Fairey Spearfish

Rappels

  • Catégorie : Prototype
  • Constructeur : Fairey drapeau du pays
  • Premier vol : 5 juillet 1945
  • Production : 5 appareils construits (cellules neuves)
  • Missions : Appareil embarqué, Attaque au sol, Entraînement, Essais en vol, Lutte anti-navires, Lutte anti-sous-marine

Historique

Le Fairey Spearfish est un prototype de bombardier torpilleur monomoteur, biplace en tandem, muni d’ailes effilées en position médianes, d’un empennage conventionnel et d’un train d’atterrissage classique escamotable.

En 1943, dans sa Specification O.5/43 l’Amirauté Britannique cherche un successeur à ses bombardiers en piqué/torpilleurs Fairey Barracuda. Le constructeur aéronautique britannique Fairey Aviation est déjà en train d’étudier un remplaçant lorsqu’il reçoit, en août 1943, une commande pour trois prototypes. Alors que l’entreprise propose de préférence un bimoteur classique et un bimoteur à propulsion mixte (moteur à pistons et réacteur), c’est l’option monomoteur qui est retenue. Ces appareils, désignés Spearfish, sont fabriqués dans l’usine de Hayes et le premier prototype (RA356) prend l’air le 5 juillet 1945 à l’aérodrome de Heston. Les deux autres prototypes ne voleront pas avant 1947. Un quatrième exemplaire est construit, mais ne volera jamais et sera utilisé pour les pièces de rechange à la fin du programme. Les dimensions et le poids de ces nouveaux appareils, plus importants que ceux des Barracuda, les destinent à être utilisés à bord des nouveaux porte-avions de la classe Malta en cours de développement.

En novembre 1943, la Royal Navy demande la fabrication d’une variante d’entrainement à double commande de cet appareil pour répondre à sa spécification T.21/43, pour permettre une meilleure formation aux futurs pilotes de ce type d’appareil. En mai 1944, trois autres avions d’entrainement sont commandés. Tous ces appareils doivent être fabriqués dans l’usine de Heaton Chapel et le premier prototype d’entrainement vole le 20 juin 1946 à Ringway. Des trois exemplaires suivants, le premier est motorisé par un Centaurus 57 et les deux suivant doivent être équipés d’un moteur Rolls-Royce Pennine. Seul le premier de ces prototypes est construit, mais il ne volera jamais.

Le Spearfish est de construction entièrement métallique, avec un fuselage de construction monocoque. Le cockpit, biplace en tandem, est muni d’une verrière à commande hydraulique. L’hélice Rotol VH 65, entrainée selon les versions par un moteur Rolls-Royce Pennine ou Bristol Centaurus, est munie de cinq pales. Les ailes cantilevers sont en position médiane. Elles sont de forme effilée et les panneaux extérieurs, qui possèdent un léger dièdre, peuvent se replier pour faciliter l’entreposage à bord des porte-avions. De grands volets Fairey-Youngman sont installés sur 73,5% de la longueur des bords de fuite des ailes, permettant ainsi d’augmenter la portance à basse vitesse et de diminuer la vitesse d’approche. Des réservoirs de carburant sont installés dans les ailes, leur volume total est d’environ 1’860L. L’empennage est conventionnel avec une dérive arrondie et des empennages horizontaux aux extrémités rectangulaires. Le train d’atterrissage, classique, est escamotable. Une crosse d’appontage est installée sous l’arrière du fuselage pour attraper les brins d’arrêt installés sur les porte-avions.

L’armement est constitué de deux mitrailleuses Browning M2 de 12,7mm dans les ailes et deux autres commandées à distance dans une barbette Fraser-Nash FN 95 située derrière le cockpit et tirant dans les 6h. Une grande soute permet d’emporter une bombe de 907kg ou jusqu’à quatre bombes de 227kg, quatre grenades sous-marines, une torpille ou un réservoir de carburant supplémentaire de 820L. Des points d’attache sous les panneaux d’ailes extérieurs permettent également d’emporter jusqu’à 16 roquettes air-surface RP-3.
Un radar de recherche air surface ASV (Air to Surface Vessel radar) peut être installé dans une sorte de tourelle cylindrique située en arrière de la soute à bombe et déployée durant la mission.

