CAMS 55

  • Hydravion biplan et bimoteur français des années 1920-1930, utilisé pour la reconnaissance, la patrouille maritime et l’attaque légère.

    Pour répondre à un programme d’acquisition d’un hydravion de bombardement et de reconnaissance côtière émis en 1927 par la marine nationale, les Chantiers aéro-maritimes de la Seine (C.A.M.S.) conçoivent le type 55.

    Étudié et construit en moins d’une année, cet appareil reprend en grande partie la cellule du type 51. La coque, construite entièrement en bois, est dessinée avec deux redans. Le premier redan est doublé d’une plaque galvanisée, ce qui n’est pas le cas du deuxième. Le poste de pilotage qui accueille le pilote, le navigateur et le photographe est ouvert et protégé par des parebrises. Un poste de mitrailleur est installé à l’avant du fuselage, près de l’étrave, avec une mitrailleuse Lewis de 7,7 mm montée sur un anneau permettant un tir tout azimut. Un deuxième poste de mitrailleur, également muni d’une mitrailleuse Lewis de 7,7 mm sur un anneau, est installé à l’arrière entre les ailes et l’empennage. Les ailes en biplan sont droites, avec des extrémités carrées, et sont maintenues ensemble à l’aides de mâts et de câbles. Recouvertes de toile émaillée elles sont repliables vers l’arrière afin de diminuer l’encombrement. Le plan inférieur, renforcé par deux paires de haubans, possède un léger dièdre positif et est équipé de flotteurs permettant une meilleure stabilité lorsque l’appareil est posé sur un plan d’eau. Les deux moteurs sont installés l’un derrière l’autre sous le plan supérieur à l’aides de montants métalliques. Ils entraînent, dans une configuration "push-pull", deux hélices bipales situées à l’avant et à l’arrière des ailes. L’empennage cruciforme est constitué d’une dérive légèrement en flèche avec une partie mobile de grande dimension et d’un empennage horizontal droit.

    Le prototype 55.001 effectue son premier vol à Sartrouville, piloté par Maurice Hurel, durant l’été 1928. Il est motorisé par deux Hispano-Suiza 12Lbr. La marine en commande quatre exemplaires propulsés par des Gnome-Rhône Jupiter de 480 ch pour effectuer des essais en opérations dans l’étang de Berre. Les résultats des essais sont relativement mitigés. En effet, si son pilotage est relativement facile et son endurance d’une dizaine d’heures intéresse la Marine, cette dernière considère ses vitesses maximale et ascensionnelle un peu faibles. Elle en commande tout de même 106 exemplaires, de six versions différentes qui se différencient en elles principalement par leurs motorisations, tous livrés entre 1929 à 1935. L’Armée de l’Air en commande à son tour quatre exemplaires (n° de série 107 à 110).

    Le CAMS 55 n’a peut-être qu’un défaut : le positionnement des hélices. En effet, malgré la grille de protection installée derrière le poste de pilotage, plusieurs membres d’équipage et de mécaniciens sont victimes d’accidents, généralement des mains coupées, et un mort est également à déplorer.

    Le 11 février 1930, la Société Générale Aéronautique (SGA) est créée à la suite du regroupement autour de Lorraine-Dietrich, qui avait déjà absorbé Hanriot, des constructeurs Nieuport-Delage, Dyle et Bacalan, Amiot-SECM et la CAMS. Cette dernière est la seule société en pleine expansion et elle devient le premier constructeur français d’hydravions après la faillite de la F.B.A. l’année suivante. Le 1er juin, Médéric Rousset est engagé comme pilote d’essai à la CAMS où plusieurs versions du type 55 sont testées : 55-3 doté d’une coque métallique, 55-4 propulsé par deux moteurs Lorraine 12 Fa de 600 ch, 55-6 avec une coque plus large et des hélices tripales à pas variable, etc. Il y a également deux projets de quadrimoteurs, les 55-12 et 55-13, qui sont à l’étude mais ne seront jamais construits. Durant ces essais, le pilote Brunel trouve la mort le 4 janvier 1932 en se noyant, après que le prototype du CAMS 55-3 qu’il pilote se soit retourné en percutant l’eau durant une manœuvre pour éviter une péniche. Jean-François Lagadou est recruté pour lui succéder, ainsi qu’Yves-Marie Lantz, ancien pilote d’essai à la F.B.A d’Argenteuil et de chez Breguet, en 1933.

    Au total, 112 exemplaires des différentes versions sont construits dans les Chantiers Aéro-Maritimes de la Seine.

    Le CAMS 55 est largement utilisé dans la marine française dans la première moitié des années 1930 en équipant 15 escadrilles. Cependant, après l'introduction du Breguet 521 "Bizerte" en 1936, il est peu à peu retiré des missions de patrouille maritime à longue distance pour n’effectuer plus que de la surveillance côtière.

    Lors de l’offensive allemande, le 10 mai 1940, 25 exemplaires sont encore utilisés en première ligne, mais lors de l’armistice du 19 juin, ils sont pratiquement tous déjà détruits. Le dernier exemplaire est retiré du service, alors qu’il volait jusque-là au sein de l’Escadrille 20S basée à Tahiti, en janvier 1941.



