[quote][b][url=/v3/forum/france-29/topic/caract%C3%A9ristiques-rafale-312/?post=109894#post-109894]tmor[/url] a dit le 05/03/2015 à 17:44 :[/b] Damocles n'est pas supersonique, il peut donc être très contraignant suivant les scénarios... Vu les questions que j'ai croisées ici, je me dis que je pouvais vous faire profiter d'une synthèse que j'ai écrite sur un autre forum. Cette synthèse reprend pour l'essentiel les rapports d'interview que PolluxDeltaSeven a pu avoir avec des pilotes sur plus de trois ans. Il faut le voir comme le minimum de ce que le Rafale peut faire, ou le maximum de ce que ses pilotes ont le droit de dire ! l'idée qu'on en tire, c'est celle d'un Rafale conçu par des gens visionnaires, très proches des besoins de l'AdA, très au courant de ce qui se passe dans les réalités opérationnelles. Je n'imagine même pas d'attaquer ce bilan sans commencer par le duo fusion de données et MMI, manifestement [b][u]LE PLUS GROS[/u][/b] succès technique du Rafale. Une fusion de donnée, tout le monde pige ce que c'est, et beaucoup l'expliquent par la simple génération d'une image tactique présentée au pilote. Et normalement, c'est plus que ça, puisque ça sert à mettre en relation les capteurs les uns avec les autres, permettant des recoupements d'informations afin d'obtenir la piste d'une cible la plus précise possible. Le principe, c'est la création d'un fichier informatique dès qu'un capteur saisit quelque chose, et d'alimenter ce fichier avec tout ce qu'on trouve grâce aux autres capteurs en filtrant les doublons. Double effet : le plus souvent, pour le pilote, [b]une DO -désignation d'objectif- ne proviendra pas d'un capteur unique[/b]. Et surtout, à cause du recoupement,[b] les performances de tous les capteurs sont virtuellement améliorées[/b]. C'est un point absolument essentiel. Sur le Rafale, cette fusion de données est apparemment faite à une[u] vitesse phénoménale[/u] et de façon très fluide. Cela doit demander une grande puissance, d'ailleurs Bubzy nous avait fait à ce propos un magnifique texte à propos de l'électronique puissante du MDPU et de la virtualisation du processus pour s'affranchir des risques d'obsolescence des composants hardware. Mais comme je l'ai écrit (comme les pilotes, à travers PD7, le disent), c'est un duo gagnant qui fait fonctionner cela : il faut rendre justice aux [b]MMI à propos desquelles tous les pilotes (y compris d'échange) sont extrêmement élogieux[/b]. Ces MMI ont le bon goût de présenter d'une façon remarquable les informations issues de la fusion des données. Et donc, ce duo FdD/MMI, a le chic de fournir aux pilotes de Rafale [b]ce qui se fait de mieux en collecte, classification, identification des menaces et présentation claire de la situation tactique[/b], avec pour conséquences la libération de la concentration du pilote qui peut réellement préparer sa tactique [b]avec une avance substantielle sur la menace[/b] et en air-air, cela conduit à l'obtention très rapide de solutions de tir, EN AVANCE sur l'ennemi, et ce alors même que celui-ci voit plus loin et aurait du pouvoir tirer avant. Les scores du Rafale en Suisse découlent probablement de cela. Alors comment se débrouillent les capteurs de l'avion en fonction de tout ça ? Déjà, lorsqu'ils sont en route, toutes leurs données sont fusionnées. Mais il se peut qu'on en coupe un ou plusieurs, ça ne privera pas forcément l'avion du monde... Voilà cependant ce qu'il faut retenir pour chacun : -le radar : il reste le capteur essentiel car il marche quelle que soit la météo, il est très rapide et précis, ce qui fait que pour l'interception et le guidage des armes,[b] il n'y a pas mieux[/b]. Ceci dit, la fusion des données lui apporte une chose importante : le recoupement de ses données permet de le faire fonctionner avec moins de puissance, [u]ce qui favorise sa discrétion[/u] (il se disait déjà à une époque que son balayage très rapide permettait déjà une réduction de sa puissance). Par contre, privé de modes d'extraction de coordonnées, il cède certaines fonctions à l'OSF ou Damocles ; -l'OSF. Aussi coûteux que le radar (quand même !). La voie TV permet d’identifier à distance (très intéressant suivant les règles d'engagement) alors que le RBE-2 n'a pas de NCTR, et avec le télémètre laser, elle peut donner une bonne désignation d'objectif (à quelle distance ?). Par contre, [b]la voie IR disponible ne donne pas vraiment satisfaction[/b] (pas de DO, pas tous temps) mais son FLIR qui aurait été nécessaire à l'identification de nuit, manque vraiment aux pilotes sur les nouveaux OSF. Pour remplacer, le Damocles procure un FLIR... Sauf qu'il n'est pas supersonique... Et si le Mica IR (avec son autodirecteur multicible) permet de le remplacer un peu en IRST, il ne fournit pas l'imagerie. On peut penser que le DDM-NG comble un peu le vide, sans l'imagerie, ou du moins pas encore, mais