Sud-Est SE-3200 Frelon

Rappels

Historique

Dès la fin de la seconde guerre mondiale, les forces armées françaises envisagent un hélicoptère de transport lourd. Le premier projet tourne autour du Fa 223 allemand, francisé en SE.3000, dont seuls 3 exemplaires sont construits. Le deuxième, le SE.3100, ne voit pas le jour puisque son démonstrateur le SE.3101 est un échec.

La situation se décante en 1955, lorsque les forces armées françaises désirent remplacer leur Sikorsky S-58 (H-34) qui servaient dans toutes les branches (Armée de l'Air, Marine Nationale et Armée de terre) et d'ailleurs assemblés par la SNCASE. Une des spécifications, demandée par la Marine, était qu'il devait peser moins de 5 tonnes en charge, soit 4500 kg, afin de l'utiliser sur les navires.

La SNCASE proposa le X 316, renommé SE.3200 "Frelon" (dont le premier nom était "Super Alouette") conçu par Charles Marchetti, et fit le choix d'un appareil tri-turbine, avec des moteurs liés entre eux afin d'éviter les risques de pannes moteurs et placés au-dessus de la cabine. Le choix de 3 turbines, dû aux vols de longue durée y compris au-dessus de la mer, semble être une première mondiale mais sera reprise sur le H-53 et l'AW101 Merlin entre autres. Les exemplaires de série devaient recevoir des Turmo IIC de 1000 cv chacun.

2 prototypes furent commandés par le STAé en 1956 et construits, qui reçurent des Turmo IIIB de 750 cv chacun, actionnant un rotor quadripale. Le train d'atterrissage était tricycle et fixe. La construction était entièrement métallique.

Le carburant était contenu dans deux réservoirs externes de 1500 litres chacun, libérant l'espace dans la cabine pour le chargement. Ces réservoirs étaient largables et remplaçables par des réservoirs de 3000 litres. La queue, assez courte, s'ouvrait à l'arrière pour permettre l'accès à la cabine. Celle-ci faisait 7 mètres de long pour 1,9 mètres de large.

Le SE.3200 pouvait emporter des jeeps, 28 passagers, 24 soldats entièrement équipés ou 15 blessés ainsi que 2 aides-soignants. La version navale devait servir à la lutte contre les sous-marins, au dragage de mines ou au transport de commandos. L'Armée de l'Air prévoyait pour lui le transport de VIP ou des missions Search & Rescue (10 rescapés).



Une Alouette II fut modifiée en SE.3140 afin de tester le rotor principal. Une turbine Turmo fut reliée à un rotor tripale raccourci de 2 mètres, mais les essais en vol montrèrent la nécessité de modifier le rotor. Le rotor de queue, lui, perdit une pale après 20 heures de fonctionnement.

Les 2 prototypes, SE.3200-001 et SE.3200-002, furent immatriculés respectivement F-ZWUS et F-ZWUT. Le premier avait un rotor de queue quadripale de 2,5 mètres, et le second un rotor de queue à 5 pales de 3 mètres de diamètre, récupéré sur un S-58. La poutre de queue du second était un peu plus longue que celle du premier. Ils effectuèrent leur premier vol respectivement le 10 juin 1959 et le 26 octobre la même année.

Le vol inaugural eut lieu au Bourget entre les mains de Jean Boulet et Roland Coffignot, pendant 24 minutes sans révéler de problèmes particuliers. A cette époque, la SNCASE faisait partie de Sud-Aviation depuis 1957. Des versions pour l'Armée et pour la Marine, ainsi que civiles, furent envisagées.

Mais les prototypes connurent nombre d'incidents mécaniques. La masse en particulier posait problème : le Frelon dépassait d'une tonne la masse demandée avec 1000 litres de carburant. Certains vols se terminèrent par des atterrissages d'urgence, heureusement sans dommage.

Le prototype 001 fut immobilisé pendant près de 9 mois : il effectue 14 vols en 10 heures 25 en juin 1960 à Brétigny, puis 15 autres vols en 11 h 35 de février à juillet 1962. Lors d'un vol du 002, le rotor de queue taillada le bout du fuselage… Celui-ci effectua 17 vols en 12 h 30 de septembre 1961 à février 1962 à Brétigny. Le total atteint 46 vols et 34 heures 30 minutes.

