Moskalyov GSB

Rappels

  • Catégorie : Projet
  • Constructeur : Moskalyov drapeau du pays
  • Missions : Bombardement, Frappe nucléaire

Historique

Dans les années 1950, la grande crainte était une attaque nucléaire dirigée contre les aérodromes. Les Occidentaux y répondirent avec les ADAV. Les Soviétiques, eux, envisagèrent soit des appareils ADAC, soit des hydravions supersoniques de bombardement. En cas de dispersion, ils prévoyaient d'utiliser les nombreux lacs et mers intérieures de l'URSS.

L'un de ces projets d'hydravions supersoniques fut le GSB de Moskaliov, étudié à partir de 1957. A cette date, Aleksandr Serguéievich Moskaliov n'avait plus de bureau d'études à son nom. Il enseignait à l'Académie militaire d'ingénierie aéronautique de Leningrad depuis 1948. La plupart de ses modèles furent construits avant 1945 et certains d'entre eux auraient même battus des records, mais la plupart du temps il faut bien avouer qu'ils étaient un peu trop futuristes. Et ce fut aussi le cas du GSB.

Celui-ci était donc un hydravion de 70 mètres de long et 33 mètres d'envergure. Il pesait plus de 70 tonnes à vide et jusqu'à 300 tonnes au décollage. Il emportait jusqu'à 15 tonnes de charge militaire (dont au moins une FAB-5000) et 128 tonnes de carburant.

Ses missions principales étaient la frappe nucléaire et la lutte contre les navires, point primordial pour les Soviétiques compte tenu de l'importance de l'aéronavale américaine. Les missiles qu'il devait emporter avaient soit une portée de 1000 km et une tête nucléaire de 1 à 5 mégatonnes, voir un missile de 3000 km de portée avec une tête nucléaire de 10 mégatonnes. Contre une flotte de surface, il pouvait envoyer un missile Kh-22 d'une portée de 500-600 km avec une tête nucléaire de 0,3 mégatonne.

Pour son auto-défense, en plus de deux tourelles (sans doute des canons), il disposait même de 4 à 5 missiles air-air d'une portée de 10 km.

Le GSB devait être propulsé par 8 ou 10 réacteurs VK-15M (10000 kgp chacun, 15800 kgp avec réchauffe). Ils devaient lui donner une vitesse de pointe de 3000 km/h, une distance franchissable de 14300 km et un plafond de 20800 m. L'utilisation d'alliages de titane aurait même porté ces chiffres à respectivement 4500 km/h, 15000 km et 28000 m.

Le GSB avait un équipage de seulement 3 personnes. C'était un hydravion à coque, très effilé. Il disposait d'un patin central pour lui permettre d'opérer sur la glace, et de stabilisateurs en bout d'ailes. Les ailes étaient hautes, en double flèche. En fait, une importante section delta servait de section interne à l'aile. Les réacteurs étaient placés en nacelles rectangulaires à la jonction des deux sections de l'aile, sur l'intrados comme sur l'extrados. L'empennage était en T : la dérive était en flèche, et l'empennage horizontal était une réduction homothétique de l'aile.

Une autre configuration fut envisagée, avec des plans canards, une nacelle dorsale pour les réacteurs et des ailes en flèche très en arrière du fuselage. Deux dérives étaient placées en bout d'ailes.


Le GSB devait aussi disposer d'un radar Rubin 1, d'un système de navigation et de bombardement, d'un viseur optique pour le bombardement, de brouilleurs actifs, éventuellement de l'équipement pour la reconnaissance.

Le GSB fut étudié jusqu'en 1960 au moins. Il était contemporain des Beriev SD-MBR et Myasishchev M-70, des projets quadriréacteurs qui répondaient à un concours étatique de bombardier hydravion supersonique. En revanche, il n'est pas certain qu'il fut conçu pour les concurrencer. Il ne fut jamais construit, pas même sous forme de prototype, pas plus qu'aucun projet d'hydravion supersonique en URSS.


Texte de Clansman.

Caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 300 000 kg (661 387 lbs)
  • Masse normale au décollage : 220 000 kg (485 017 lbs)
  • Masse à vide : 77 000 kg (169 756 lbs)
  • Surface alaire : 335 m² (3 606 sq. ft)
  • Hauteur : 10 m (33 ft)
  • Envergure : 33 m (108 ft)
  • Longueur : 70 m (230 ft)

Équipage

  • Équipage : 3

Performances

  • Distance d'amerrissage : 1 000 m (3 281 ft)
  • Vitesse d'amerrissage : 220 km/h (137 mph, 119 kts)
  • Vitesse de déjaugeage : 340 km/h (211 mph, 184 kts)
  • Distance de déjaugeage : 2 200 m (7 218 ft)
  • Vitesse maximum : 3 200 km/h (1 988 mph, 1 728 kts)
  • Distance franchissable : 14 300 km (8 886 mi, 7 721 nm)
  • Plafond opérationnel : 35 000 m (114 829 ft)
  • Mach maximal HA : Mach 2,8
  • Rapport poussée/masse à sec maxi au décollage : 0.27
  • Rapport poussée/masse avec PC maxi au décollage : 0.42
  • Charge alaire maxi au décollage : 895.52 kg/m²
  • Rapport poussée/masse à sec à vide : 1.04
  • Rapport poussée/masse avec PC à vide : 1.64
  • Charge alaire à vide : 229.85 kg/m²

Motorisation

  • 8 × réacteurs Klimov VK-15M de 10 000 kgp (98 kN, 22 046 lbf) — 15 800 kgp (155 kN, 34 833 lbf) avec post-combustion
  • Carburant (masse) : 128 000 kg (282 192 lbs)

Armement

  • Charge militaire : 15 000 kg (33 069 lbs) (5000 kg en conditions normales)
Missiles

Sur le forum…

  • La fiche sur le site

    Un hydravion de 300 tonnes volant à 28000m à Mach 4… c'est pas un petit tuyau. :costaud:
    J'aurai bien aimé voir cet engin construit pour savoir si c'était réalisable.

