Sud-Ouest SO.6020 Espadon

Rappels

  • Catégorie : Prototype
  • Constructeur : Sud-Ouest drapeau du pays
  • Premier vol : 12 novembre 1948
  • Production : 2 appareils construits (cellules neuves)
Sud-Ouest SO.6020 Espadon

Historique

Le premier avion à réaction français fut le SO.6000 Triton, conçu par Lucien Servanty. Ce dernier passa rapidement à l'étape suivante, le premier avion de chasse à réaction français : le SO.6020 Espadon.

En 1946, la France était, en matière aéronautique, complètement dépendante du matériel et du savoir-faire étranger. Lorsque l'Armée de l'Air lança le 25 mars de cette année-là un programme d'avion de chasse à réaction, il s'agissait essentiellement de promouvoir les efforts nationaux, sans trop d'illusions sur le résultat.

La SNCASO et Dassault furent mis en compétition, avec respectivement le SO.6020 et le MD-450 "Ouragan". Le dernier était classique, mais il aura l'honneur d'être le premier avion à réaction français à être construit en série. Le SO.6020 était nettement plus avancé : ailes médianes en flèche très fines et sans réservoir de carburant, deux entrées d'air ventrale. Le moteur était un Rolls-Royce "Nene", déjà présent sur les SO.6000N, mais aussi sur la plupart des appareils de l'époque (y compris le futur MiG-15…). La cellule, bien que très étroite, devait tout contenir : le pilote, le moteur, le carburant, l'électronique, l'armement éventuel…

Le SO.6020-01 vole pour la première fois le 12 novembre 1948. L'Armée de l'Air s'y intéresse et commande deux autres prototypes le 28 juin. C'est à ce moment qu'il est surnommé "Espadon", peut-être en référence à celui de la série Blake et Mortimer parue en 1946… Il faut dire que les deux ont une silhouette très similaire, jusqu'à l'aile à dièdre positif. Malgré tout, il se révèle inférieur à l'Ouragan en montée et doit être repensé.

Le SO.6020-01 aurait été reconstruit en SO.6020-02, les sources divergent quand à savoir s'il s'agit du même appareil ou pas. Ce SO.6020-02 aurait volé pour la première fois le 16 septembre 1949, avant d'être modifié avec des entrées d'air latérales de type NACA et une dérive agrandie. Il vole ainsi pour la première fois le 30 décembre 1949. Il sera de nouveau modifié en SO.6021 avec une structure allégée de 604 kg, un cockpit réduit, un siège éjectable, une surface alaire agrandie de 1,3 m² et des servocommandes hydrauliques Leduc-Jacottet. Il vole ainsi pour la première fois le 3 septembre 1950 et franchit Mach 0,95 en piqué. Cette version devait servir de base à une éventuelle série.



Il fut une nouvelle fois modifié en SO.6026 avec un moteur-fusée SEPR 251 en position ventrale à l'arrière. Il prit l'air dans cette configuration pour la première fois le 15 octobre 1951, entre les mains de Jacques Guignard. Enfin, en 1952, il reçoit sa dernière modification, à savoir des Marboré en bout d'ailes, et vole sous cette forme le 28 mars 1953. Il servira alors au développement du Trident.

Le SO.6020-03, initialement destiné à la reconnaissance tactique, est modifié avant son vol inaugural en SO.6025 avec une fusée SEPR 251 de 1500 kgp en position ventrale, et un gain de poids de 700 kg. Cette fusée SEPR fonctionnait à la fluorine et à l'acide nitrique qu'il fallait stocker dans 2 réservoirs différents. Le SO.6025 vola pour la première fois le 28 décembre 1949.

Il y n'eut donc en réalité que 2, peut-être 3 appareils. Le gain de performances fut insuffisant pour contrer l'Ouragan, retenu par l'Armée de l'Air pour une production en série. La SNCASO espérait en construire environ 350 exemplaires. L'armement envisagé selon les versions est de 2 à 4 canons de 30 mm (peut-être des Hispano) et 4 mitrailleuses de 12,7 mm (peut-être des Browning). Une configuration envisagée est de 6 canons de 20 mm ou 6 mitrailleuses de 15 mm. Une charge offensive de 500 kg est parfois évoquée.

