Systèmes de désignation des avions japonais

  • Petit topo rapide sur les différents systèmes de désignation des appareils japonais, durant la période qui nous intéresse, c'est à dire avant 1945.


    A) Base officielle interarmes :


    Dans les années 1920, l'Armée impériale mit en oeuvre un système de désignation officielle, servant essentiellement dans les documents officiels. Il s'agissait de reprendre les deux derniers chiffres de l'année d'entrée en service de chaque appareil.

    Toutefois, la base était l'année du calendrier japonais. Ainsi, l'année 1928 en Occident était l'année 2588 au Japon. Tous les appareils entrant en service en 1928 furent donc baptisés type 88.

    On ajoutait à cette désignation "type XX" le rôle de l'appareil en question. Ainsi, le Kawasaki Ki-10 était connu sous la désignation Chasseur de l'Armée type 95.

    La Marine impériale reprit ce système en 1929. Elle se démarqua de nouveau de l'Armée en 1940, quand le calendrier japonais entra dans l'année 2600. A cette date, la Marine passa directement au "type 0", l'Armée conservant l'ancien système (ce qui donna lieu au type 100").


    B) Système de désignation pour la Marine impériale :


    A la base officielle, la Marine combina son propre système, assez proche de celui de l'US Navy.

    Chaque désignation était une combinaison de deux lettres et de deux chiffres latins, comme on va le voir tout de suite :

    :arrow: première lettre : fonction de l'appareil
    :arrow: premier chiffre : chiffre distinguant l'appareil parmi ses prédecesseurs
    :arrow: second lettre : désignation du constructeur
    :arrow: second chiffre : chiffre désignant la version

    Ainsi, le célèbre Zero de la Marine était connu officiellement sous la désignation A6M. Si l'on prend le A6M2 :

    :arrow: A : fonction de chasseur
    :arrow: 6 : sixième chasseur développé pour la Marine
    :arrow: M : appareil produit par Mitsubishi
    :arrow: 2 : deuxième version produite

    Note : ici, la désignation Zero est à rapprocher de sa désignation de Chasseur embarqué Type 0 (le premier vol de l'A6M ayant eu lieu en 1940).

    Tableaux récapitulatifs :

    Principaux constructeurs :

    :arrow: A : Aichi
    :arrow: D : Showa
    :arrow: K : Kawanishi
    :arrow: M : Mitsubishi
    :arrow: N : Nakajima
    :arrow: Y : Yokosuka

    Fonctions :

    :arrow: A : chasseur (embarqué)
    :arrow: B : avion d'attaque (embarqué)
    :arrow: C : avion de reconnaissance (embarqué)
    :arrow: D : bombardier (embarqué)
    :arrow: E : hydravion de reconnaissance
    :arrow: F : hydravion d'observation
    :arrow: G : bombardier (basé à terre)
    :arrow: H : hydravion lourd
    :arrow: J : chasseur (basé à terre)
    :arrow: K : avion d'entraînement
    :arrow: L : avion de transport
    :arrow: M : avion pour les missions spéciales
    :arrow: N : hydravion de chasse
    :arrow: P : bombardier
    :arrow: Q : avion anti-sous-marin
    :arrow: R : avion de reconnaissance (basé à terre)
    :arrow: S : chasseur de nuit


    C) Système de désignation pour l'Armée impériale :


    L'aviation de l'Armée impériale disposait de son propre système de désignation. Il fut mis en place au début des années 1920, et ne fut modifié qu'une seule fois. De manière très simple, l'Armée nommait ses appareils en mêlant deux procédés. Outre le système de désignation interarmes, l'Armée utilisait un procédé particulier : le système des Kitai.

    En 1932, il fut décidé que chaque modèle recevrait une désignation commençant par Ki, suivie d'un numéro. Dans les faits, on numérotait selon un ordre chronologique, selon la date à laquelle le gouvernement japonais avait lancé le programme d'étude ou de construction de chaque appareil. Mais ce classement ne prenait pas en compte la date du premier vol ou celle de l'entrée en service. Cela explique notamment pourquoi le Kawasaki Ki-45 entra en service opérationnel après le Kawasaki Ki-48.

    A ces Kitai, l'Armée impériale ajoutait des suffixes particuliers :

    :arrow: des chiffres romains, correspondant à la version de l'appareil
    :arrow: des Kanji, c'est à dire des caractères japonais, correspondant à chaque série de chaque version. Les Kanji japonais les plus utilisés sont les suivants : Kô, Otsu, Heï, Teï. On peut les faire correspondre aux lettres latines suivantes : "a", "b", "c", "d".

    Pour résumer, prenons l'exemple du Kawasaki Ki-61-I Heï:

    :arrow: Ki-61 : le 61è modèle d'avion étudié ou construit pour l'Armée impériale
    :arrow: I : la première version de l'appareil
    :arrow: Heï : la troisième série développée à partir de la première version


    C) Ajouts durant le conflit :


    A partir de 1941, les Japonais décidèrent de donner un surnom à leurs modèles, afin de les rendre plus visibles. Ils emboîtèrent ainsi le pas des forces aériennes occidentales et soviétiques, qui commençaient déjà à le faire.

    Ces surnoms japonais ont parfois pris le pas sur les désignations officielles.
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  • D) Système de désignation allié :


    Durant la Seconde Guerre Mondiale, les Alliés eurent à affronter les appareils japonais. Pour faciliter leur identification, et ainsi permettre aux équipages alliés de savoir quels avions ils allaient combattre, les services de renseignement de ce qui était alors l'US Army Air Corps(USAAC, future US Air Force) mirent en place au début de l'année 1942 un système d'identification unique. Ce système sera adopté et durera tout le long du conflit.

    La procédure à suivre était extrêmement simple : tout appareil japonais identifié recevait un nom de code unique. Pour faciliter les choses, on eut essentiellement recours à des prénoms ou à des surnoms alors en vogue aux Etats-Unis. Chaque classe d'appareils avait son propre registre :

    :arrow: Prénom masculin : chasseurs, hydravions de reconnaissance
    :arrow: Prénom féminin : avions d'attaque au sol, avions de reconnaissance, avions-torpilleurs, bombardiers, hydravions
    :arrow: Prénom féminin commençant par la lettre "t" : avions de transport
    :arrow: Nom d'arbre : avions d'entraînement
    :arrow: Nom d'oiseau : planeurs non motorisés
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