit une nouvelle demande, cette fois pour un avion de reconnaissance rapprochée. En 1928, Kawasaki avait remporté la mise avec son KDA-2, développé notamment sous la direction de l'ingénieur allemand Richard Vogt. En 1930 cependant, l'entreprise ne fut pas retenue, et l'Armée s'adressa à la firme Mitsubishi.

Mitsubishi s'était d'abord lancée dans la production de moteurs d'avions, sous licence, en 1916-1917, avant de débuter la production d'avions militaires. Elle produisait aussi bien pour l'Armée que pour la Marine impériale.

La demande des autorités étaient assez vagues. Mitsubishi décida donc de démarrer la conception de deux prototypes radicalement différents. Le premier, désigné 2MR7, était un biplan monomoteur d'allure classique. Le second était le 2MR8. Il attira rapidement l'attention des décideurs, et finit par s'imposer face au 2MR7. Il faut signaler qu'il avait été conçu en coopération avec un ingénieur français, Henri Vernisse (plusieurs appareils japonais de cette époque furent aussi développés en imitant des appareils français, ou avec le concours d'ingénieurs français).

Un premier prototype fut livré en mars 1931 et effectua son vol initial à la fin du mois. Il fallut cependant encore plusieurs mois de travaux pour que l'appareil satisfasse enfin l'Armée. On réduisit d'abord la taille du fuselage et la surface alaire, avant de modifier la motorisation. Le Mitsubishi A2 initialement prévu, d'une puissance de 300 ch, fut remplacé par un A2 Kaï (345 ch) puis par le A5 de 400 ch. Finalement, après avoir produit 3 prototypes et 5 appareils expérimentaux, l'Armée donna son aval au démarrage de la production en série du type en 1932 : le 2MR8 reçut la désignation officielle appareil de reconnaissance de l'Armée type 92. La production débuta en avril 1932.

Le 2MR8 était un monoplan à aile parasol. Cette configuration consistait en une seule aile, implantée au-dessus du fuselage. Elle était reliée au fuselage par deux grands haubans métalliques, montés en biais. La structure était entièrement métallique. Le train d'atterrissage était fixe, et caréné (les carénages étant souvent démontés sur le terrain). Il n'y avait pas de roulette de queue, mais une simple béquille.

L'équipage se composait d'un pilote et d'un mitrailleur, installés dans deux postes d'équipage séparés sans verrière, le premier juste au niveau de la voilure. Le moteur A5, monté à l'avant du fuselage, entraînait une hélice bipale métallique, à pas fixe. Ce propulseur se distinguait par le fait qu'il était le premier moteur de conception entièrement japonaise. Il permettait à l'appareil de dépasser les 200 km/h en pointe. L'autonomie était légèrement réduite par rapport au KDA-2 (900 km contre 1 100 km).

L'armement du 2MR8 comportait deux mitrailleuses frontales de calibre 7,7 mm, le mitrailleur mettant en œuvre une troisième mitrailleuse de même calibre, sur un affût orientable Scarff. Il pouvait aussi inclure plusieurs bombes, jusqu'à 120 kg de charge extérieure au totale.

Les premiers appareils de série parvinrent aux unités combattantes et furent rapidement envoyés en Mandchourie, pour soutenir l'avance des troupes japonaises au sol, engagées dans une nouvelle guerre contre la Chine. Légers et manoeuvrants, capables d'attaquer efficacement des cibles terrestres, et profitant de la domination aérienne des chasseurs japonais, le 2MR8 s'imposa rapidement comme un appareil très utile.

Démunis de radio, les équipages de 2MR8 utilisaient un astucieux système de récupération de messages transmis par les unités japonaises au sol : le mitrailleur tendait une perche afin de récupérer un message attaché à une corde tendue au sol entre deux autres perches. Il fallait pour cela que le pilote vole près du sol, et à vitesse réduite, mais le système s'avéra assez efficace.

