Les textes de PCMax.

Chercher dans le contenu des messages
  • Niko a écrit

    Comme la Twingo ? :bonnet:

    Tu me rappelles de bons souvenirs Niko ! ;)

    Allez, j'ai gardé tous mes textes de l'époque et tiens, même si ça ne traite pas du 120-400, je mets c'lui là. :bonnet:


    Le soleil tapait fort en cette belle journée d’été et le bitume surchauffé semblait s’évaporer. Le sac à dos était lourd et ses bretelles de cuir avaient marqué depuis longtemps les épaules du marcheur. La gourde en alu irritait sa hanche et la vieille Custom 24 martelait à la cadence des pas ses reins fatigués. Une barbe de quelques jours avait de la peine cacher les traits fatigués de notre routard.
    Tout en marchant, Clansman ne cessait de répéter…. « ‘tain de bouquin… ‘tain de bouquin… »
    Il revivait en boucle cette sale journée… Celle qui devait pourtant marquer un tournant dans sa carrière. La visite de sa bibliothèque par l’Evêque !
    Les responsables du protocole de l’Autorité étaient passés quelques jours avant, en repérage, et le chef du détachement avait bien insisté à auprès de notre préposé. L’homme d’Eglise, homme de caractère, était très à cheval sur les mœurs modernes qu’il déplorait !
    Clans, le grand jour arrivé, s’était vêtu de son plus bel ensemble : le costume qu’il avait acheté avec sa première paye il y avait … déjà treize ans ! Un beau costume moutarde, en velours côtelé. Il y avait ajouté une cravate jaune canari et de belles chaussures rouge sang.
    Qu’il était beau dans cet habit plein de vie ! Ses amis ce jour là l’avait appelé « Coluche » et il en avait été fier… Son sens de l’humour et ses blagues torrides, semblaient, pour lui seul, avoir été reconnus.
    L’arrivée de la Sainte personne l’avait ému.
    Ce vieil homme lui avait serré la main et lui, maladroitement, avait lancé la phrase qu’il avait préparée depuis des jours : « Mes respects Son Altesse ». Les petits yeux plissés du vieil homme s’étaient ouvert un peu plus, étonnés. Clans fût heureux quand l’assistant de l’Autorité lui demanda discrètement son nom… Il lui tardait déjà d’en parler à ses amis, les faire râler en leur disant « moi…l’Evêque, c’est un pote, il a même fait demander mon nom ! »
    Et puis « Son Altesse » avait demandé à notre ami de lui indiquer si, dans les rayonnages, se trouvait un exemplaire de « Prières usuelles », traduites du grec et dédicacées par le Pape Clément VIII.
    Bousculant presque le directeur de l’établissement, Clans, qui connaissait les rayons sur le bout de ses doigts se précipita vers l’étagère concernée et, en vrai professionnel qu’il était, sans même regarder, tendit la main vers le livre Pieu et de remit entre les saintes mains.
    L’homme d’église jeta le livre au sol comme s’il était en feu et cria « vadé rétro satanas !!! » en reculant d’un pas, le visage blanc et livide. Ses adjoints inondèrent d’eau bénite l’établissement, des gousses d’ail et des pattes de lapin envahirent le sol en un instant et le cortège officiel prit la fuite.
    Clans ramassa le livre maudit et constata qu’il s’agissait d’un exemplaire d’Ovidie, auteur pornographique : « Osez découvrir le point G »
    Depuis cette journée, Clans marchait droit devant lui en répétant ces mots : ‘tain de bouquin… ‘tain de bouquin… que faisait-il là ?» … il n’obtenu jamais la réponse.
    Un réflexe de survie l’avait orienté vers Pit mais il n’y avait trouvé qu’une barque en bois goudronné, vide, échouée sur la grève. Une barque dans laquelle il n’y trouva qu’une vieille bâche en cuir et un harpon d’avant qui… bon… vous connaissez l’histoire.
    Le hasard de sa marche l’avait emmené sur les premières hauteurs des Alpes, vers Grenoble mais la route était dure.
    Le bruit du klaxon italien s’amplifiait dans la vallée et montait vers lui. Puis, ce furent les échos d’une radio poussée a son maximum. Il reconnût l’air de « l’aventura » de Stone et Charden… ses idoles !
    Le vrombissement d’un moteur poussif venait vers lui. Il se retourna et aperçut, dans les méandres de la route escarpée, la silhouette d‘une Twingo rose surmontée d’une planche de Windsurf. Il perçut alors que l’occupant de ce tas de tôle accompagnait à tue-tête le couple de chanteurs.
    Un amoureux qui roule vers le bonheur pensa t’il… Ah, quelle chance il a !
    A son niveau, le truc rose pila net ! « Clans…monte !» lui dit une voix inconnue. Il reconnut immédiatement Outlaw à son allure de Windsurfer Hawaïen.
    « Je vais dans les pins chercher celle qui s’y cache, tu viens avec moi ? »… «en plus, elle a un gros chargeur pour moi… ».
    Clans embarqua et le machin rose plongea dans la vallée, accompagné d’une cassette de Chantal Goya qui chantait, sur l’air de Pandi-panda, « Boudi-Bouda ».
    C’est la même radio qui, quelques kilomètres plus loin interrompit le massacre musical et annonça en grésillant : « Message personnel… message personnel. Clans et Outlaw… AMNet – urgent ! »
    Le bolide prit la première à droite et fila en direction d’AM.net.




