Wibault 7

  • Chasseur monoplace français des années 1920, monomoteur et monoplan à ailes parasol.

    En 1923, le Service technique de l'aéronautique français (STAé) désire remplacer les derniers chasseurs de la première guerre mondiale encore en service, ainsi que ses Nieuport-Delage NiD.29 jugés dépassés. Le nouvel appareil doit atteindre 240 km/h à 5'000 mètres d’altitude et être armé de quatre mitrailleuses approvisionnées de 500 coups chacune. De plus, il doit être équipé d’un des trois derniers moteurs développés en France, soit le Lorraine 12 W de 450 ch, le Gnome & Rhône Jupiter 9 de 420 ch ou l’Hispano-Suiza V12 de 500 ch. Les constructeurs désirant participer à cet appel d’offre ont jusqu’à l’été 1924 pour construire un prototype, afin de le faire évaluer.

    Pour répondre à cette demande, la Société des Avions Michel Wibault proposent un avion basé sur le prototype monoplan à ailes parasol Wibault 3. Alors que ce dernier est motorisé par un V8 d’Hispano-Suiza, le nouvel appareil désigné Wibault 7 reçoit un moteur radial Gnome-Rhône 9Ad de 480 ch (360 kW). Contrairement à ses concurrents, cet avion est entièrement métallique, grâce à un procédé de fabrication breveté par Michel Wibault quelques années plus tôt.

    Le fuselage possède une structure métallique en demi-coque, rivetée, constituée de profilés longitudinaux recouverts de bandes de duralumin à bords pliés. La forme latérale de la coque est rigidifiée par des cadres en tôle. Derrière le moteur, qui entraine une hélice bipale, se trouve le réservoir de carburant principal. Le poste de pilotage, ouvert et protégé par un simple pare-brise, est équipé d’un ensemble complet de commandes et d'instruments de bord. La dérive, effilée et recouverte d'une fine tôle rainurée, est de taille modeste mais possède une surface mobile importante. L’empennage horizontal est en Delta. L’aile, en parasol, possède une structure métallique bipoutre et est fixée au fuselage par des entretoises en tube d'acier. Sa surface est recouverte d'une feuille de duralumin rainurée, rivetée aux nervures selon une méthode brevetée par M. Wibault. Les ailerons à grand allongement remplissent également la fonction de volets. Le train d’atterrissage classique est fixe, avec un patin à l’arrière. Les roues du train principal sont reliées entre elles par un essieu, tandis qu’un dispositif d'amortisseur oléopneumatique est installé.

    Le premier prototype vole en 1924 et deux autres sont construits par la suite. Lors des premières évaluations effectuées la même année, les 12 concurrents présélectionnés sont recalés, la STAé laissant aux constructeurs jusqu’à l’été 1925 pour modifier leurs appareils, afin qu’ils puissent satisfaire aux exigences. Michel Wibault amène quelques améliorations à son modèle 7 et travaille sur une version désignée Wibault 71 qui est motorisée par un Hispano 12 Jb de 400 ch.

    Bien qu'il soit déclassé par le Nieuport-Delage NiD.42 et le Gourdou-Leseurre GL.32 en ce qui concerne les performances, le Wibault 7 retient toutefois l’attention et 25 exemplaires sont commandés. Par la suite, 69 exemplaires sont encore commandés et mis en service en 1929 sous la désignation de Wibault 72. Il semble que la principale modification, par rapport aux prototypes, est le renforcement des entretoises des ailes.

    Le constructeur britannique Vickers achète une licence pour construire en Angleterre 25 Wibault 7 pour le Chili.

    La Pologne se déclare intéressée par le Wibault 7, non pas pour ses performances, mais pour son architecture métallique. Le constructeur français propose une version spécialement conçue pour l’exportation et désignée Wibault 73. Après discussion, la Pologne refuse ces appareils, mais négocie l’achat de la licence par PZL pour la construction de vingt-cinq avions semblables aux appareils de l’Armée de l’Air. Ils s’en différencieront toutefois par leur motorisation assurée généralement par des Bristol Jupiter, excepté quelques exemplaires munis d'un moteur Wright Cyclone. Ces appareils sont désignés PZL Wibault 70 C1 et restent en service de 1929 à 1939. Par la suite, la version Wibault 73 est proposée au Paraguay qui en achète sept exemplaires.

    L’aviation navale française commande à son tour la version de chasse Wibault 74 et de reconnaissance aérienne Wibault 75. Ces deux versions, spécialement conçues pour être embarquée à bord de porte-avions, possèdent des fuselages renforcés et sont munis d’une crosse d’appontage. Ils restent en service en première ligne jusqu’en 1938, puis sont utilisés comme avions d’entrainement jusqu’au début de l’année 1940.



    Versions :
    Wibault 7 : Version de base motorisée par un moteur radial Gnome-Rhone 9Ad de 480 ch (360 kW) ; 3 prototypes construits.

    Wibault 7 C1 : Version de base construite pour l’Armée de l’Air ; 25 appareils construits.

    Wibault 71 : Version rapidement redésigné Wibault 9, motorisée par un Hispano 12 Jb de 400 ch ; un prototype construit.
    Appareil identique au Wibault 7, excepté son moteur en ligne Hispano-Suiza. Ce dernier, refroidit par eau, est plus lourd que le moteur radial à refroidissement par air, ce qui explique que le Wibault 71 pèse 90 kg de plus que la version originale.

    Wibault 72 : Version améliorée du Wibault 7, avec un renforcement de l’entretoise des ailes ; 60 exemplaires mis en service en 1929 au sein de l’Armée de l’Air.