Au total, 230 appareils furent construits, jusqu'en 1936. L'immense majorité servit dans les unités de l'Armée impériale, quelques appareils étant fournis à la petite aviation du Mandchoukuo, petit État crée par les Japonais en Mandchourie. Les 2MR8 servirent essentiellement en Chine. Ils furent rapidement remplacés entre 1936 et 1937 par des appareils plus modernes. Ils ne reçurent donc pas de code de la part des Alliés, et ne participèrent pas à la Seconde Guerre Mondiale.

Un unique exemplaire fut vendu aux chemins de fer japonais : il se distinguait des autres 2MR8 par son cockpit vitré.




Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Anciens pays utilisateurs

Caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 1 770 kg (3 902 lbs)
  • Masse à vide : 1 060 kg (2 337 lbs)
  • Surface alaire : 26 m² (280 sq. ft)
  • Hauteur : 3,48 m (11,417 ft)
  • Envergure : 12,75 m (41,831 ft)
  • Longueur : 8,51 m (27,92 ft)

Équipage

  • Équipage : 2

Performances

  • Endurance maximale : 5 h
  • Distance franchissable : 900 km (559 mi, 486 nm)
  • Plafond opérationnel : 5 700 m (18 701 ft)
  • Vitesse maximale HA : 220 km/h (137 mph, 119 kts)
  • Rapport puissance/masse maxi au décollage : 0.17 kW/kg
  • Charge alaire maxi au décollage : 68.08 kg/m²
  • Rapport puissance/masse à vide : 0.28 kW/kg
  • Charge alaire à vide : 40.77 kg/m²

Motorisation

  • 1 × moteur à cylindres en étoile Mitsubishi A5 de 294 kW (400 ch, 395 hp)

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    Cinq ans après le lancement d'un programme visant à doter l'Armée impériale d'un avion de reconnaissance, celle-ci émit une nouvelle demande, cette fois pour un avion de reconnaissance rapprochée. En 1928, Kawasaki avait remporté la mise avec son KDA-2, développé notamment sous la direction de l'ingénieur allemand Richard Vogt. En 1930 cependant, l'entreprise ne fut pas retenue, et l'Armée s'adressa à la firme Mitsubishi.

    Mitsubishi s'était d'abord lancée dans la production de moteurs d'avions, sous licence, en 1916-1917, avant de débuter la production d'avions militaires. Elle produisait aussi bien pour l'Armée que pour la Marine impériale.

    La demande des autorités étaient assez vagues. Mitsubishi décida donc de démarrer la conception de deux prototypes radicalement différents. Le premier, désigné 2MR7, était un biplan monomoteur d'allure classique. Le second était le 2MR8. Il attira rapidement l'attention des décideurs, et finit par s'imposer face au 2MR7. Il faut signaler qu'il avait été conçu en coopération avec un ingénieur français, Henri Vernisse (plusieurs appareils japonais de cette époque furent aussi développés en imitant des appareils français, ou avec le concours d'ingénieurs français).

    Un premier prototype fut livré en mars 1931 et effectua son vol initial à la fin du mois. Il fallut cependant encore plusieurs mois de travaux pour que l'appareil satisfasse enfin l'Armée. On réduisit d'abord la taille du fuselage et la surface alaire, avant de modifier la motorisation. Le Mitsubishi A2 initialement prévu, d'une puissance de 300 ch, fut remplacé par un A2 Kaï (345 ch) puis par le A5 de 400 ch. Finalement, après avoir produit 3 prototypes et 5 appareils expérimentaux, l'Armée donna son aval au démarrage de la production en série du type en 1932 : le 2MR8 reçut la désignation officielle appareil de reconnaissance de l'Armée type 92. La production débuta en avril 1932.

    Le 2MR8 était un monoplan à aile parasol. Cette configuration consistait en une seule aile, implantée au-dessus du fuselage. Elle était reliée au fuselage par deux grands haubans métalliques, montés en biais. La structure était entièrement métallique. Le train d'atterrissage était fixe, et caréné (les carénages étant souvent démontés sur le terrain). Il n'y avait pas de roulette de queue, mais une simple béquille.