Le programme est annulé en 1951, mais les 2 exemplaires servent ensuite à divers essais en vol, notamment de sièges éjectables ou de moteurs comme le Gabizo et le Marboré. André Turcat fut le premier à franchir le mur du son en palier le 15 décembre 1953 avec un appareil français, voire européen : l'Espadon. Les sources divergent quand à savoir s'il s'agit du SO.6025 ou du SO.6021 (déjà transformé en SO.6026), mais il le doit en tout cas à son moteur-fusée SEPR 251. Le Mystère II avait franchi Mach 1 dès 1952, mais en piqué. Le Mystère IV ne franchira Mach 1 en palier que le 24 février 1954, mais avec le concours de son seul réacteur.

Le manque de pièces de rechange fit que les appareils furent retirés de vol en janvier 1956. Le premier exemplaire fut ferraillé, tandis que le SO.6025 (F-WFRG) fut abandonné sur le champ de tir de Suippes, sans doute vers 1958.



Il fut récupéré en 1971 par l'association des Ailes Anciennes Alsace, et transféré en 1987 aux Ailes Anciennes Toulouse. Il a été partiellement remonté en 2009 et le fuselage ainsi qu'une partie de la dérive restent visible aujourd'hui par le public, à l'extérieur et en très mauvais état.


Texte de Clansman.

Versions

Sur le forum…

  • Des protos que je connaissais pas ou peu par contre, ce sont le Nord 2200 et le NC-1080 dont j'ai récemment fait la fiche…

    J'ai un peu remis la fiche du Mystère IV à jour, du coup.
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  • Je suis assez d'accord pour le Baroudeur, mais je ne connaissais pas tellement l'Espadon ^^

    Merci pour la précision sur le Mystère IV. Peut-être faudrait-il le noter sur la fiche ?
    Et tous ces points d'exclamation, vous avez remarqué ? Cinq ! C'est la marque d'un aliéné qui porte son slip sur la tête. L'opéra fait cet effet à certains.Terry Pratchett
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  • En fait, il s'agit ici du premier vol supersonique en palier. Le premier passage du mur du son s'est fait en piqué en 1952, avec le Mystère II (dont ce fut le seul titre de gloire, opérationnellement il était inefficace à cause de sa piètre endurance et vite remplacé par le Mystère IV).

    Le Mystère II pour mémoire

    Par contre, on présente aussi le Mystère IV comme premier avion français à franchir Mach 1 en palier (24 février 1954)… Mais l'Espadon, c'est le 15 décembre 1953 avec André Turcat aux commandes.

    Ici, par exemple

    On va dire que le Mystère IV a été le premier sans l'aide de moteur-fusée…

    Merci pour la fiche, dans la série « avions français oubliés ».

    Tiens c'est rigolo, pour moi le Baroudeur ou l'Espadon étaient des prototypes mythiques, dont j'attendais depuis très longtemps l'occasion de faire la fiche… :)
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  • Merci pour la fiche, dans la série « avions français oubliés ».
    Rétrospectivement, on peut dire qu'on s'est plutôt bien débrouillés (enfin, surtout Marcel !), pour récupérer aussi vite des compétences et pouvoir construire un avion de chasse digne de ce nom avec l'Ouragan.
    Au passage, j'étais persuadé que le mur du son avait été passé sur un avion Dassault, je crois le Mystère IV. Ça m'étonne un peu que ça soit l'Espadon.