Pour répondre à la spécification 0.21/44 concernant un avion d’attaque au sol, en 1944 les ingénieurs de Fairey étudient la possibilité de motoriser le Spearfish avec deux Rolls Royce Merlin couplés entrainant deux hélices contrarotatives. Plusieurs autres moteurs sont également envisagés. Il semble qu’il y ait eu une intention de commander trois prototypes, mais ce projet a rapidement été abandonné et n’a jamais dépassé le stade de la planche à dessin.

Durant les vols d’essais du Spearfish, le pilote d’essai et capitaine de la Navy Eric Brown a constaté que le contrôle en vol est difficile à cause des commandes trop dures, principalement latéralement. Selon lui, l’avion est si difficile à faire virer qu’en cas de mauvais temps il aurait été impossible au pilote de cercler autour de son porte-avions sans le perdre de vue. Des commandes hydrauliques sont ensuite installées, mais le pilote se plaint alors que l’avion est désormais moins agréable à piloter et qu’il est difficile de garder les commandes sur neutre. Le fait que le Spearfish ne soit pas muni d’avertisseur de décrochage est également un problème qui doit être modifié pour les avions de série.

Il est décidé par la Royal Navy qu’un total de 150 Spearfish doit être construit à Heaton Chapel. Ces avions de série reçoivent plusieurs modifications. Les volets sont agrandis et des spoilers sont installés pour améliorer le contrôle latéral. Les dix premiers appareils doivent être motorisés par des moteurs en étoile Bristol Centaurus 57 de 1’900kW, les vingt-deux suivants avec des Centaurus 59 et les 118 derniers avec des Centaurus 60.
Mais avant le début de cette fabrication en série, l’abandon des porte-avions de la classe Malta suite à la fin du conflit entraine la diminution du nombre d’exemplaires commandés, puis l’annulation du programme d’acquisition du nouveau bombardier-torpilleur. Quelques travaux sont encore effectués sur les appareils construits dans l’usine de Hayes, notamment pour des tests expérimentaux qui serviront par la suite à d’autres appareils.


Texte de Jéricho, avec son aimable autorisation.

Caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 10 017 kg (22 083 lbs)
  • Masse normale au décollage : 9 817 kg (21 642 lbs)
  • Masse à vide : 6 895 kg (15 200 lbs)
  • Surface alaire : 49,15 m² (529,046 sq. ft)
  • Hauteur : 4,11 m (13,484 ft)
  • Envergure : 18,36 m (60,236 ft)
  • Longueur : 13,59 m (44,587 ft)

Équipage

  • Équipage : 2

Performances

  • Vitesse maximum : 470 km/h (292 mph, 254 kts)
  • Vitesse de croisière : 315 km/h (196 mph, 170 kts)
  • Rayon d'action : 561 km (349 mi, 303 nm)
  • Distance franchissable : 1 667 km (1 036 mi, 900 nm)
  • Plafond opérationnel : 7 620 m (25 000 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 8,7 m/s (28,543 ft/s)
  • Rapport puissance/masse maxi au décollage : 0.19 kW/kg
  • Charge alaire maxi au décollage : 203.80 kg/m²
  • Rapport puissance/masse à vide : 0.28 kW/kg
  • Charge alaire à vide : 140.28 kg/m²

Motorisation

  • 1 × moteur à cylindres en étoile Bristol-Siddeley Centaurus 57 de 1 928 kW (2 621 ch, 2 585 hp)
  • Carburant (volume) : 1 860 l (491 US Gal., 409 UK Gal.)

Armement

  • Nombre de points d'emport : 16
  • Charge militaire : 907 kg (2 000 lbs) de bombes, ou 4 charges de profondeur ou 1 torpille.
Armement fixe
  • 2 × mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm (0,5 in) dans une tourelle dorsale télécommandée Frazer-Nash FN95
  • 2 × mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm (0,5 in) dans les ailes.
Autres
  • 16 × RP-3sous les ailes.

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  • Le Fairey Spearfish est un prototype de bombardier torpilleur monomoteur, biplace en tandem, muni d’ailes effilées en position médianes, d’un empennage conventionnel et d’un train d’atterrissage classique escamotable.

