UkrSpecSystems PD-2

Rappels

  • Catégorie : Drone
  • Constructeur : UkrSpecSystems drapeau du pays
  • Premier vol : 2020
  • Lancement du projet : 2016
  • Missions : Attaque au sol, Observation, Reconnaissance, Transport de fret, Drone, Drone d'attaque
UkrSpecSystems PD-2

Historique

Après l’invasion de la Crimée par la Russie en 2014, l’Ukraine réforme son armée et la modernise avec des équipements récents. Elle rencontre toutefois des difficultés à se procurer des drones et ne peut acheter que quelques Bayraktar TB-2 turcs. Pour compenser, des entreprises ukrainiennes développent à leur tour des appareils de cette catégorie, comme UkrSpec Systems qui présente en 2016 son PD-1 de reconnaissance et d’observation, destiné tant à une utilisation civile que militaire.

En 2020, UkrSpec Systems présente le PD-2, qui peut non seulement effectuer des missions de reconnaissance et d’observation, mais peut également emporter jusqu’à 8 kg de charge militaire.

Légèrement plus grand que son prédécesseur, le PD-2 garde la même configuration bipoutre. Sa structure en matériaux composites est entièrement constituée de fibres de carbone et de fibres de verre. Pour faciliter son transport, le drone peut être démonté et remonté en quelques minutes sans outils, grâce à un système de clips et de vis à serrer manuellement. Son fuselage est de section circulaire avec, à l’arrière, un moteur à quatre temps de 100 cm3 qui entraine une hélice propulsive bipale. Il alimente également tous les équipements à bord durant le vol par l’intermédiaire d’un générateur électrique de 500W. En cas de besoin, le moteur peut être démarré à distance depuis la station de contrôle au sol simplement en appuyant sur un bouton. Un silencieux est également intégré pour réduire la signature acoustique du drone. Les ailes, en position haute, sont effilées et munies d’ailettes à leurs extrémités. Elles supportent deux poutres de queues cylindriques sur lesquelles se trouvent la dérive en "V" inversé. Sous chaque poutre de queue, au niveau de la dérive, sont installés de petits stabilisateurs verticaux triangulaires. Le train d’atterrissage tricycle est fixe et lui permet de décoller et d’atterrir à partir de piste aménagée ou d’un tronçon de route. Un télémètre laser est installé pour permettre un atterrissage et un décollage précis. Le PD-2 est équipé de feux de navigation pour éviter les collisions de nuit et lors de conditions météorologiques difficiles, mais ils peuvent être éteints pour plus de discrétion durant les missions militaires.

Le PD-2 peut également décoller sans utiliser de piste, soit en étant catapulté, soit en décollant et en atterrissant à la verticale (VTOL – Vertical Take-Off and Landing).
Dans le premier cas, une catapulte pneumatique GLS-1A est utilisée pour le décollage. À son retour de mission, un parachute de récupération est déployé lorsqu’il se pose, rendant inutile son train d’atterrissage.
Les capacités VTOL (Vertical Take-Off Landing) sont obtenues, comme sur le PD-1, grâce au montage d’un kit comprenant deux tronçons d’aile d’une trentaine de centimètres environ, à installer entre le segment central et les panneaux extérieurs. Ces segments comportent une poutre, dépassant à l’avant du bord d’attaque et à l’arrière du bord de fuite, équipée de moteurs électriques entraînant des hélices bipales aux extrémités. Situées autour du centre de gravité du drone, ces hélices dirigées vers le bas lui donnent une capacité VTOL et une bonne stabilité dans ses évolutions verticales. Dans cette configuration, la charge utile est moindre (11kg au lieu de 19kg) et l’endurance est également un peu réduite (8h au lieu de 10h). Le montage ou le démontage de ce kit VTOL se fait en moins de 15 minutes.