    Bah, c'est peut-être un peu optimiste. Même si 8 ou 10 réacteurs à 15 tonnes de poussée chacun ça devait envoyer du pâté. :mrgreen:
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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  • Un hydravion de 300 tonnes volant à 28000m à Mach 4… c'est pas un petit tuyau. :costaud:
    J'aurai bien aimé voir cet engin construit pour savoir si c'était réalisable.
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein       "Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles."  Max Frisch
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  • Dans les années 1950, la grande crainte était une attaque nucléaire dirigée contre les aérodromes. Les Occidentaux y répondirent avec les ADAV. Les Soviétiques, eux, envisagèrent soit des appareils ADAC, soit des hydravions supersoniques de bombardement. En cas de dispersion, ils prévoyaient d'utiliser les nombreux lacs et mers intérieures de l'URSS.

    L'un de ces projets d'hydravions supersoniques fut le GSB de Moskaliov, étudié à partir de 1957. A cette date, Aleksandr Serguéievich Moskaliov n'avait plus de bureau d'études à son nom. Il enseignait à l'Académie militaire d'ingénierie aéronautique de Leningrad depuis 1948. La plupart de ses modèles furent construits avant 1945 et certains d'entre eux auraient même battus des records, mais la plupart du temps il faut bien avouer qu'ils étaient un peu trop futuristes. Et ce fut aussi le cas du GSB.

    Celui-ci était donc un hydravion de 70 mètres de long et 33 mètres d'envergure. Il pesait plus de 70 tonnes à vide et jusqu'à 300 tonnes au décollage. Il emportait jusqu'à 15 tonnes de charge militaire (dont au moins une FAB-5000) et 128 tonnes de carburant.

    Ses missions principales étaient la frappe nucléaire et la lutte contre les navires, point primordial pour les Soviétiques compte tenu de l'importance de l'aéronavale américaine. Les missiles qu'il devait emporter avaient soit une portée de 1000 km et une tête nucléaire de 1 à 5 mégatonnes, voir un missile de 3000 km de portée avec une tête nucléaire de 10 mégatonnes. Contre une flotte de surface, il pouvait envoyer un missile Kh-22 d'une portée de 500-600 km avec une tête nucléaire de 0,3 mégatonne.

    Pour son auto-défense, en plus de deux tourelles (sans doute des canons), il disposait même de 4 à 5 missiles air-air d'une portée de 10 km.

    Le GSB devait être propulsé par 8 ou 10 réacteurs VK-15M (10000 kgp chacun, 15800 kgp avec réchauffe). Ils devaient lui donner une vitesse de pointe de 3000 km/h, une distance franchissable de 14300 km et un plafond de 20800 m. L'utilisation d'alliages de titane aurait même porté ces chiffres à respectivement 4500 km/h, 15000 km et 28000 m.

    Le GSB avait un équipage de seulement 3 personnes. C'était un hydravion à coque, très effilé. Il disposait d'un patin central pour lui permettre d'opérer sur la glace, et de stabilisateurs en bout d'ailes. Les ailes étaient hautes, en double flèche. En fait, une importante section delta servait de section interne à l'aile. Les réacteurs étaient placés en nacelles rectangulaires à la jonction des deux sections de l'aile, sur l'intrados comme sur l'extrados. L'empennage était en T : la dérive était en flèche, et l'empennage horizontal était une réduction homothétique de l'aile.

    Le GSB devait aussi disposer d'un radar Rubin 1, d'un système de navigation et de bombardement, d'un viseur optique pour le bombardement, de brouilleurs actifs, éventuellement de l'équipement pour la reconnaissance.

    Le GSB fut étudié jusqu'en 1960 au moins. Il ne fut jamais construit, pas même sous forme de prototype, pas plus qu'aucun projet d'hydravion supersonique en URSS.


    https://www.redstar.gr/index.php?option=com_content&view=article&id=2547:gsb-bombardier-amphibious-aircraft&catid=461&lang=en&Itemid=533


    https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=es&u=https://www.ecured.cu/Moscaliov_GSB&prev=search


    https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=es&u=https://www.ecured.cu/Aleksandr_Sergu%25C3%25A9ievich_Moskaliov&prev=search



    https://www.secretprojects.co.uk/threads/moskalyev-gsb-strategic-jet-bomber-of-1954.10850/


    http://www.ussr-airspace.com/index.php?main_page=product_info&cPath=28_39_38_108&products_id=1033


    https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=https://testpilot.ru/russia/moskalev/gsb/gsb.htm&prev=search
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