Le CEV de Brétigny critique sévèrement l'appareil : manque de mise au point des moteurs, qualités de vol très médiocres, masse à vide trop élevée par rapport à la masse maximale, mise en œuvre trop compliqué, doute sur le choix de l'auto-pilote Sperry… 2 autres problèmes, pas forcément pointés par le CEV, sont cependant mis en lumière : le SE.3200 ne dispose pas de porte extérieure et donc de treuil, et il n'est pas amphibie.



Malgré cela, il donna un avis favorable pour présenter l'appareil au salon du Bourget en 1961. Sud-Aviation travaillait déjà sur un projet encore plus prometteur : le futur SE.321 Super Frelon, dont le premier prototype vola en 1962. La diffusion du rapport du CEV fut restreinte justement pour éviter de compromettre ce dernier. 2 autres projets, les SA.3220 et 3230 sont abandonnés. La Marine Nationale retiendra le Super Frelon tandis que l'ALAT et l'Armée de l'Air lui préfère le futur Puma, descendant lui aussi du Frelon d'une certaine manière.

Le Frelon, d'après René Mouille, "montrait ce qu'il ne fallait pas faire sur un hélicoptère", mais les enseignements furent utiles pour la conception du Super Frelon. Les essais cessèrent en 1964 et les exemplaires ont manifestement été ferraillés.

Versions

  • Sud-Aviation SA-3220 : Projet dérivé du Frelon.
  • Sud-Aviation SA-3230 : Projet dérivé du Frelon.
  • Sud-Est SE-3200 : Prototypes. 2 exemplaires.

Sur le forum…

  • Merci pour cette fiche Clans. :)
    ¤ Nicolas Sur AMN : Nico2, inscrit le 09 Jan 2006, 16:45>> N'oubliez pas de lire et de relire le Règlement du forum.>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • La fiche sur le site

    Pas de photos libres de droits, mais j'ai pu trouver une photo d'un prototype du Super Frelon (faut aller sur sa propre fiche pour la voir).
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • Prototype d'hélicoptère de transport tri-turbine français de la fin des années 1950.

    Dès la fin de la seconde guerre mondiale, les forces armées françaises envisagent un hélicoptère de transport lourd. Le premier projet tourne autour du Fa 223 allemand, françisé en SE.3000, dont seuls 3 exemplaires sont construits. Le deuxième, le SE.3100, ne voit pas le jour puisque son démonstrateur le SE.3101 est un échec.

    La situation se décante en 1955, lorsque les forces armées françaises désirent remplacer leur Sikorsky S-58 (H-34) qui servaient dans toutes les branches (Armée de l'Air, Marine Nationale et Armée de terre) et d'ailleurs assemblés par la SNCASE. Une des spécifications, demandée par la Marine, était qu'il devait peser moins de 5 tonnes en charge, soit 4500 kg, afin de l'utiliser sur les navires.

    La SNCASE proposa le X 316, renommé SE.3200 "Frelon" (dont le premier nom était "Super Alouette") conçu par Charles Marchetti, et fit le choix d'un appareil tri-turbine, avec des moteurs liés entre eux afin d'éviter les risques de pannes moteurs et placés au-dessus de la cabine. Le choix de 3 turbines, dû aux vols de longue durée y compris au-dessus de la mer, semble être une première mondiale mais sera reprise sur le H-53 et l'AW101 Merlin entre autres. Les exemplaires de série devaient recevoir des Turmo IIC de 1000 cv chacun.

    2 prototypes furent commandés par le STAé en 1956 et construits, qui reçurent des Turmo IIIB de 750 cv chacun, actionnant un rotor quadripale. Le train d'atterrissage était tricycle et fixe. La construction était entièrement métallique.

    Le carburant était contenu dans deux réservoirs externes de 1500 litres chacun, libérant l'espace dans la cabine pour le chargement. Ces réservoirs étaient largables et remplaçables par des réservoirs de 3000 litres. La queue, assez courte, s'ouvrait à l'arrière pour permettre l'accès à la cabine. Celle-ci faisait 7 mètres de long pour 1,9 mètres de large.

    Le SE.3200 pouvait emporter des jeeps, 28 passagers, 24 soldats entièrement équipés ou 15 blessés ainsi que 2 aides-soignants. La version navale devait servir à la lutte contre les sous-marins, au dragage de mines ou au transport de commandos. L'Armée de l'Air prévoyait pour lui le transport de VIP ou des missions Search & Rescue (10 rescapés).