Le PD-2 est équipé d’une tourelle comprenant une boule gyrostabilisée créée et développée en Ukraine. Elle contient une caméra Full HD muni d'un zoom optique 30x avec stabilisation numérique, ainsi qu’une caméra thermique HD, qui permettent d’effectuer ses missions d’observation, de détection, d'identification et de suivi des cibles de jour comme de nuit à plusieurs milliers de mètres d’altitude. D’autres équipements peuvent également être embarqués dans le compartiment de charge utile : LiDAR (Light Detection And Ranging - télémétrie Laser), IMSI catcher (écoute des communications de téléphonie mobile), radar SAR (RSO - radar à synthèse d'ouverture), relais de communication, etc.

Des modules amovibles sous les ailes et le fuselage lui permettent l’emport d’une cargaison jusqu’à un total de 8 kg. Il peut la larguer avec précision au-dessus de l’endroit prévu ou atterrir sur le site en mode VTOL et la déposer avant de redécoller. Cette marchandise peut être des médicaments, des munitions, des kits de sauvetage ou des bombes.

Comme le PD-1, le drone est équipé d’un système de navigation inertielle (INS) et d’un dispositif de navigation par satellite qui permettent de connaître sa position exacte. Les vols peuvent être pilotés à distance depuis la station de contrôle au sol ou être entièrement autonomes, du décollage à l’atterrissage, grâce au système de pilotage automatique. Une fonction de retour automatique permet au drone de rentrer à sa base en toute sécurité en cas de panne ou de perte de signal du système de navigation par satellite, qu’il soit en vol autonome ou piloté. Ses communications et son système de liaison de données, cryptés et sécurisés, utilisent les communications en visibilité directe (LoS), la 3G/evolution à long terme (LTE) et les communications par satellite (SATCOM) qui lui garantissent un rayon d’action de plus de 200 km de sa station de contrôle au sol (GCS). Cette dernière, bien que portable, est généralement installé dans une remorque de véhicule militaire intégrant également un groupe électrogène, une batterie de secours d’une autonomie de 2 heures et une antenne de suivi intégrée à un mât automatique d’une hauteur de 5 mètres.

En novembre 2020, le PD-2 est jugé opérationnel après la réussite des tests finaux à l'Institut national de recherche sur les tests et la certification des armes et des équipements militaires à Tchernihiv, en Ukraine. Il participe à des exercices militaires menés par l'armée ukrainienne en juin 2021 et il a également été présenté lors du défilé militaire du jour de l'indépendance qui s'est tenu à Kiev, en août 2021.

Bien que moins médiatisées que le Bayraktar TB-2, quelques PD-2 sont utilisés contre les forces russes lors de leur offensive contre l'Ukraine en 2022.

Après avoir remporté le concours Eurovision de la chanson 2022, le Kalush Orchestra a vendu la statuette qu’il a gagné pour 900’000 dollars et a transféré cette somme à l'armée ukrainienne, notamment pour l'achat d'un ensemble de drones PD-2.

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  • La fiche sur le site.
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein"Quand on change son fusil d'épaule, il y a intérêt à ne pas partir de la droite, sinon on passe l'arme à gauche."  Ph. Geluck
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  • Drone de reconnaissance, d’observation et d’attaque ukrainien des années 2020.

    Après l’invasion de la Crimée par la Russie en 2014, l’Ukraine réforme son armée et la modernise avec des équipements récents. Elle rencontre toutefois des difficultés à se procurer des drones et ne peut acheter que quelques Bayraktar TB-2 turcs. Pour compenser, des entreprises ukrainiennes développent à leur tour des appareils de cette catégorie, comme UkrSpec Systems qui présente en 2016 son PD-1 de reconnaissance et d’observation, destiné tant à une utilisation civile que militaire.

    En 2020, UkrSpec Systems présente le PD-2, qui peut non seulement effectuer des missions de reconnaissance et d’observation, mais peut également emporter jusqu’à 8 kg de charge militaire.

