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Les bombardiers à réaction d'Arado
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V. Les Ar-234 de reconnaissance
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Création/Mise à jour : 24/04/2003 | ||
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En dépit de leur système de décollage et d’atterrissage peu commode, les prototypes V5 et V7 furent livré à une unité de reconnaissance opérationnelle pour évaluation. Les Ar-234 furent équipés de deux caméras Rb 50/30 installées à l’arrière du fuselage. Munies d’objectifs de 500 mm de focale, ces caméras, placées en tandem, étaient inclinées de 12 vers l’extérieur et permettaient de photographier une surface de 20 kilomètres de large. Le 1er juin 1944, le V5 effectua deux vols d’usine avec Janssen et Gôtz, en vue de sa livraison à ce détachement. En juin, Gotz s’entraîna également sur le V4. Le 15 juin, il entreprit avec le V5 un vol de reconnaissance d’une heure et onze minutes, montant jusqu’à 6000 mètres d’altitude au-dessus de Brandenburg.
Le V7 effectua son premier vol opérationnel le 22 juin 1944 aux mains de Krôger. Le 26 juin suivant, l’Oberleutnant Erich Sommer réalisa une mission d’entraînement en grimpant jusqu’à 11000 m d’altitude. Lors d’un autre vol, une mission d’une durée de deux heures vingt fut réalisée à 10000 m d’altitude avec une vitesse de plus de 700 km/h ce qui donnaient un rayon d’action de 1650 km.
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Après le débarquement allié en Normandie, Gôtz reçut l’ordre de déplacer ses Ar-234 à Juvincourt, près de Reims pour réaliser des missions de reconnaissance au-dessus des forces alliées. Le 2 août 1944, Erich Sommer était prêt pour la toute première mission de reconnaissance d’un avion à réaction. Après un décollage impeccable, il mit le cap vers l’Ouest en direction du secteur de son objectif. Sommer mit 20 minutes pour monter jusqu’à son altitude de travail, 10000 mètres. Il piqua ensuite légèrement pour accélérer jusqu’à environ 740 km/h.
Sommer était alors au-dessus de son objectif et mis en route les caméras le long de la côte durant environ 10 minutes. Sommer fit ensuite demi-tour pour effectuer un second parcours parallèle au premier, mais à 10 km à l’intérieur des terres. Il effectua ensuite un troisième parcourt parallèle aux autres mais encore décalé de 10 km puis les réserves de pellicule épuisée, il remit cap à l’Est pour ramener à la base sa précieuse cargaison. |

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Lors de cette sortie, Sommer photographia presque tous les secteurs tenus par les Alliés en Normandie ce que les unités de reconnaissance allemande classique n’avait pu réaliser les deux mois précédents. Lors des trois semaines suivantes, les V5 et V7 accomplirent 13 autres missions et les militaires allemands sur le terrain reçurent régulièrement les images des positions ennemies. Cependant, la bataille de Normandie était déjà perdue pour les Allemands et les images rapportées par les Arado 234 ne servirent qu’à leur montrer en détails l’ampleur de la défaite. Les appareils de Gotz et Sommer passèrent inaperçu pendant la bataille de France et ne furent jamais inquiétés par la chasse alliée en raison de leur vitesse et de leur altitude. C’est la Flak qui réussit ce que la chasse alliée ne put réaliser lors de la campagne de France. Alors que Gôtz s’apprêtait à se poser, la Flak ouvrit le feu sur lui et un projectile frappa l’Ar-234 sous l’habitacle, coupant les systèmes électrique et hydraulique.
Gôtz prit la fuite et réussit un atterrissage à environ 305 km/h sur le terrain d’Oranienbourg avec peu de dommage. Comble de malchance, Gotz était à peine sorti de l’habitacle lorsque l’avion fut percuté et détruit par un autre appareil à l’atterrissage. L’appareil restant fut rapatrié en Allemagne devant l’avance des alliés puis rapidement retiré du service à l’arrivé d’un certain nombre d’Ar-234B-1 qui, par petits détachements, équipaient les unités expérimentales de reconnaissance nommée Kommando Gotz, Hecht, Sperling et Sommer. Deux autres unités, les 1.(F)/33 et 1.(F)/100, étaient encore opérationnelles à la fin de la guerre. |
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Sources : Arado 234, juillet - août 1944 |
Les bombardiers à réaction d'Arado |