    L'équipage se composait d'un pilote et d'un mitrailleur, installés dans deux postes d'équipage séparés sans verrière, le premier juste au niveau de la voilure. Le moteur A5, monté à l'avant du fuselage, entraînait une hélice bipale métallique, à pas fixe. Ce propulseur se distinguait par le fait qu'il était le premier moteur de conception entièrement japonaise. Il permettait à l'appareil de dépasser les 200 km/h en pointe. L'autonomie était légèrement réduite par rapport au KDA-2 (900 km contre 1 100 km).

    L'armement du 2MR8 comportait deux mitrailleuses frontales de calibre 7,7 mm, le mitrailleur mettant en oeuvre une troisième mitrailleuse de même calibre, sur un affût orientable Scarff. Il pouvait aussi inclure plusieurs bombes, jusqu'à 120 kg de charge extérieure au totale.

    Les premiers appareils de série parvinrent aux unités combattantes et furent rapidement envoyés en Mandchourie, pour soutenir l'avance des troupes japonaises au sol, engagées dans une nouvelle guerre contre la Chine. Légers et manoeuvrants, capables d'attaquer efficacement des cibles terrestres, et profitant de la domination aérienne des chasseurs japonais, le 2MR8 s'imposa rapidement comme un appareil très utile.

    Démunis de radio, les équipages de 2MR8 utilisaient un astucieux système de récupération de messages transmis par les unités japonaises au sol : le mitrailleur tendait une perche afin de récupérer un message attaché à une corde tendue au sol entre deux autres perches. Il fallait pour cela que le pilote vole près du sol, et à vitesse réduite, mais le système s'avéra assez efficace.

    Au total, 230 appareils furent construits, jusqu'en 1936. L'immense majorité servit dans les unités de l'Armée impériale, quelques appareils étant fournis à la petite aviation du Mandchoukuo, petit Etat crée par les Japonais en Mandchourie. Les 2MR8 servirent essentiellement en Chine. Ils furent rapidement remplacés entre 1936 et 1937 par des appareils plus modernes. Ils ne reçurent donc pas de code de la part des Alliés, et ne participèrent pas à la Seconde Guerre Mondiale.

    Un unique exemplaire fut vendu aux chemins de fer japonais : il se distinguait des autres 2MR8 par son cockpit vitré.

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    Caractéristiques :

    Mitsubishi 2MR8 :

    Type :

    Appareil de reconnaissance

    Equipage :

    2 hommes

    Moteur :

    1 Mitsubishi A5 refroidi par air, de 9 cylindres en étoile, d'une puissance unitaire de 400 ch (475 au décollage)

    Poids :

    Masse à vide : 1 060 kg
    Masse maximale au décollage : 1 770 kg

    Performances :

    Vitesse maximale : 220 km/h à 1 000 m
    Vitesse ascensionnelle : 3 000 m en 10 mn 30 s
    Plafond opérationnel : 5 700 m
    Autonomie : 900 km

    Dimensions :

    Envergure : 12,75 m
    Hauteur : 3,48 m
    Longueur : 8,51 m
    Surface alaire : 26 mètres carrés

    Armement :

    2 mitrailleuses frontales type 89 de calibre 7,7 mm (300 cartouches chacune)
    1 mitrailleuse orientable jumelée Type 89 de calibre 7,7 mm (2 x 3 boîtiers de 90 cartouches chacun)
    120 kg de bombes

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    Images :

    :arrow: Vue de profil
    :arrow: Vu de profil (mais de l'autre côté) de plusieurs 2MR8 au sol
    :arrow: L'unique 2MR8 "civil", appartenant aux chemins de fer japonais
    Ah que je destroye tout ! Ou pas. :pSur AMN : Ciders, commandeur suprême, 10872 messages, inscrit le 02 septembre 2006, à 22 h 18
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