    Légèrement plus grand que son prédécesseur, le PD-2 garde la même configuration bipoutre. Sa structure en matériaux composites est entièrement constituée de fibres de carbone et de fibres de verre. Pour faciliter son transport, le drone peut être démonté et remonté en quelques minutes sans outils, grâce à un système de clips et de vis à serrer manuellement. Son fuselage est de section circulaire avec, à l’arrière, un moteur à quatre temps de 100 cm3 qui entraine une hélice propulsive bipale. Il alimente également tous les équipements à bord durant le vol par l’intermédiaire d’un générateur électrique de 500W. En cas de besoin, le moteur peut être démarré à distance depuis la station de contrôle au sol simplement en appuyant sur un bouton. Un silencieux est également intégré pour réduire la signature acoustique du drone. Les ailes, en position haute, sont effilées et munies d’ailettes à leurs extrémités. Elles supportent deux poutres de queues cylindriques sur lesquelles se trouvent la dérive en "V" inversé. Sous chaque poutre de queue, au niveau de la dérive, sont installés de petits stabilisateurs verticaux triangulaires. Le train d’atterrissage tricycle est fixe et lui permet de décoller et d’atterrir à partir de piste aménagée ou d’un tronçon de route. Un télémètre laser est installé pour permettre un atterrissage et un décollage précis. Le PD-2 est équipé de feux de navigation pour éviter les collisions de nuit et lors de conditions météorologiques difficiles, mais ils peuvent être éteints pour plus de discrétion durant les missions militaires.

    Le PD-2 peut également décoller sans utiliser de piste, soit en étant catapulté, soit en décollant et en atterrissant à la verticale (VTOL – Vertical Take-Off and Landing).
    Dans le premier cas, une catapulte pneumatique GLS-1A est utilisée pour le décollage. À son retour de mission, un parachute de récupération est déployé lorsqu’il se pose, rendant inutile son train d’atterrissage.
    Les capacités VTOL (Vertical Take-Off Landing) sont obtenues, comme sur le PD-1, grâce au montage d’un kit comprenant deux tronçons d’aile d’une trentaine de centimètres environ, à installer entre le segment central et les panneaux extérieurs. Ces segments comportent une poutre, dépassant à l’avant du bord d’attaque et à l’arrière du bord de fuite, équipée de moteurs électriques entraînant des hélices bipales aux extrémités. Situées autour du centre de gravité du drone, ces hélices dirigées vers le bas lui donnent une capacité VTOL et une bonne stabilité dans ses évolutions verticales. Dans cette configuration, la charge utile est moindre (11kg au lieu de 19kg) et l’endurance est également un peu réduite (8h au lieu de 10h). Le montage ou le démontage de ce kit VTOL se fait en moins de 15 minutes.

    Le PD-2 est équipé d’une tourelle comprenant une boule gyrostabilisée créée et développée en Ukraine. Elle contient une caméra Full HD muni d'un zoom optique 30x avec stabilisation numérique, ainsi qu’une caméra thermique HD, qui permettent d’effectuer ses missions d’observation, de détection, d'identification et de suivi des cibles de jour comme de nuit à plusieurs milliers de mètres d’altitude. D’autres équipements peuvent également être embarqués dans le compartiment de charge utile : LiDAR (Light Detection And Ranging - télémétrie Laser), IMSI catcher (écoute des communications de téléphonie mobile), radar SAR (RSO - radar à synthèse d'ouverture), relais de communication, etc.

    Des modules amovibles sous les ailes et le fuselage lui permettent l’emport d’une cargaison jusqu’à un total de 8 kg. Il peut la larguer avec précision au-dessus de l’endroit prévu ou atterrir sur le site en mode VTOL et la déposer avant de redécoller. Cette marchandise peut être des médicaments, des munitions, des kits de sauvetage ou des bombes.