    En 1943, dans sa Specification O.5/43 l’Amirauté Britannique cherche un successeur à ses bombardiers en piqué/torpilleurs Fairey Barracuda. Le constructeur aéronautique britannique Fairey Aviation est déjà en train d’étudier un remplaçant lorsqu’il reçoit, en août 1943, une commande pour trois prototypes. Alors que l’entreprise propose de préférence un bimoteur classique et un bimoteur à propulsion mixte (moteur à pistons et réacteur), c’est l’option monomoteur qui est retenue. Ces appareils, désignés Spearfish, sont fabriqués dans l’usine de Hayes et le premier prototype (RA356) prend l’air le 5 juillet 1945 à l’aérodrome de Heston. Les deux autres prototypes ne voleront pas avant 1947. Un quatrième exemplaire est construit, mais ne volera jamais et sera utilisé pour les pièces de rechange à la fin du programme. Les dimensions et le poids de ce nouveaux appareils, plus importants que ceux des Barracuda, les destinent à être utilisés à bord des nouveaux porte-avions de la classe Malta en cours de développement.

    En novembre 1943, la Royal Navy demande la fabrication d’une variante d’entrainement à double commande de cet appareil pour répondre à sa spécification T.21/43, pour permettre une meilleure formation aux futurs pilotes de ce type d’appareil. En mai 1944, trois autres avions d’entrainement sont commandés. Tous ces appareils doivent être fabriqués dans l’usine de Heaton Chapel et le premier prototype d’entrainement vole le 20 juin 1946 à Ringway. Des trois exemplaires suivants, le premier est motorisé par un Centaurus 57 et les deux suivant doivent être équipés d’un moteur Rolls-Royce Pennine. Seul le premier de ces prototypes est construit, mais il ne volera jamais.

    Le Spearfish est de construction entièrement métallique, avec un fuselage de construction monocoque. Le cockpit, biplace en tandem, est muni d’une verrière à commande hydraulique. L’hélice Rotol VH 65, entrainée selon les versions par un moteur Rolls-Royce Pennine ou Bristol Centaurus, est munie de cinq pales. Les ailes cantilevers sont en position médiane. Elles sont de forme effilée et les panneaux extérieurs, qui possèdent un léger dièdre, peuvent se replier pour faciliter l’entreposage à bord des porte-avions. De grands volets Fairey-Youngman sont installés sur 73,5% de la longueur des bords de fuite des ailes, permettant ainsi d’augmenter la portance à basse vitesse et de diminuer la vitesse d’approche. Des réservoirs de carburant sont installés dans les ailes, leur volume total est d’environ 1’860L. L’empennage est conventionnel avec une dérive arrondie et des empennages horizontaux aux extrémités rectangulaires. Le train d’atterrissage, classique, est escamotable. Une crosse d’appontage est installée sous l’arrière du fuselage pour attraper les brins d’arrêt installés sur les porte-avions.
    L’armement est constitué de deux mitrailleuses Browning M2 de 12,7mm dans les ailes et deux autres commandées à distance dans une barbette Fraser-Nash FN 95 située derrière le cockpit et tirant dans les 6h. Une grande soute permet d’emporter une bombe de 907kg ou jusqu’à quatre bombes de 227kg, quatre grenades sous-marines, une torpille ou un réservoir de carburant supplémentaire de 820L. Des points d’attache sous les panneaux d’ailes extérieurs permettent également d’emporter jusqu’à 16 roquettes air-surface RP-3.
    Un radar de recherche air surface ASV (Air to Surface Vessel radar) peut être installé dans une sorte de tourelle cylindrique située en arrière de la soute à bombe et déployée durant la mission.

    Pour répondre à la spécification 0.21/44 concernant un avion d’attaque au sol, en 1944 les ingénieurs de Fairey étudient la possibilité de motoriser le Spearfish avec deux Rolls Royce Merlin couplés entrainant deux hélices contrarotatives. Plusieurs autres moteurs sont également envisagés. Il semble qu’il y ait eu une intention de commander trois prototypes, mais ce projet a rapidement été abandonné et n’a jamais dépassé le stade de la planche à dessin.

    Durant les vols d’essais du Spearfish, le pilote d’essai et capitaine de la Navy Eric Brown a constaté que le contrôle en vol est difficile à cause des commandes trop dures, principalement latéralement. Selon lui, l’avion est si difficile à faire virer qu’en cas de mauvais temps il aurait été impossible au pilote de cercler autour de son porte-avions sans le perdre de vue. Des commandes hydrauliques sont ensuite installées, mais le pilote se plaint alors que l’avion est désormais moins agréable à piloter et qu’il est difficile de garder les commandes sur neutre. Le fait que le Spearfish ne soit pas muni d’avertisseur de décrochage est également un problème qui doit être modifié pour les avions de série.