    Une Alouette II fut modifiée en SE.3140 afin de tester le rotor principal. Une turbine Turmo fut reliée à un rotor tripale raccourci de 2 mètres, mais les essais en vol montrèrent la nécessité de modifier le rotor. Le rotor de queue, lui, perdit une pale après 20 heures de fonctionnement.

    Les 2 prototypes, SE.3200-001 et SE.3200-002, furent immatriculés respectivement F-ZWUS et F-ZWUT. Le premier avait un rotor de queue quadripale de 2,5 mètres, et le second un rotor de queue à 5 pales de 3 mètres de diamètre, récupéré sur un S-58. La poutre de queue du second était un peu plus longue que celle du premier. Ils effectuèrent leur premier vol respectivement le 10 juin 1959 et le 26 octobre la même année.

    Le vol inaugural eut lieu au Bourget entre les mains de Jean Boulet et Roland Coffignot, pendant 24 minutes sans révéler de problèmes particuliers. A cette époque, la SNCASE faisait partie de Sud-Aviation depuis 1957. Des versions pour l'Armée et pour la Marine, ainsi que civiles, furent envisagées.

    Mais les prototypes connurent nombre d'incidents mécaniques. La masse en particulier posait problème : le Frelon dépassait d'une tonne la masse demandée avec 1000 litres de carburant. Certains vols se terminèrent par des atterrissages d'urgence, heureusement sans dommage.

    Le prototype 001 fut immobilisé pendant près de 9 mois : il effectue 14 vols en 10 heures 25 en juin 1960 à Brétigny, puis 15 autres vols en 11 h 35 de février à juillet 1962. Lors d'un vol du 002, le rotor de queue taillada le bout du fuselage… Celui-ci effectua 17 vols en 12 h 30 de septembre 1961 à février 1962 à Brétigny. Le total atteint 46 vols et 34 heures 30 minutes.

    Le CEV de Brétigny critique sévèrement l'appareil : manque de mise au point des moteurs, qualités de vol très médiocres, masse à vide trop élevée par rapport à la masse maximale, mise en œuvre trop compliqué, doute sur le choix de l'auto-pilote Sperry… 2 autres problèmes, pas forcément pointés par le CEV, sont cependant mis en lumière : le SE.3200 ne dispose pas de porte extérieure et donc de treuil, et il n'est pas amphibie.

    Malgré cela, il donna un avis favorable pour présenter l'appareil au salon du Bourget en 1961. Sud-Aviation travaillait déjà sur un projet encore plus prometteur : le futur SE.321 Super Frelon, dont le premier prototype vola en 1962. La diffusion du rapport du CEV fut restreinte justement pour éviter de compromettre ce dernier. 2 autres projets, les SA.3220 et 3230 sont abandonnés. La Marine Nationale retiendra le Super Frelon tandis que l'ALAT et l'Armée de l'Air lui préfère le futur Puma, descendant lui aussi du Frelon d'une certaine manière.

    Le Frelon, d'après René Mouille, "montrait ce qu'il ne fallait pas faire sur un hélicoptère", mais les enseignements furent utiles pour la conception du Super Frelon. Les essais cessèrent en 1964 et les exemplaires ont été manifestement ferraillés.




    https://forum.aviationsmilitaires.net/viewtopic.php?f=51&t=530&p=89413#p89413


    https://en.wikipedia.org/wiki/SNCASE_SE.3200_Frelon


    http://www.airvectors.net/avpuma.html#m1


    https://fr.wikipedia.org/wiki/SNCASE_SE.3200_Frelon


    http://aviation-militaire.kazeo.com/sncase-se-3200-frelon-a121956740


    https://helicoptereos.wordpress.com/atlas-des-helicopteres/helicopteres-civils/helicopteres-civils-europeens/sud-aviation/se-3200-frelon/


    http://aerostories.free.fr/giravia/helico/liron/liron04/


    https://www.aviafrance.com/sud-aviation-se-3200-frelon--aviation-france-2283.htm


    http://jn.passieux.free.fr/html/Frelon.php


    http://www.apna.asso.fr/sommaire-revue/142-n153-super-frelon-1


    http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/sud-est-se-3200-frelon/


    https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=http://www.airwar.ru/enc/uh/sa321.html&prev=search
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