    Bon, sinon, tu disais… Nikon ne vaut pas Canon ? :twisted:
    ;)
    Escaladant le bleu brûlant du vaste ciel J'ai survolé les cimes battues par les vents Et sous la coupole sainte de l'espace infini , Tendant la main, j'ai touché la face de Dieu.1/13 Artois
  • Haaaaaaaaaa !! Ce genre de prose nous manquait Papy !! Merci, ça fait du bien de te lire ! 8-)
    NIKOVIEW Galerie Photos sur l'aviation…. et le reste aussi ! ^^
  • PCMax n'a pas osé le dire, mais en fait j'ai religieusement conservé le bouquin d'Ovidie.

    :bonnet:

    Ouaip, faudrait les mettre dans un topic dédié. ^^
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
  • Dis, Clans', tu pourrais peut-être changer d'Avatar ?
    (y'a bien une ou deux photos dans ce livre, non?) :bonnet:
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein       "Dieu a créé la guerre pour que les Américains apprennent la géographie."  Mark Twain
  • (y'a bien une ou deux photos dans ce livre, non?)

    Oui, mais c'est plus format poster qu'avatar, en fait. :bonnet: :bonnet: :bonnet:

    Hop, j'ai fait un topic rien que pour Papy. Ca l'obligera à fouiller ses dossiers pour nous sortir d'autres textes. :D
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
  • J'y cois pas! Il existe vraiment ce livre!!!… et écrit par Ovidie… Pour me marrer je viens d'essayer sur Google, même qu'il est en vente sur Amazone… :lol:

    J'étais sûr que c'était un gros gag… mais alors, c'est vrai?!? :interr:


    Pis maintenant, je sais à quoi ressemble Ovidie… :bonnet:
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein       "Dieu a créé la guerre pour que les Américains apprennent la géographie."  Mark Twain
  • Jericho a écrit

    J'y cois pas! Il existe vraiment ce livre!!!… et écrit par Ovidie… Pour me marrer je viens d'essayer sur Google, même qu'il est en vente sur Amazone… :lol:

    Heu… je te rassure Jericho, je ne suis pas amateur de ce type de lecture mais quand j'ai écrit ce texte, je voulais une référence en la matière et j'ai fait comme toi… j'ai demandé à Google. :D

    Jericho a écrit

    J'étais sûr que c'était un gros gag… mais alors, c'est vrai?!? :interr:
    Tout est hélas vrai dans cette sombre histoire… hélas…

    Et dans les autres qui vont suivre aussi. :bonnet:
    Escaladant le bleu brûlant du vaste ciel J'ai survolé les cimes battues par les vents Et sous la coupole sainte de l'espace infini , Tendant la main, j'ai touché la face de Dieu.1/13 Artois
  • Faisait beau en ce mercredi de septembre, les maquereaux ne mordaient pas, les palombes étaient inexistantes, alors, j’avais décidé de rester à la maison et de faire du tri sur mon PC, la porte grand ouverte sur le jardin.
    Et, en découvrant ces anciens textes, je me suis dit : « et si tu les postais sur le nouveau forum ? »…
    Alors en voilà un. L’histoire est bien réelle, je l’ai vécue au début de ma carrière à DOMME, dans le Périgord où j’ai été affecté quelques années.
    Je vous la livre tel quel.



    Tout au début de ma carrière dans les années 80, DOMME a été ma première affectation et nous avions sur notre circonscription, en plus de l'aérodrome de SARLAT DOMME, un centre de la DGSE implanté à quelques centaines de mètres de la piste.
    Bien sûr, l'accès y était très réglementé, même pour nous qui n'avions le droit que de prendre contact avec le poste de sécurité. L'enceinte, en plus d'être électrifiée était doublée d'un "couloir à chiens" ou une dizaine de molosses sans patron auraient dévoré en quelques secondes le premier inconscient.

    Ce site était bien entendu signalé interdit de survol sur les cartes aéronautiques et les photographies y étaient interdites.
    Combien de fois avons nous dû, à mon grand désarroi, nous précipiter sur quelques vacanciers amateurs de photos rares, surpris par le poste de garde équipé de jumelles puissantes, à clicher sans retenue ces grandes oreilles blanches sortant du sol. La saisie des pellicules était à chaque fois un moment pénible pour ces "délinquants" qui voyaient s'envoler, avec l'objet du délit, les photos de vacances en Périgord !