    Comme le PD-1, le drone est équipé d’un système de navigation inertielle (INS) et d’un dispositif de navigation par satellite qui permettent de connaître sa position exacte. Les vols peuvent être pilotés à distance depuis la station de contrôle au sol ou être entièrement autonomes, du décollage à l’atterrissage, grâce au système de pilotage automatique. Une fonction de retour automatique permet au drone de rentrer à sa base en toute sécurité en cas de panne ou de perte de signal du système de navigation par satellite, qu’il soit en vol autonome ou piloté. Ses communications et son système de liaison de données, cryptés et sécurisés, utilisent les communications en visibilité directe (LoS), la 3G/evolution à long terme (LTE) et les communications par satellite (SATCOM) qui lui garantissent un rayon d’action de plus de 200 km de sa station de contrôle au sol (GCS). Cette dernière, bien que portable, est généralement installé dans une remorque de véhicule militaire intégrant également un groupe électrogène, une batterie de secours d’une autonomie de 2 heures et une antenne de suivi intégrée à un mât automatique d’une hauteur de 5 mètres.

    En novembre 2020, le PD-2 est jugé opérationnel après la réussite des tests finaux à l'Institut national de recherche sur les tests et la certification des armes et des équipements militaires à Tchernihiv, en Ukraine. Il participe à des exercices militaires menés par l'armée ukrainienne en juin 2021 et il a également été présenté lors du défilé militaire du jour de l'indépendance qui s'est tenu à Kiev, en août 2021.

    Bien que moins médiatisées que le Bayraktar TB-2, quelques PD-2 sont utilisés contre les forces russes lors de leur offensive contre l'Ukraine en 2022.

    Après avoir remporté le concours Eurovision de la chanson 2022, le Kalush Orchestra a vendu la statuette qu’il a gagné pour 900’000 dollars et a transféré cette somme à l'armée ukrainienne, notamment pour l'achat d'un ensemble de drones PD-2.


    Versions :
    PD-2 : Version de base.

    PD-2 VTOL : Version de base munie du dispositif de décollage et d’atterrissage vertical.


    Utilisateurs militaires :
    Ukraine : Au moins une vingtaine d’exemplaires livrés jusqu’au printemps 2022.


    Caractéristiques et performances PD-2 :
    Longueur : 2,85 m
    Envergure : 5 m
    Hauteur : 1,02m
    Masse maximale au décollage : 55 kg
    Charge utile : 19 kg
    Moteurs : un moteur à quatre temps de 100 cm3 qui brûle du gaz A95 combiné à de l'huile.
    Vitesse max basse altitude : 140 km/h
    Vitesse de croisière : 100 km/h
    Vitesse ascensionnelle : 3 m/s
    Vitesse de décrochage : 65 km/h
    Rayon d’action : 220 km
    Plafond opérationnel : 5'000 m
    Endurance : 10h
    Distance franchissable : 1’100 km
    Armement : jusqu’à 8 kg de charges diverses (bombes, grenades, etc.)



    Liens internet :
    https://www.unmannedsystemstechnology.com/company/ukrspecsystems/pd-2-uas-vtol-fixed-wing-uas/

    https://www.directindustry.fr/prod/ukrspecsystems/product-180961-2417477.html

    https://www.army-technology.com/projects/pd-2-unmanned-aerial-system-ukraine/

    https://en.wikipedia.org/wiki/PD-2

    https://uk.wikipedia.org/wiki/PD-2

    https://www.droneinspectionswa.com.au/product-page/ukr-specsystems-pd-1-fixed-wing-uas

    https://www.globalsecurity.org/military/world/ukraine/pd-2.htm

    https://www.armyrecognition.com/umex_2022_news_abu_dhabi_official_online_show_daily_media_partner/umex_2022_ukraine-made_pd-2_uas_in_flight_demo.html
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein"Quand on change son fusil d'épaule, il y a intérêt à ne pas partir de la droite, sinon on passe l'arme à gauche."  Ph. Geluck
      Lien   Revenir ici   Citer modifié par jericho le Aug. 8, 2022, 10:35 a.m.