    Rigolo de vouloir faire une cellule étroite avec un Nene (qui était plutôt imposant, ce n'est pas pour rien que le MiG-15 était si ventru ! )
    Et tous ces points d'exclamation, vous avez remarqué ? Cinq ! C'est la marque d'un aliéné qui porte son slip sur la tête. L'opéra fait cet effet à certains.Terry Pratchett
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  • La fiche sur le site
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  • Le premier avion à réaction français fut le SO.6000 Triton, conçu par Lucien Servanty. Ce dernier passa rapidement à l'étape suivante, le premier avion de chasse à réaction français : le SO.6020 Espadon.

    En 1946, la France était, en matière aéronautique, complètement dépendante du matériel et du savoir-faire étranger. Lorsque l'Armée de l'Air lança le 25 mars de cette année-là un programme d'avion de chasse à réaction, il s'agissait essentiellement de promouvoir les efforts nationaux, sans trop d'illusions sur le résultat.

    La SNCASO et Dassault furent mis en compétition, avec respectivement le SO.6020 et le MD-450 "Ouragan". Le dernier était classique, mais il aura l'honneur d'être le premier avion à réaction français à être construit en série. Le SO.6020 était nettement plus avancé : ailes médianes en flèche très fines et sans réservoir de carburant, deux entrées d'air ventrale. Le moteur était un Rolls-Royce "Nene", déjà présent sur les SO.6000N, mais aussi sur la plupart des appareils de l'époque (y compris le futur MiG-15…). La cellule, bien que très étroite, devait tout contenir : le pilote, le moteur, le carburant, l'électronique, l'armement éventuel…

    Le SO.6020-01 vole pour la première fois le 12 novembre 1948. L'Armée de l'Air s'y intéresse et commande deux autres prototypes le 28 juin. C'est à ce moment qu'il est surnommé "Espadon", peut-être en référence à celui de la série Blake et Mortimer parue en 1946… Il faut dire que les deux ont une silhouette très similaire, jusqu'à l'aile à dièdre positif. Malgré tout, il se révèle inférieur à l'Ouragan en montée et doit être repensé.

    Le SO.6020-01 aurait été reconstruit en SO.6020-02, les sources divergent quand à savoir s'il s'agit du même appareil ou pas. Ce SO.6020-02 aurait volé pour la première fois le 16 septembre 1949, avant d'être modifié avec des entrées d'air latérales de type NACA et une dérive agrandie. Il vole ainsi pour la première fois le 30 décembre 1949. Il sera de nouveau modifié en SO.6021 avec une structure allégée de 604 kg, un cockpit réduit, un siège éjectable, une surface alaire agrandie de 1,3 m² et des servocommandes hydrauliques Leduc-Jacottet. Il vole ainsi pour la première fois le 3 septembre 1950 et franchit Mach 0,95 en piqué. Cette version devait servir de base à une éventuelle série.

    Il fut une nouvelle fois modifié en SO.6026 avec un moteur-fusée SEPR 251 en position ventrale à l'arrière. Il prit l'air dans cette configuration pour la première fois le 15 octobre 1951, entre les mains de Jacques Guignard. Enfin, en 1952, il reçoit sa dernière modification, à savoir des Marboré en bout d'ailes, et vole sous cette forme le 28 mars 1953. Il servira alors au développement du Trident.

    Le SO.6020-03, initialement destiné à la reconnaissance tactique, est modifié avant son vol inaugural en SO.6025 avec une fusée SEPR 251 de 1500 kgp en position ventrale, et un gain de poids de 700 kg. Cette fusée SEPR fonctionnait à la fluorine et à l'acide nitrique qu'il fallait stocker dans 2 réservoirs différents. Le SO.6025 vola pour la première fois le 28 décembre 1949.

    Il y n'eut donc en réalité que 2, peut-être 3 appareils. Le gain de performances fut insuffisant pour contrer l'Ouragan, retenu par l'Armée de l'Air pour une production en série. La SNCASO espérait en construire environ 350 exemplaires. L'armement envisagé selon les versions est de 2 à 4 canons de 30 mm (peut-être des Hispano) et 4 mitrailleuses de 12,7 mm (peut-être des Browning). Une configuration envisagée est de 6 canons de 20 mm ou 6 mitrailleuses de 15 mm. Une charge offensive de 500 kg est parfois évoquée.