    Versions :
    55H : Prototypes destinés à évaluer en vol l’intégration des moteurs Hispano-Suiza 12Lbr (12 cylindres en V) ; 2 exemplaires construits, le premier étant le 55.001.

    55J : Prototypes destinés à évaluer en vol l’intégration des moteurs en étoile Gnome-Rhône 9A Jupiter ; 2 exemplaires construits.

    55-1 : Version initiale motorisée par deux Hispano-Suiza 12Lbr de 608 ch (447 kW) chacun ; 43 exemplaires construits à partir de 1929.

    55-2 : Version motorisée par deux Gnome-Rhône Jupiter 9Akx de 480 ch (353 kW) chacun ; 29 exemplaires construits à partir de 1929.

    55-3 : Version de reconnaissance à longue distance, munie d’une coque métallique et motorisée par deux Hispano-Suiza 12Lbr de 608 ch (447 kW) chacun ; 1 prototype construit en 1932.
    Contrairement aux versions de série munie de coques en bois, cette version est munie d’une coque entièrement métallique construite chez Dyle et Bacalan à Bordeaux. Le 4 janvier, le pilote Antoine Brunel se tue lorsque son appareil percute l’eau alors qu’il tente d’éviter une péniche durant sa phase de déjaugeage. Le développement de cette version est alors définitivement stoppé.

    55-4 : Version probablement restée sous forme de projet.

    55-5 : Version probablement restée sous forme de projet.

    55-6 : Version au fuselage plus large, équipée de flotteurs en duralumin et motorisée par deux Gnome-Rhône Jupiter 9Akx de 480 ch (353 kW) chacun entraînant des hélices tripales à pas variable ; un prototype construit en 1932.

    55-7 : Version probablement restée sous forme de projet.

    55-8 : Version probablement restée sous forme de projet.

    55-9 : Version probablement restée sous forme de projet.

    55-10 : Version à grande autonomie munie de réservoirs de carburant plus volumineux et armée de deux fois deux mitrailleuses Lewis de 7,7mm jumelées. Motorisée par deux moteurs en étoile Gnome-Rhône 9 Kbr de 500ch chacun, 28 exemplaires construits en 1934.

    55-10 Col : Version semblable au 55-10 équipée pour une utilisation sous les tropiques des territoires d’Outre-Mer ; 4 exemplaires construits en 1935.

    55-11 : Version de patrouille à longue distance équipée de réservoirs plus grands, motorisée par deux Gnome-Rhône 9 Kdr de 500ch ; un prototype construit en 1934.

    55-12 : Projet d’une version quadrimoteur propulsée par quatre moteurs Lorraine de 300 ch.

    55-13 : Projet d’une version quadrimoteur motorisée par quatre moteurs Gnôme & Rhône suralimentés de 420 ch.

    55-14 : Version munie d’une coque entièrement métallique et motorisée par deux moteurs en étoile Gnome-Rhône 9 Kdrs de 500ch ; un prototype construit en 1934.


    Utilisateurs militaires :
    France : 106 exemplaires des différentes versions au sein de la Marine Nationale et l’Armée de l’Air 4 exemplaires (n°107 à 110).


    Caractéristiques et performances CAMS 55-10 :
    Equipage : 5
    Longueur : 15,03 m
    Envergure : 20,4 m
    Hauteur : 5,41 m
    Surface alaire : 113,45 m2
    Masse à vide : 4'590 kg
    Masse maximale au décollage : 6'900 kg
    Points d’emport : 2 sous le plan inférieur
    Moteurs : deux moteurs Gnome et Rhône 9Kbr d’une puissance unitaire de 500 ch (370 kW)
    Vitesse max basse altitude : 195 km/h
    Vitesse de croisière : 150 km/h
    Vitesse ascensionnelle : 2,2 m/s
    Plafond opérationnel : 3'400 m
    Endurance : 10 h
    Distance franchissable : 1’280 km
    Armement : 2 mitrailleuses jumelées Lewis de 7,7mm approvisionnée de 1'000 cartouches à l’avant, 2 mitrailleuses jumelées Lewis de 7,7mm approvisionnée de 800 cartouches en poste arrière, jusqu’à 2 bombes G-2 de 75 kg sous l’aile inférieure.



    Liens internet :
    https://www.hydroretro.net/etudegh/cams.pdf

    https://en.wikipedia.org/wiki/CAMS_55

    https://de.wikipedia.org/wiki/CAMS_55

    https://www.aviafrance.com/c-a-m-s-55-2-aviation-france-7945.htm

    https://www.aviafrance.com/c-a-m-s-55-10-aviation-france-3927.htm

    https://www.flottille9f.net/cd/hyd-cams55.htm

    http://www.airwar.ru/enc/other1/cams55.html
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein"Quand on change son fusil d'épaule, il y a intérêt à ne pas partir de la droite, sinon on passe l'arme à gauche."  Ph. Geluck
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  • Le CAMS 55 sur le site.
    " J’ignore la nature des armes que l’on utilisera pour la troisième guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres."  A. Einstein"Quand on change son fusil d'épaule, il y a intérêt à ne pas partir de la droite, sinon on passe l'arme à gauche."  Ph. Geluck
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