    Wibault 73 : Version destinée à la Pologne, puis au Paraguay, 7 (11 ?) exemplaires construits.

    Wibault 74 : Version au fuselage renforcé et muni d’une crosse d’appontage destinée à l’aviation navale française ; 18 exemplaires construits.

    Wibault 75 : Version de reconnaissance aérienne au fuselage renforcé, muni d’une crosse d’appontage et d’une caméra, destinée à l’aviation navale française ; 18 exemplaires construits.

    Wibault 9 : Autre désignation du Wibault 71.

    PZL Wibault 70 C1 : Version construite sous licence par PZL semblable à la version originale, mais motorisée par un Bristol Jupiter, excepté 3 exemplaires équipés d'un moteur Wright Cyclone ; 25 exemplaires construits.
    Le 28 janvier 1928, le ministère des Affaires militaires polonais signe un contrat de licence de production pour 25 avions Wibault 70C1. La production doit se faire dans la nouvelle usine aéronautique polonaise Państwowe Zakłady Lotnicze à Varsovie. Cette décision a contribué au développement de l'industrie aéronautique en Pologne. Début 1928, deux ingénieurs et un groupe de spécialistes polonais de chez PZL sont envoyés en France, à l’usine d’Aviation M. Wibault. Ils y sont formés sur les technologies des traitements des alliages légers, ainsi que de leur application dans la construction aéronautique. Cette formation a contribué de manière significative au développement de l'industrie aéronautique polonaise, avec la construction d'avions à structure métallique. Fin 1929, PZL lance la production de la série de 25 avions Wibault 70C1. Vingt-deux sont équipés du moteur radial Gnome-Rhône Jupiter et trois avec le moteur radial Wright Cyclone de même puissance. On remarque que parfois ces avions fabriqués sous licence en Pologne sont nommés PZL Wibault 7.
    Le premier avion Wibault 70C1 produit sous licence sort en avril 1929 et est envoyé à l'Institut de recherche technique aéronautique de Varsovie pour y être évalué. Ces appareils sont utilisés en Pologne comme chasseurs seulement jusqu’en 1931, avant de servir d’avions de transition pour la formation des pilotes jusqu’en 1935. En effet, les pilotes et les responsables militaires ont toujours considérés que l’appareil n’avait pas la maniabilité requise pour un chasseur.

    Vickers Type 121 Wibault "Scout" : Version construite sous licence par Vickers pour le Chili, équipés de moteurs Bristol Jupiter ; 25 exemplaires construits.
    Les principales différences avec les Wibault 7C1 d’origine sont l’installation de haubans plus solides et l’installation d’équipements britanniques. Un appareil de démonstration construit par Wibault en France (F-AHFH) est livré à Brookland en février 1926, afin d’être acheminé au Chili pour y être testé. Il est ensuite restitué au constructeur français une fois la commande chilienne passée. Le premier "Scout" construit par Vickers effectue son premier vol en juin 1926, mais ce sera également le dernier. En effet, le Flt Lt 'Tiny' Schofield, qui en est le pilote d’essai, engage l’appareil dans une vrille et n’arrive pas à en sortir, ne pouvant qu’abandonner l’appareil en sautant en parachute. Les 26 appareils commandés sont livrés au Chili entre septembre et novembre 1927.



    Utilisateurs militaires :
    Chili : 26 Vickers Wibault en service au sein de l’Armée de l'air chilienne entre 1927 et 1934.

    La France : 25 Wibault 70C1 et 69 Wibault 72 au sein de l’Aéronautique Militaire à partir de 1929 ; 24 Wibault 74 et 18 Wibault 75 au sein de la Marine Nationale entre 1932 et 1940.

    Paraguay : L'Armée de l'Air paraguayenne a reçu 7 Wibault 73, dont trois sont encore en service au déclenchement de la guerre du Chaco en 1932 entre le Paraguay et la Bolivie.

    Pologne : 25 PZL Wibault 70C1 pour l’Armée de l'Air polonaise.


    Caractéristiques et performances :
    Equipage : un pilote
    Longueur : 7,45 m
    Envergure : 10,95 m
    Hauteur : 2,96 m
    Surface alaire : 22,0 m2
    Masse à vide : 827 kg
    Masse maximale au décollage : 1444 kg
    Moteurs : un moteur Gnome et Rhône 9Ac de 313 kW (420 ch)
    Vitesse max haute altitude : 227 km/h
    Vitesse ascensionnelle : 5,4 m/s
    Plafond opérationnel : 8’100m
    Distance franchissable : 600 km
    Armement : 2 mitrailleuses Vickers de 7,7mm synchronisées tirant au travers du disque de l’hélice.



    Liens internet :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Wibault_72

    https://en.wikipedia.org/wiki/Wibault_7

    https://pl.wikipedia.org/wiki/Wibault_70

    https://www.aviafrance.com/wibault-7-aviation-france-8757.htm

    https://www.aviafrance.com/wibault-73-aviation-france-8760.htm

    https://www.aviafrance.com/wibault-72-aviation-france-8758.htm

    https://www.aviafrance.com/wibault-74-aviation-france-8759.htm

    https://www.baesystems.com/en/heritage/vickers-wibault-scout
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein"Quand on change son fusil d'épaule, il y a intérêt à ne pas partir de la droite, sinon on passe l'arme à gauche."  Ph. Geluck
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  • La fiche sur le site. 

    Cette fois, on peut dire "plus de 3000" fiches d'appareils.
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein"Quand on change son fusil d'épaule, il y a intérêt à ne pas partir de la droite, sinon on passe l'arme à gauche."  Ph. Geluck
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