    Le programme est annulé en 1951, mais les 2 exemplaires servent ensuite à divers essais en vol, notamment de sièges éjectables ou de moteurs comme le Gabizo et le Marboré. André Turcat fut le premier à franchir le mur du son en palier le 15 décembre 1953 avec un appareil européen.

    Le manque de pièces de rechange fit que les appareils furent retirés de vol en janvier 1956. Le premier exemplaire fut ferraillé, tandis que le second fut abandonné sur le champ de tir de Suippes, sans doute vers 1958.

    Il fut récupéré en 1971 par l'association des Ailes Anciennes Alsace, et transféré en 1987 aux Ailes Anciennes Toulouse. Il a été partiellement remonté en 2009 et le fuselage ainsi qu'une partie de la dérive restent visible aujourd'hui par le public, à l'extérieur et en très mauvais état.


    SO.6020-01 : 1er prototype, vol inaugural le 12 novembre 1948. Moteur Rolls-Royce Nene.

    SO.6020-02 : 2e prototype, vol inaugural le 16 septembre 1949. Fut modifié avec des entrées d'air latérales et une dérive agrandie, et revola dans cette configuration pour la première fois le 30 décembre 1949. Pour certaines sources, il s'agit en réalité du SO.6020-01 reconstruit.

    SO.6020-03 : 3e prototype, vol inaugural le 28 décembre 1949. Il reçut la désignation SO.6025 avant même son vol inaugural, à cause du moteur SEPR installé.

    SO.6021 : SO.6020 (01 ou 02 ?) modifié, vol inaugural le 3 septembre 1950. Les modifications incluent une structure allégée de 604 kg, un cockpit réduit, un siège éjectable, une surface alaire agrandie de 1,3 m² et des servocommandes hydrauliques Leduc-Jacottet.

    SO.6025 : Désignation du SO.6020-03 à son premier vol, le 28 décembre 1949. Il est équipé d'une fusée SEPR 521 de 1500 kgp en position ventrale, vers l'arrière.

    SO.6026 : SO.6021 modifié avec la fusée SEPR 521 du SO.6025, vol inaugural le 15 octobre 1951. Il servira ensuite au développement du SO.9000 Trident, et recevra en conséquence 2 réacteurs Marboré en bout d'ailes en 1952. Il vole ainsi pour la première fois le 28 mars 1953.


    Le grand livre des chasseurs / Green & Swanborough

    http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/sud-ouest-so-6020-espadon/


    http://histaero.blogspot.fr/2013/01/les-secrets-de-lautre-espadon.html


    http://jn.passieux.free.fr/html/Espadon.php


    http://lemuseedejloup.over-blog.com/article-20706389.html


    http://univers-de-la-maquette.blogspot.fr/2012/08/le-sud-ouest-so-6025-espadon_27.html


    http://jets.for.ever.pagesperso-orange.fr/Pages/ESPADON.htm


    http://www.aviafrance.com/s-n-c-a-s-o-so-6020-espadon--aviation-france-1517.htm


    http://www.aviafrance.com/s-n-c-a-s-o-so-6021-espadon--aviation-france-9362.htm


    http://www.aviafrance.com/s-n-c-a-s-o-so-6025-espadon--aviation-france-9936.htm


    http://www.aviafrance.com/s-n-c-a-s-o-so-6026-espadon--aviation-france-9937.htm


    https://en.wikipedia.org/wiki/Sud-Ouest_Espadon


    http://www.aviastar.org/air/france/so_espadon.php


    https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=http://www.airwar.ru/enc/fighter/so6020.html&prev=search
    Rang, sang, race et dieux n'entrent en rien dans le partage du vice… et de la vertu. (de Cape et de Crocs, tome 1).>> N'oubliez pas de lire et de relire le Réglement du forum>> N'oubliez pas de consulter les index des sujets avant de poster les vôtres.
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