    Par un début de soirée d'automne, le téléphone rouge, qui nous reliait en direct avec le centre, sonna et la vigie nous signala qu'un avion venait de se poser dans l'enceinte du "centre". Le pilote avait été interpellé a la descente de son appareil !
    Nous avons alors découvert, à ma plus grande joie un avion amateur type surface canard (rare à l'époque) à l'allure fort sympathique et son pilote, jeune ingénieur en aéronautique à TOULOUSE où l'engin avait été conçu, tout autant sympathique que sa monture.

    Il nous expliqua tranquillement que, subissant une panne radio et instruments de navigation, il s'était posé "court" entre les rangées de lumières qu'il croyait être celles de la piste de l'aérodrome voisin, fermé la nuit et qui n'étaient que l'éclairage de l'enceinte du centre !

    Passant en quelques secondes de son proto à l'estafette de service, ce jeune "criminel" me fût confié et placé en garde à vue où il expliqua avec tous les détails et devant mon admiration non feinte, les péripéties de son vol hasardeux.
    Lorsqu'il fut l'heure de le placer en chambre de sécurité pour la nuit, mon patron me rappela que celles-ci, en réfection, ne pouvaient l'accueillir et que je devais passer une nuit de garde auprès du héros du jour.
    Passionné d'aviation certes mais père de famille avant tout, j'avoue que je ne suis pas senti de passer la nuitée dans le bureau et je pris une décision qui aurait pu me coûter ma carrière.

    J'étais bien ami avec un restaurateur hôtelier du village et je savais que cette saison creuse lui permettait d'héberger une personne de plus.
    L'accord fût conclu par téléphone dans l'instant et, quelques minutes plus tard, deux ombres furtives passaient le portail de la caserne et se dirigeaient dans le noir vers l'hôtel voisin où je laissais mon client pour la nuit avant de revenir rejoindre ma famille, muni de papiers d'identité, de la licence de vol de mon touriste et de sa promesse de garder le secret.

    Le matin tôt, le trajet inverse fût accompli sans problème et, avant que mon patron ne prenne le service, comme deux complices, nous créâmes dans le bureau censé nous avoir hébergé, le désordre d'une nuit blanche.
    J'appris plus tard que le jeune délinquant, à qui l'aventure n'avait en rien entamé son appétit, avait goûté aux nombreuses spécialités culinaires du Périgord et qu'il avait dormi comme un bébé dans cet hôtel quatre étoiles !

    Il fût remis en liberté dans la journée, muni d'une convocation au tribunal et ses collègues qui vinrent le récupérer furent surpris, tout comme mes camarades, de l'insistance avec laquelle notre voyageur me remerciait !
    L'avion fût pris en charge et réparé dans les jours suivants et repris son vol vers d'autres destinations que j'espérais plus sûres !
    Je n'ai plus entendu parler de mon délinquant mais je l'ai souvent imaginé conter à ses proches son aventure aéronautique sur le secteur de DOMME et les conditions d'une garde à vue "quatre étoiles" !


    Quelques mois plus tard, sur le même aérodrome, j'ai eu à traiter une affaire plus grave, à l'issue heureuse mais surtout unique en France : Le détournement avec arme d'un avion d'aéroclub !

    Mais.. cela fera l'objet d'un prochain récit ! ;)
    Escaladant le bleu brûlant du vaste ciel J'ai survolé les cimes battues par les vents Et sous la coupole sainte de l'espace infini , Tendant la main, j'ai touché la face de Dieu.1/13 Artois
  • Merci pour ton récit PCmax!

    Dure décision en effet, de faire confiance à un inconnu, mais visiblement cette fois celà a valu la peine!

    La description de ce site me fait penser à mon payement de gallon à l'armée. J'étais jeune sous-officier et notre compagnie devait garder un poste de lancement de missiles sol-air Bloodhound dans le canton de Fribourg. Les grands fantasmes de nos supérieurs nous faisaient craindre le pire: doubles enceintes électrifiées, chiens méchants entre les enceintes, etc. Finalement il n'y avait pas d'électricité et les molosses étaient en fait un troupeau d'une dizaine de mouton!
    Mais le pire, c'est que j'ai faillit me faire avoir par les plastrons: un autre sous-off, qui faisait la liaison, arrive vers moi et m'explique que dans l'après-midi, des ouvriers viendront plastifier les antennes. OK, pas de problèmes. J'étais à me demander quelle sorte de plastic ils allaient utiliser et s'il serait sous forme d'enduit liquide ou en feuilles autocollantes quand j'ai eu un petit doute.
    Je rappelle mon copain et lui demande: "plastifier ou plastiquer?". "Ben c'est la même chose, non? Ils veulent passer notre dispositif pour faire pêter les antennes!"
    Ben à une 1/2 heure près, je laissais passer ces charmants plastrons pour qu'ils aillent entretenir les antennes! :bonnet:
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein       "Dieu a créé la guerre pour que les Américains apprennent la géographie."  Mark Twain