    Il est décidé par la Royal Navy qu’un total de 150 Spearfish doit être construit à Heaton Chapel. Ces avions de série reçoivent plusieurs modifications. Les volets sont agrandis et des spoilers sont installés pour améliorer le contrôle latéral. Les dix premiers appareils doivent être motorisés par des moteurs en étoile Bristol Centaurus 57 de 1’900kW, les vingt-deux suivants avec des Centaurus 59 et les 118 derniers avec des Centaurus 60.
    Mais avant le début de cette fabrication en série, l’abandon des porte-avions de la classe Malta suite à la fin du conflit entraine la diminution du nombre d’exemplaires commandés, puis l’annulation du programme d’acquisition du nouveau bombardier-torpilleur. Quelques travaux sont encore effectués sur les appareils construits dans l’usine de Hayes, notamment pour des tests expérimentaux qui serviront par la suite à d’autres appareils.


    Versions :
    Spearfish : Prototypes motorisés par des Rolls-Royce Pennine ou Bristol Centaurus 57, six exemplaires commandés, cinq construits.
    Les quatre premiers sont équipés pour le bombardement et le lancement de torpilles, les suivants sont prévus pour être équipés de doubles commandes permettant également l’instruction des pilotes. Suite à l’abandon du programme, les Spearfish continuent à être utilisés dans divers essais. Le premier prototype est ainsi utilisé pour tester, en vol, des systèmes de dégivrage mis au point par l'entreprise Napier & Fils, avant de servir pour la formation au sol à partir du 30 Avril 1952 et de finir sa carrière peu de temps plus tard. Le second prototype est utilisé par l’unité d’essai de la Royal Navy situé sur la base navale RNAS Ford (Sussex). Le troisième prototype sert à effectuer des essais du radar ASV Mk.XV jusqu’au 1er septembre 1949, date à laquelle un atterrissage trop brutal l’endommage au point de devoir le ferrailler. Le quatrième appareil n’a finalement jamais volé et n’a servi qu’à fournir des pièces de rechange pour les autres exemplaires.
    Le seul exemplaire construit à l’usine de Heaton Chapel est utilisé pour effectuer des essais de refroidissement du moteur et de commandes assistées jusqu’en juillet 1951.


    Utilisateurs militaires :
    Royaume-Unis : Cinq prototypes en essais au sein de la Royal Navy et de la Fleet Air Arm.


    Caractéristiques :
    Equipage : 2
    Longueur : 13,59m
    Envergure : 18,36m
    Hauteur : 4,11m
    Surface alaire : 49,15m2
    Diamètre de l’hélice : 4,3m
    Masse à vide : 6’895kg
    Masse en charge : 9’817kg
    Masse maximale au décollage : 10’017kg
    Volume total des réservoirs de carburant : 1’860L
    Points d’attache : 16

    Moteurs :
    Un moteur en étoile Bristol Centaurus 57, de 18 cylindres, développant 2’107kW (2’136cv).

    Performances :
    Vitesse max : 470km/h
    Vitesse de croisière : 315km/h
    Vitesse ascensionnelle : 8,7m/s
    Plafond opérationnel : 7’620m
    Distance franchissable : 1’667km
    Rayon d’action de combat : 562km

    Armement :
    4 mitrailleuses Browning M2 de 12,7mm (2 dans les ailes et deux commandées à distance dans une barbette située derrière le poste de pilotage).
    16 roquettes RP-3 sous les ailes.
    Dans la soute, à choix :
    - 1 bombe de 907kg,
    - jusqu’à 4 bombes de 227kg,
    - une torpille,
    - jusqu’à 4 charges de profondeurs.


    Liens internet :
    https://en.wikipedia.org/wiki/Fairey_Spearfish

    http://www.militaryfactory.com/aircraft/detail.asp?aircraft_id=1205

    http://www.fleetairarmarchive.net/aircraft/Spearfish.htm

    https://www.flightglobal.com/pdfarchive/view/1946/1946%20-%200307.html
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein          "Quand on change son fusil d'épaule, il y a intérêt à ne pas partir de la droite, sinon on passe l'arme à gauche."  Ph. Geluck
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