j'y reviendrai ; -Spectra : Déjà, en Libye, il a très bien fonctionné : [b]écoute des signaux et guidage des raids surtout[/b]. Fonctionnant[u] [b]seul[/b], en air-air comme en air-sol, il ne faut [b]pas attendre de miracle de précision[/b][/u] sur le positionnement des cibles. Cela permet toutefois de lancer un [b]Mica en LOAL à courte portée[/b], mais pas en BVR où la précision est [b]trop aléatoire[/b], voire dangereuse. Idem pour l'AASM, même si la munition très puissante compense un peu l'imprécision. La précision viendra de la connaissance du radar détecté, du temps d'illumination, du terrain, etc. A noter donc que Spectra permet de faire de l'autodéfense/SEAD sans forcément avoir une formation spécifique (j'y reviendrai) ; -DDM-NG : Bubzy et prof nous en ont parlé, PD7 l'a reconfirmé, le DDM-NG est un IRST. Il voit des tâches thermiques, les suit, les transmet à Spectra. Missiles ou aéronefs. C'est en ça qu'il me semble qu'il remplace en partie l'OSF IR. Comme le Mica IR d'ailleurs (voir plus loin à quel point). [b]Il peut aussi déterminer une portée, mais ça dépend de la cible, ses mouvements, si elle est reconnaissable, et aussi des mouvements du Rafale[/b]. Encore, donc, des infos à recouper pour faire mieux. Ceci dit, ça doit bien permettre de tirer du Mica en LOAL, avec les mêmes précautions que pour Spectra seul. -L16 : [b]bonne DO si une piste vient d'un autre chasseur[/b],[b] mais il ne faut pas en attendre autant si elle vient d'un radar de veille, AWACS ou navire[/b] (rafraîchissement trop lent). La précision devient alors trop faible et permet au mieux [b]un tir Mica LOAL à courte portée[/b]. Il existe aussi à ce niveau des soucis avec la fusion de données suivant la transmission, avec des risques de doublons. -Mica : en particulier le Mica IR. Son capteur est multicible et peut voir les départs de missiles (intégré à Spectra ?). Il se comporte donc bien comme un petit IRST sans imagerie. Du coup, vous l'avez vu, il est beaucoup question : -de savoir avant les autres ce qui se passe autour de l'avion ; -d'autodéfense. Le Rafale, comme nous l'explique PD7, peut contrôler ce qui se passer dans une bulle de 50km de rayon autour de lui, pour échapper aux menaces, ou les éclater. En effet, comme [b]il sait les choses en avance[/b], le Rafale peut éviter les combats BVR lointains en montant des tactiques de fourbes. Et grâce au Mica IR qui frappe plus loin que les autres missiles IR, avec un très bon pk (missile passif) il échappe au combat rapproché. Grâce à l'AASM, armement maniable et souple d'emploi, il peut casser des SAMs trop menaçants et sans sacrifier ses points d'emports à un armement spécialisé. Autonome au possible, il est fait pour s'infiltrer avec un minimum de support, quitte à le faire en radada grande vitesse, pilote automatique, pendant que le pilote gère la guerre électronique sans se soucier du vol. Il n'en demeure pas moins qu'il existe des choses dans lesquelles le Rafale avouera des faiblesses. En effet, il n'a pas un radar qui voit méga loin et bien sur les bords, ni un missile qui va méga-loin, ni des moteurs pour aller méga-haut. Même si ça pourra s'améliorer un jour. Il n'a pas non plus des super missiles anti-radiation. Il n'a pas de petits missiles trop classes pour casser des blindés ou des petits véhicules à longue distance, en salve. Il n'a pas les moyens de brouillage d'un Growler... Il n'a pas de missiles de combat rapproché dédiés et de viseur de casque (ça va de paire). Donc : -il ne sera pas le champion en combat BVR haut et lointain : il peut gérer ceux qui font ça, mais ne fera pas aussi bien qu'eux le jour où il faudra casser des hordes de bombardiers lanceurs de MdC le plus vite possible, quitte à tirer de très loin sans avoir identifié ce qu'il y a en face car on le sait déjà (le Typhoon serait un meilleur intercepteur de l'apocalypse) ; -il ne sera pas capable de gérer tranquillement les sites SAM haut-de-gamme ; -il ne sera pas le champion de la réduction des dégâts collatéraux ; -il ne fera pas de couverture électronique de raids complets ; -il ne brillera pas toujours en dogfight missile pendant les exercices avec les copains (vu qu'il engage de plus loin)... Mais c'est juste qu'on n'en a pas besoin, chez nous. Le Rafale est bien, selon la formule ironique de Kovy (en 2009 je crois), un "petit chasseur pour faire du strike bien pépère" (ou de la reco). Mais tellement pépère que si on le dérange, il met la misère aux forces d'opposition (vérifié en exercice par des pilotes italiens (et sûrement d'autres)). Pour le air-air strict, il est à même de traiter toutes les menaces actuelles, mais nos pilotes aimeraient peaufiner les tactiques en se frottant à du F-22. En attendant, la bonne nouvelle, c'est que l'avion permet d'atteindre de bons niveaux sans être spécialiste, grâce aux couples Rafale/Mica, ou Rafale/AASM.[/quote]