[quote][b][url=/v3/forum/japon-36/topic/mitsubishi-ki-2-4252/?post=134663#post-134663]ciders[/url] a dit le 25/12/2018 à 16:08 :[/b] [b][u]Historique :[/u][/b] L'industrie aéronautique et les forces aériennes japonaises bénéficièrent dès leur création de contacts noués par des ingénieurs et des militaires japonais avec leurs homologues européens. Pour multiplier les contacts (et marquer leur différence), l'Armée et la Marine impériale s'étaient respectivement tournées vers la France et le Royaume-Uni. Mais dans les années 1920, un troisième pays vint disputer les positions de ces deux concurrents : l'Allemagne. Dans l'après-guerre, l'industrie allemande ne pouvait pas compter sur les commandes militaires nationales et dut se tourner vers l'étranger pour survivre. Sa technologie suscita rapidement l'intérêt des Japonais. En 1924, l'entreprise Kawasaki avait entamé des pourparlers avec le fabricant d'hydravions Dornier et avec le motoriste BMW dans le cadre du développement de ce qui allait devenir le bombardier Kawasaki-Dornier Do N (bombardier lourd de l'Armée type 87). Ce faisant, Kawasaki signait le début d'une série de partenariats avec l'ingénieur Richard Vogt qui permettrait la conception du KDA-2 ou encore du KDA-5. D'autres suivirent au début des années 1930, Aichi se liant avec Heinkel et Mitsubishi avec Junkers. En février 1931, un groupe de citoyens japonais acquit avec des fonds privés l'un des deux Junkers S 36 produits trois ans auparavant et l'offrit à l'Armée. Cet appareil était destiné à assurer des missions de transport postal mais il fut militarisé en Suède par une entreprise amie. Rebaptisé K 37, il était désormais armé de deux mitrailleuses et pouvait emporter jusqu'à 450 kilos de bombes. Mais ses performantes étaient insuffisantes pour faire face aux nouveaux chasseurs entrant alors en service en Europe. Il en était tout autrement au Japon. Sautant sur l'occasion, Mitsubishi envoya une délégation à Malmö, racheta l'un des appareils ainsi que les plans et l'autorisation de le produire sous licence. Il fut alors démonté puis transporté au Japon où il fut assemblé de nouveau puis engagé en Mandchourie en janvier 1932 à l'occasion de la conquête japonaise de ce territoire. Il s'y comporta bien mais fut sévèrement endommagé un mois plus tard au moment de son retour sur l'archipel suite à une panne de moteur. Les performances du K 37 poussèrent les autorités militaires à ordonner le développement de deux nouveaux appareils extrapolés de celui-ci : un bombardier lourd (le futur Ki-1) et un bombardier léger. La gestation des deux fut confié à Mitsubishi sur la base de l'expérience acquise. Le cahier des charges stipulait que le futur bombardier devait pouvoir évoluer à 260 km/h à une altitude de 3 000 mètres. Il devait aussi pouvoir emporter une demie-tonne de bombes sur une distance d'environ 1 100 kilomètres, atteindre les 7 000 mètres d'altitude, être plus léger et plus rapide que le Ki-1 et surtout, pouvoir voler avec un seul moteur dans de bonnes conditions. La même équipe qui travaillait sur le projet Ki-1 fut chargée du développement. Un premier prototype effectua son premier vol en mai 1933 avec deux Bristol Jupiter VI (fabriqués au Japon par Nakaijima) de 435 ch chacun. Mais durant les essais, il s'écrasa à l'atterrissage au retour d'un vol d'évaluation, causant la perte de l'équipage. Mitsubishi tira profit de l'accident pour améliorer son modèle. Réparé, le prototype reçut deux moteurs plus puissants et un fuselage renforcé (notamment la queue et la partie arrière). Trois autres prototypes et une campagne supplémentaire d'essais démontrant un comportement sain et des performances répondant aux exigences initiales achevèrent de convaincre les décideurs. En novembre 1932, ordre fut donné au constructeur de démarrer la production du Ki-2, officiellement désigné bombardier léger bimoteur de l'Armée type 93 ([i]Rikugun Kuû-San-Shiki Sô-hatsu Keï Bakugeki-ki[/i]). Dix-sept exemplaires furent assemblés en 1933 et entrèrent en service cette même année. Ils furent suivis de cent-neuf autres appareils, soit un total de cent-vingt six exemplaires construits entre 1933 et 1936. Extérieurement, le Ki-2 portait la "patte" des productions Junkers. Entièrement métallique avec un revêtement extérieur s'apparentant à de la tôle ondulée (technique chère à Hugo Junkers), le nouvel appareil était un bimoteur à double dérive et train d'atterrissage fixe. Les roues principales n'étaient pas carénées et une roulette de queue supportait l'ensemble au sol. Sa voilure était implantée en position basse. L'équipage, constitué de trois hommes (un pilote et deux mitrailleurs), prenait place dans trois postes séparés et ouverts à l'air libre. Seul le pilote était vaguement protégé des éléments par deux petits pare-brises à l'avant et à l'arrière. Deux moteurs Jupiter VII propulsaient le Ki-2. Il s'agissait de moteurs en étoile développant 500 ch chacun et entraînant une hélice bipale en bois à pas fixe. De l'autre côté de chacun des moteurs, des râteliers d'intrados furent installés pour emporter une charge de bombes. Pour sa défense, le Ki-2 disposait de deux mitrailleuses jumelées dans le poste arrière et de deux autres dans le poste avant. Ce dernier se distinguait par sa forme circulaire : la partie inférieure incorporait une rangée de vitres, la partie supérieure et ouverte supportait les mitrailleuses tandis que le tireur dépassait par l'ouverture. Il n'y avait aucune autre arme défensive sur les flancs ou sous le ventre de l'appareil ni aucune partie protégée par un blindage, choses qui se feront plus tardivement au Japon et ailleurs. Si les débuts opérationnels du Ki-2 se limitèrent à des missions de maintien de l'ordre en Mandchourie et de démonstration de force vis-à-vis du gouvernement chinois, il ne fallut pas attendre longtemps pour que la guerre rattrape le bombardier et l'amène à faire ce pourquoi il avait été conçu : du bombardement horizontal. ................................................................................................. [u][b]Caractéristiques :[/b][/u] [u]Version :[/u] Mitsubishi Ki-2-I [u]Type :[/u] Bombardier léger [u]Équipage :[/u] 3 hommes [u]Motorisation :[/u] 2 Nakajima Jupiter VII de 9 cylindres en étoile, à refroidissement par air, chacun développant 500 ch au décollage (570 ch à 3 000 m) [u]Poids :[/u] Masse à vide : 2 800 kg Masse maximale au décollage : 4 550 kg [u]Performances :[/u] Vitesse maximale : 255 km/h à 3 000 m Vitesse ascensionnelle : 3 000 m en 10 mn Plafond pratique : 7 000 m Autonomie : 900 (avec sa charge maximale) à 1 660 km (sans sa charge) [u]Dimensions :[/u] Envergure : 19,96 m Hauteur : 4,63 m Longueur : 12,60 m Envergure : 56,2 mètres carrés [u]Armement :[/u] Une mitrailleuse jumelée sur affût mobile Type 89 calibre 7,7 mm (4 x 5 boîtiers de 90 cartouches), dans la tourelle de nez Une mitrailleuse jumelée sur affût mobile Type 89 calibre 7,7 mm (4 x 5 boîtiers de 90 cartouches), dans le poste de tir dorsal Charge extérieure : entre 300 et 500 kg de bombes [u]Pays utilisateurs :[/u] Japon (armée impériale)[/quote]